Une panne majeure des systèmes de communication a paralysé début janvier l’aéroport international d’Athènes et une grande partie de l’espace aérien grec pendant plusieurs heures. L’incident, lié à des équipements jugés obsolètes, a conduit à la démission du chef de l’Autorité de l’aviation civile grecque (YPA).
La panne est survenue le 4 janvier 2026 au matin, lorsque plusieurs fréquences radio utilisées pour les communications entre contrôle aérien et pilotes ont soudainement été envahies par des bruits parasites. Les contrôleurs perdu le contact avec la plupart des avions dans la zone de navigation d’Athènes, rendant impossible la gestion normale des arrivées et des départs. Les autorités ont alors décidé de fermer temporairement l’espace aérien grec aux nouveaux vols, ne gérant plus qu’un nombre limité de survols et d’atterrissages d’urgence. Au total, plus de 70 vols ont été retardés ou déroutés vers des aéroports voisins, provoquant des heures de perturbations et des milliers de passagers bloqués.
Des systèmes jugés obsolètes
Selon le rapport d’enquête, la cause principale est liée à une technologie vieillissante dans les systèmes de communication et de contrôle de l’aviation civile. Le phénomène de « bruit numérique » sur les fréquences, combiné à un manque de redondance suffisante dans le réseau de télécommunications, a provoqué l’arrêt brutal des liaisons radio. Le vice-ministre des Transports a reconnu que ces équipements auraient dû être modernisés « il y a des décennies ». « Ce sont des systèmes que nous savons dépassés », a-t-il déclaré, rappelant que le radar de la tour d’Athènes date de 1999 et fonctionne bien au-delà de sa durée de vie prévue.
Des syndicats de contrôleurs aériens affirment avoir alerté à plusieurs reprises sur l’ancienneté du matériel et l’absence de pièces de rechange. Un contrôleur évoque dans la presse grecque « un équipement technique ancien » et dit craindre un incident plus grave si les investissements ne sont pas accélérés. Des incidents plus limités auraient déjà été signalés l’été dernier, notamment une perte temporaire de couverture radar et de fréquences de secours, sans que des solutions durables ne soient mises en œuvre. Les enquêteurs pointent également des faiblesses dans l’architecture du réseau télécom reliant radars, antennes et centres de contrôle, jugé insuffisamment sécurisé et redondant.
Démission du patron de l’aviation civile
Dans ce contexte, le chef de l’Autorité de l’aviation civile grecque, Giorgos Saounatsos, a présenté sa démission quelques jours après la panne. Son adjoint doit assurer l’intérim en attendant la nomination d’un nouveau responsable, alors que les autorités promettent une modernisation accélérée des infrastructures de navigation aérienne. « Notre objectif est de remplacer ces systèmes anciens et de renforcer la sécurité avant la haute saison touristique », a indiqué le ministère grec des Transports dans un communiqué.
Pas de cyberattaque, mais une alerte sérieuse
Les enquêteurs excluent à ce stade toute cyberattaque ou sabotage extérieur : la panne est entièrement attribuée à des problèmes techniques internes et à une technologie dépassée. Le système a pu être rétabli après resynchronisation et redémarrage des équipements sur le réseau central, permettant une reprise progressive des vols dans l’après-midi du 4 janvier.
Pour de nombreux experts, cet incident constitue toutefois un signal d’alarme pour la Grèce comme pour d’autres pays européens, confrontés à des infrastructures de contrôle aérien vieillissantes. Ils appellent à des investissements rapides afin d’éviter qu’une panne similaire ne se produise à nouveau, cette fois avec des conséquences potentiellement plus graves sur la sécurité des vols.

Athènes @DR/AJ
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