Le conseil d’administration de Boeing pourra faire l’objet de poursuites lancées par des actionnaires du groupe pour les crashs de deux 737 Max qui ont fait 346 morts, a décidé la justice de l’Etat américain du Delaware.

Le juge américain Morgan Zurn a ainsi considéré que les actionnaires s’estimant lésés étaient légitimes à réclamer des comptes au conseil d’administration et que le premier des deux accidents d’avions aurait dû suffire à alerter la direction de Boeing. Selon le magistrat, “la direction aurait dû tenir compte mais a choisi d’ignorer” une “alerte” concernant les systèmes de sécurité de l’appareil après le premier accident; en conséquence, “les actionnaires peuvent poursuivre la supervision du groupe menée par la direction“.

Dans son rendu, la justice de l’Etat du Delaware a rappellé que les vraies victimes des accidents restent les personnes ayant perdu la vie et leurs proches, cependant “la législation sur les entreprises reconnaît un autre type de victimes : Boeing en tant qu’entreprise et ses actionnaires“.

L’ensemble des flottes de 737 MAX avait été cloué au sol durant près de 20 mois à partir de mars 2019, à la suite du crash de deux appareils, l’un appartenant à la compagnie indonésienne Lion Air en 2018, l’autre à Ethiopian Airlines en 2019, causant des pertes de plusieurs milliards de dollars (amendes et indemnités) à l’avionneur américain… et ses actionnaires.

Crashs du 737 Max : les actionnaires pourront porter plainte contre Boeing 1 Air Journal

©Boeing