Les compagnies aériennes américaines ont vu leurs bénéfices reculer au troisième trimestre 2025, selon les dernières données publiées par le U.S. Department of Transportation (DOT). D’après le Bureau of Transportation Statistics (BTS), les 23 transporteurs de passagers américains ont enregistré un bénéfice net après impôt de 1,6 milliard de dollars, contre 2,1 milliards à la même période de 2024, soit une baisse d’environ 24% sur un an.

Le résultat opérationnel avant impôt s’élève à 2,7 milliards de dollars, bien en deçà des 5 milliards du trimestre précédent. « Cette diminution s’explique à la fois par des coûts de main-d’œuvre en hausse et une demande domestique qui marque le pas », indique le rapport du BTS publié le 18 décembre 2025.

Les coûts de personnel pèsent sur les marges

Alors que les revenus totaux du secteur atteignent 64,6 milliards de dollars, les dépenses d’exploitation ont grimpé à 61,9 milliards, soit un ratio de charges supérieur à 95% du chiffre d’affaires. La part des coûts de main-d’œuvre a continué à croître, atteignant 37,7% des dépenses totales, contre 36,4% un an plus tôt. À l’inverse, les dépenses en carburant se sont légèrement allégées, représentant 17% des coûts contre 18,5% au troisième trimestre 2024, reflétant un marché pétrolier plus stable.

Pour plusieurs transporteurs, les renégociations salariales post-pandémie, notamment chez Delta Air Lines et American Airlines, continuent d’alourdir la facture. Ces accords avaient été signés dans un contexte de pénurie de personnel qualifié et de tensions sur le recrutement des pilotes.

Le marché intérieur marque une pause, l’international reste solide

Les opérations domestiques restent la principale source de revenus, avec 47,5 milliards de dollars, mais la rentabilité y demeure faible : le bénéfice net domestique atteint 748 millions, soit une marge de 1,6%. À l’international, les 18 compagnies américaines opérant hors du territoire ont enregistré un bénéfice net de 858 millions de dollars, pour une marge nette de 5%, mais en recul marqué par rapport aux 7,5% du troisième trimestre 2024. « La reprise du trafic international, notamment vers l’Asie et l’Europe, reste robuste, mais la pression sur les prix se renforce », soulignent les analystes de Cirium et FlightGlobal. L’offre accrue sur les liaisons transatlantiques, portée par United, Delta et les compagnies européennes partenaires, comprime les yields, dans un contexte de demande en ralentissement.

Les marges s’effritent malgré un chiffre d’affaires record

Sur l’ensemble du secteur, la marge nette moyenne atteint 2,5%, contre 3,3% un an plus tôt. La marge opérationnelle s’affaiblit elle aussi, à 4,2% contre 4,9%. Si le chiffre d’affaires global dépasse les 64 milliards de dollars, un niveau record pour un troisième trimestre, la rentabilité reste sous pression, proche de ses plus bas depuis 2021 hors période Covid. Les revenus annexes, tels que les frais de bagages (2,0 milliards de dollars) et les frais de modification de réservation (275 millions), progressent légèrement, mais ne suffisent pas à compenser la décélération du trafic premium et une concurrence tarifaire accrue sur les grandes liaisons domestiques.

Les perspectives pour la fin d’année s’annoncent prudentes : le coût des salaires demeurera élevé et la demande de voyages d’affaires ne retrouve pas encore ses niveaux pré-pandémiques. « Le marché reste résilient, mais la période d’euphorie post-pandémie est terminée », analyse le consultant américain Henry Harteveldt d’Atmosphere Research Group, cité par CNBC.

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