La low cost américaine Avelo Airlines a annoncé la fin de sa participation aux vols d’expulsions de migrants pour le compte de l’administration Trump, sur fond de pressions politiques, de campagnes de boycott et de profonde réorganisation de son modèle économique. Tout en coupant les liens visibles avec ces opérations, elle transfère toutefois les avions concernés vers Daedalus Aviation, un prestataire directement lié aux vols d’expulsions, afin de protéger sa réputation.
Depuis le printemps 2025, Avelo s’était imposée comme l’une des rares compagnies aériennes commerciales à assurer régulièrement des vols d’expulsions affrétés par les services américains de l’immigration, depuis sa base de Mesa, en Arizona. Cette activité lui avait valu de vives critiques d’associations de défense des droits des migrants, d’élus locaux démocrates et de collectifs citoyens appelant au boycott de la low cost.
Sous la pression de ces mobilisations, de manifestations dans plusieurs aéroports et d’appels publics au boycott, Avelo Airlines a confirmé qu’elle mettrait fin, ce 27 janvier 2026, à tous les vols opérés pour le compte du Department of Homeland Security (DHS, ministère de l’Intérieur des Etats-Unis) et de l’agence fédérale en charge des expulsions Immigration and Customs Enforcement (ICE). « Le programme a apporté des bénéfices à court terme, mais n’a pas généré de revenus suffisamment réguliers et prévisibles pour compenser sa complexité opérationnelle et ses coûts », a justifié un porte‑parole de la low cost, en minimisant toutefois l’impact direct du boycott sur ses résultats commerciaux.
Une réorganisation stratégique de la flotte et du réseau
Cette décision intervient alors qu’Avelo Airlines a engagé une réorganisation en profondeur, combinant réduction de flotte, fermeture de bases et recentrage sur ses marchés jugés les plus porteurs. La low cost va retirer six Boeing 737‑700 de sa flotte, qu’elle présente comme une mesure de simplification de son modèle et d’optimisation de ses coûts, afin de concentrer ses opérations sur ses 737‑800 plus capacitaires et sur de futures lignes opérées en Embraer E195‑E2.
Parallèlement, Avelo Airlines ferme trois bases opérationnelles, dont celle de Mesa, qui servait principalement de hub pour les vols d’expulsions et non pour les liaisons commerciales régulières. La low cost, recapitalisée fin 2025 et revendiquant désormais « l’une des positions de trésorerie les plus solides du secteur au regard de sa taille », mise sur une croissance plus disciplinée, avec l’ouverture d’une nouvelle base au Texas et le développement de routes loisirs au départ de petits aéroports régionaux. Elle assure que ses performances commerciales restent solides, avec un nombre record de 2,6 millions de passagers transportés en 2025, et insiste sur le fait que la réorganisation de son réseau et la fin des vols d’expulsions s’inscrivent dans une stratégie de long terme.
Des avions transférés à Daedalus Aviation, au cœur du dispositif fédéral
Si les vols d’expulsions ne porteront plus le nom d’Avelo Airlines, les avions utilisés pour ces opérations ne disparaissent pas pour autant du dispositif fédéral. Les six 737‑700 retirés de la flotte de la low cost apparaissent désormais dans les registres de la Federal Aviation Administration (FAA) au nom de Daedalus Aviation, une société basée en Virginie qui a conclu avec le Department of Homeland Security un contrat d’environ 140 millions de dollars pour fournir des appareils dédiés aux opérations d’ICE.
Même si Avelo Airlines se retire, plusieurs acteurs privés restent engagés dans les expulsions massives organisées par l’administration Trump. Le DHS rappelle qu’ICE ne contractait pas directement avec Avelo Airlines, mais via des prestataires comme CSI Aviation, qui sous‑traitent ensuite à plusieurs compagnies aériennes ou opérateurs de charters. Selon les données compilées par l’ICE Flight Monitor de l’ONG Human Rights First, la majeure partie des vols charter du DHS en 2025 a été assurée par la compagnie GlobalX, tandis que Daedalus Aviation devient désormais un pivot du dispositif avec la fourniture d’une flotte dédiée de Boeing 737. D’autres opérateurs de charter continuent d’offrir des vols privés à ICE, se retrouvant à leur tour dans le viseur des campagnes de boycott et des appels à cesser toute collaboration avec ces opérations.
Parallèlement, le DHS assume une stratégie de long terme consistant à se doter de ses propres avions pour les expulsions de migrants, réduisant ainsi sa dépendance aux compagnies aériennes commerciales qui souhaitent éviter d’être associées à ces vols. « Ces avions permettront à ICE d’opérer plus efficacement », a confirmé une porte‑parole du département, alors que l’administration Trump a intensifié les expulsions et mené plus de 1 700 vols d’expulsions depuis son retour à la Maison-Blanche.

@Dallas Fort Worth International Airport
Nico a commenté :
10 janvier 2026 - 10 h 22 min
Elle entretient sa réputation de collabo donc
Pierre a commenté :
10 janvier 2026 - 10 h 34 min
Tellement triste ces expulsions.
Derrière ce sont des personnes avec leur vie et celle de leur famille et enfants, déjà difficile, qui sont à nouveau broyées !