2025 a offert son lot de scènes improbables dans les airs, entre bébés pressés de naître en plein vol, pilotes ivres, téléphones égarés et souris clandestines, révélant un transport aérien à la fois résilient et terriblement sensible aux caprices de l’humain, de la technologie et de la nature. Le site Flightright, qui a recensé ces faits insolites, y voit une « année miroir » qui raconte autant l’état du ciel que celui du monde au sol.

Naissances, ivrognes et contrôleur endormi
L’humain s’impose comme le premier facteur de désordre aérien en 2025, bien devant la météo ou les problèmes techniques. Habituellement limité à un ou deux cas par an, le nombre d’accouchements en vol a grimpé à quatre, sur des liaisons Dakar–Paris–Bruxelles, Bruxelles–Castellón ou Muscat–Mumbai, obligeant les équipages à « s’improviser sages-femmes » et à dérouter les avions pour des atterrissages d’urgence.

Les passagers en état d’ébriété sont devenus « le cauchemar opérationnel n°1 », capables de transformer un avion en « bar pressurisé à 900 km/h ». Un voyageur entre Amsterdam et New York a ainsi uriné sur son siège et dans l’allée, tandis que des groupes turbulents sur Londres–Alicante et Londres–Ibiza ont provoqué déroutements et interventions policières à l’arrivée. Même le cockpit a été touché, avec une pilote de British Airways débarquée à Édimbourg en raison de son ivresse, incident à l’origine de 1 h 30 de retard alors qu’elle voyageait pour prendre les commandes d’un autre vol.

L’humain ne dort pas toujours au bon moment : à Ajaccio, un contrôleur aérien corse, seul en poste, s’est assoupi, rendant la tour injoignable et laissant un avion tourner en attente pendant 45 minutes au-dessus de l’île de Beauté faute d’autorisation d’approche. Cette simple défaillance a cloué dans le ciel soixante-dix tonnes de métal, illustrant la dépendance de l’aviation à chaque maillon humain de la chaîne.

Téléphone perdu et bombe ancienne
La technologie apparaît comme l’autre grande « drama queen » du ciel européen, oscillant entre hyper-sophistication et fragilité extrême. Deux vols long-courriers d’Air France ont dû faire demi-tour après qu’un passager a laissé glisser son téléphone dans les grilles d’aération du siège, une batterie au lithium coincée dans une zone inaccessible devenant un risque de foyer thermique et justifiant un retour immédiat à Paris.

Parfois, c’est le passé qui rattrape l’aviation : à Nantes, la découverte d’une bombe allemande de la Seconde Guerre mondiale sous la piste a entraîné l’arrêt complet du trafic, immobilisant au sol des avions ultramodernes de 300 millions d’euros l’unité à cause d’un explosif conçu bien avant l’invention du moteur à réaction. « Le passé qui immobilise le futur, littéralement », résume Flightright pour illustrer ce paradoxe.

Orages, oiseaux kamikazes et mégafeux
La nature a également imposé ses règles en 2025, entre foudre, oiseaux, incendies et même rongeurs clandestins. À Brest, un épisode orageux d’une rare violence a frappé la tour de contrôle, provoquant surtension, écrans noirs, radios muettes et gel complet du trafic dans ce que les professionnels décrivent comme un « lightning strike with operational impact ».

Plus au sud, un vol Iberia Madrid–Paris a dû se reposer après une collision aviaire, le choc ayant endommagé le nez de l’appareil et provoqué de la fumée en cabine. Flightright rappelle qu’« à 260 nœuds, un pigeon devient une brique mouillée propulsée par un canon », image choc pour souligner la violence de ces impacts.

La faune s’est aussi invitée à bord : sur un vol Air Corsica Bastia–Nice, un rongeur sans billet, repéré par une hôtesse, a déclenché un retour immédiat et une immobilisation prolongée pour inspection complète de l’avion. Sur le sol, les incendies autour de Narbonne puis de Marseille-Provence ont entraîné déroutements, interruptions d’atterrissages, fumées épaisses et visibilité dégradée, au point que « la météo extrême et les mégafeux sont désormais un paramètre opérationnel à part entière, au même titre que la neige ».

Une « année miroir » pour l’aviation et les passagers
Pour Flightright, spécialiste de l’indemnisation des passagers, 2025 « n’est pas seulement une année insolite », mais « une année miroir » qui « dit quelque chose » de l’aviation contemporaine. « L’aérien n’est pas fragile, il est sensible, intensément sensible à tout ce qui compose le monde », souligne le site, mettant en lumière l’interaction permanente entre comportements humains, outils technologiques et aléas climatiques. Derrière chaque incident se cache aussi un voyageur, pris dans des retards, déroutements ou annulations qui bousculent son déplacement.

Naissance, contrôleur endormi, rongeur clandestin… : ces incidents insolites qui ont secoué le transport aérien en 2025 1 Air Journal

@Flightright