Avolon, l’un des principaux loueurs d’avions au monde basé à Dublin et filiale du groupe chinois Bohai Leasing, a publié son rapport annuel « Up Next » dressant les perspectives de l’industrie aéronautique pour 2026.

Fondé en 2010, Avolon gère une flotte de plus de 1 000 appareils loués à des compagnies aériennes internationales, et joue un rôle clé dans le financement de l’aviation, couvrant environ la moitié des besoins mondiaux en capitaux pour les nouvelles acquisitions. Dans ce document, le bailleur d’avions prévoit une année de croissance solide, portée par une demande robuste et des prix du carburant bas, tout en soulignant les contraintes d’approvisionnement qui pourraient freiner le secteur.

Une croissance mondiale tirée par l’Asie et le Moyen-Orient
Selon le rapport, l’industrie aérienne devrait voir ses profits globaux atteindre 41 milliards de dollars en 2026, marquant ainsi la quatrième année consécutive de rentabilité et récupérant plus de 80 % des 182 milliards de dollars perdus pendant la pandémie. Cette performance s’explique par une croissance économique favorable – 90 des 100 plus grandes économies mondiales devraient progresser de plus de 1 % cette année – et une baisse des coûts du carburant, qui a déjà permis aux compagnies aérienens d’économiser 8 milliards de dollars en 2025. Jim Morrison, directeur des risques chez Avolon, souligne : « L’industrie aérienne continue de soutenir la connectivité mondiale et la croissance économique, grâce à une demande forte et des coûts de carburant plus bas. »

Les moteurs de cette expansion se trouvent notamment en Inde, aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite, qui devraient mener le prochain cycle de croissance avec un carnet de commandes combiné de plus de 3 000 appareils – soit plus du double de leur flotte actuelle en service – et 900 livraisons prévues au cours des trois prochaines années. En Europe, les low-cost domineront, tandis qu’aux États-Unis, les transporteurs traditionnels se transforment en « marques lifestyle » rentables grâce à leurs programmes de fidélité et cartes de crédit. En Asie-Pacifique, la croissance sera toutefois limitée par des contraintes de flotte.

Des livraisons en hausse, mais un sous-approvisionnement persistant
Avolon estime que les livraisons de nouveaux appareils atteindront 120 milliards de dollars en 2026, en hausse de 20 % par rapport à 2025, avec les bailleurs comme Avolon couvrant la moitié des financements nécessaires. Cependant, les carnets de commandes chez Airbus et Boeing s’étendent sur plus de 11 ans, entraînant un sous-approvisionnement structurel qui maintiendra des taux de location élevés et des valeurs résiduelles solides. Le rapport prévoit une pénurie de monocouloirs jusqu’à la fin de la décennie et au-delà, tandis que pour les gros-porteurs, cette pénurie pourrait perdurer jusqu’en 2030, avec des livraisons encore à la moitié des niveaux pré-pandémie. Au total, environ 4 000 appareils de moins que prévu seront livrés cette décennie en raison des tensions persitantes liées au Covid et aux chaînes d’approvisionnement.

Parmi les tendances positives, l’A330neo devrait voir ses taux de location augmenter de plus de 15 %, en tant que seul nouveau long-courrier disponible avant 2032, et plus de 150 appareils équipés de moteurs Pratt & Whitney GTF devraient retourner en service après des immobilisations prolongées jusqu’en 2028. La Chine, quant à elle, aura besoin de 1 000 nouveaux avions à court terme pour soutenir sa reprise.

Des défis et une préparation pour l’avenir
Malgré ces perspectives optimistes, Avolon met en garde contre des défis comme les coûts croissants de la main-d’œuvre et de la maintenance, les problèmes géopolitiques et la concurrence pour les capitaux due à l’essor de l’IA. Jim Morrison note : « La capacité des compagnies aériennes à capturer les vents favorables du secteur sera impactée par une pénurie de livraisons de nouveaux appareils et les longs carnets de commandes chez Airbus et Boeing. Les loueurs bien capitalisés, avec des commandes d’appareils de nouvelle technologie, sont fortement positionnés pour surperformer sur le marché actuel. »

Le rapport évoque également des préparatifs pour un nouveau programme d’avion commercial en 2027 – potentiellement chez Airbus, Boeing, Embraer ou COMAC – pour répondre à la demande croissante de modèles plus efficaces. Andy Cronin, PDG d’Avolon, affirme : « Si une période de croissance économique plus faible survenait, pour quelque raison que ce soit, nous pensons que l’industrie est bien positionnée pour y résister. » Ces prévisions soulignent une industrie en pleine reprise, mais toujours vulnérable aux aléas de la supply chain.

Pénurie d’avions, profits records : le paradoxe de l’aviation civile en 2026, selon Avolon 1 Air Journal

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