Alors que les tempêtes hivernales paralysaient les États-Unis durant les fêtes de Noël, un commandant d’United Airlines a refusé de faire décoller son Boeing 737 au départ de Chicago O’Hare, estimant son équipage trop fatigué pour poursuivre le service. Sa décision, saluée par des passagers, illustre les tensions croissantes autour de la gestion de la fatigue dans les cockpits et les cabines.
Un court vol de 40 minutes
Ce devait être un court vol de 40 minutes en direction de l’Iowa. Le vendredi soir du 27 décembre, dans un aéroport de Chicago saturé par les retards et les annulations dus à une violente tempête hivernale, la voyageuse Becky Schmooke et sa famille embarquent enfin à bord d’un Boeing 737 d’United Airlines, peu avant minuit.
Mais alors que la porte de l’appareil se prépare à se refermer, un contretemps majeur survient : les hôtesses et stewards atteignent la limite légale de leur temps de service, dite duty time, fixée par la Federal Aviation Administration (FAA). Autrement dit, ils n’ont plus le droit de travailler pour des raisons de sécurité.
« Les limites de service sont strictes. Quand le temps est écoulé, il est écoulé », explique Becky Schmooke dans un témoignage publié sur Facebook, largement partagé depuis. Selon elle, le personnel au sol aurait tenté de convaincre l’équipage de rester à bord le temps de trouver une relève, afin d’éviter un nouveau retard. Le commandant, observant la fatigue manifeste de ses agents de bord, aurait alors pris la parole d’une voix ferme : « Mon équipage a fini. Les passagers devront débarquer et attendre un nouveau personnel. » Malgré une certaine résistance du personnel au sol, il a maintenu sa position, considérant que la sécurité passait avant la ponctualité.
Une décision rare mais exemplaire
Ce geste, rare dans un contexte de pressions opérationnelles fortes, a été salué par de nombreux voyageurs et professionnels. Le site spécialisé Paddle Your Own Kanoo cite plusieurs témoignages louant « un exemple de vrai leadership aéronautique ».
Pour les passagers, cela signifiait un débarquement en pleine nuit et plusieurs heures de retard supplémentaires. Mais cette décision a très probablement évité un risque d’erreur humaine lié à la fatigue — un facteur identifié par la FAA comme l’un des plus critiques dans la sécurité aérienne. La réglementation américaine autorise un temps de service allant jusqu’à 14 heures pour les équipages de cabine sur les vols domestiques, selon leur composition et leur heure de prise de poste. Cependant, ces plafonds, conçus pour la planification, ne tiennent pas toujours compte des retards en chaîne, fréquents lors de périodes de trafic intense ou d’intempéries. Ces dernières années, plusieurs syndicats de personnels navigants dénoncent une pression accrue des compagnies pour « tenir le programme coûte que coûte ».

AvisAuxExperts a commenté :
1 janvier 2026 - 12 h 31 min
Quelqu’un peut-il expliquer pourquoi l’équipage, en restant à bord, éviterait un nouveau retard ?
“Le personnel au sol aurait tenté de convaincre l’équipage de rester à bord le temps de trouver une relève, afin d’éviter un nouveau retard.”
Parce que a commenté :
1 janvier 2026 - 13 h 38 min
Si l’équipage quitte l’avion, les passagers doivent aussi être tous débarqués et rembarqués après l’arrivée d’un nouvel équipage. Une nouvelle fouille sûreté doit être faite aussi. Perte de temps.