Volotea, la compagnie aérienne low-cost espagnole, renforce fortement sa présence sur le territoire français. Fondée il y a treize ans, elle se spécialise dans les liaisons entre villes moyennes et les routes transversales. En 2025, elle a transporté 7,2 millions de passagers en France, en hausse de 7 %. Cela représente plus de la moitié de son trafic total.

En France, devenue son premier marché, Volotea y base 29 avions sur un total de 45 ou 46, tous des Airbus A319 et A320. Elle opère 74 lignes domestiques, ce qui en fait le leader du réseau intérieur français. Ses vols relient des villes comme Nantes à Montpellier, Brest à Strasbourg ou Lille à Toulon. Ces trajets durent souvent plus de quatre heures en train. La low cost espagnole dessert également la Corse, le Maghreb, les Canaries et les Baléares.

« Nous sommes la compagnie aérienne des petites et moyennes villes. Il y a très peu de connectivités entre les régions, c’est ça le succès de Volotea », explique Gilles Gosselin, directeur Volotea France, lors d’un point de presse. Et de souligner : « L’avion est un mode de transport populaire en France, c’est parfois moins cher que le train et offre des liaisons qui n’existent pas en train ».

55 millions d’euros de taxes versés à l’Etat

Sur le plan fiscal, Volotea a versé 55 millions d’euros de taxes à l’État français l’an dernier, sur un chiffre d’affaires de 830 millions d’euros. Malgré la hausse de la fiscalité sur les billets d’avion, qui a renchéri les prix de 4 %, la low cost reste confiante : « Non on ne réduit pas, nous avons une stratégie à long terme, nous croyons en l’avenir de la France malgré cette taxation. Nous allons continuer à investir même si nous trouvons cette taxe injuste », affirme Gilles Gosselin.

Ryanair et EasyJet ont annoncé des réductions en France, avec l’abandon de bases à Bordeaux et Toulouse. Volotea, au contraire, capitalise sur ces retraits. Elle se positionne comme le troisième transporteur étranger dans l’Hexagone, derrière EasyJet et Ryanair. Pour 2026, la compagnie vise plus de 8 millions de passagers en France, soit plus du double des chiffres de 2019. Elle prévoit aussi d’atteindre 10 millions d’ici deux ou trois ans.

Nouvelle base à Montpellier, renforcements à Lille, Toulouse et ailleurs

Volotea a officialisé l’ouverture en 2026 de sa 11e base française à l’aéroport Montpellier-Méditerranée, la 20e en Europe. Dès l’automne 2026, un Airbus A320 y sera stationné. Quatre nouvelles lignes verront le jour : Bordeaux, Madrid, Las Palmas et Lanzarote. « Montpellier et son bassin de vie présentent un gros potentiel », commente Gilles Gosselin. La compagnie aérienne prévoit 400 000 sièges en 2026 à Montpellier (+9 % par rapport à 2025), avec un taux de remplissage de 93 % en 2025. Cette base créera 30 emplois directs et plus de 170 emplois indirects. Un second avion pourrait arriver en 2027 ou 2028 si le succès se confirme.

À Lille, Volotea ajoute trois nouvelles routes pour 2026 : Valence, Grande Canarie et Bourgas. Cela porte à 41 destinations au départ de la ville, vers huit pays. À Toulouse, trois nouvelles lignes et un deuxième avion sont prévus. 

Un avenir prometteur malgré les défis

Le trafic aérien intérieur français a baissé de 25 % depuis la crise Covid, face à la concurrence du train et des visioconférences. Pourtant, Volotea voit des opportunités dans les liaisons régionales : elle opère même deux délégations de service public subventionnées, depuis Paris-Orly vers Tarbes et Rodez. Une douzième base en France est déjà en projet. « Le marché français va continuer à croître. Nous devons rester agiles et nous adapter aux évolutions pour répondre à la demande de plus en plus importante des clients », conclut Gilles Gosselin.

Désormais, Volotea se positionne comme la compagnie aérienne des régions françaises. Elle améliore la connectivité, crée des emplois locaux et mise sur le long terme. Malgré les défis fiscaux, son engagement porte ses fruits. L’avenir s’annonce dynamique pour la low-cost espagnole devenue incontournable en France.

La France, cœur de cible de Volotea : un pari gagnant sur les liaisons régionales 1 Air Journal

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