En 2025, près de 32 000 objets ont été perdus ou abandonnés à Brussels Airport, un record qui reflète la reprise du trafic avec 24,4 millions de passagers et pose la question de la gestion, discrète mais essentielle, de ces « oubliés » du voyage aérien. Derrière les chiffres, un maillon souvent invisible du parcours passager : le service Lost & Found, qui tente chaque jour de réunir voyageurs pressés et effets personnels, tout en donnant une seconde vie aux objets non réclamés.

En 2025, Brussels Airport a accueilli 24,4 millions de passagers, soit une hausse de 3,3 % par rapport à 2024, dans un contexte pourtant marqué par sept journées d’actions syndicales ayant entraîné environ 2 400 vols annulés et quelque 275 000 voyageurs en moins. Dans ce flux quotidien – en moyenne 67 000 passagers – l’aéroport a recensé 31 861 objets perdus ou abandonnés via son service Lost & Found, soit près de 32 000 effets personnels en un an.

Ces chiffres s’inscrivent dans une reprise solide du trafic, portée notamment par le loisir et les voyages pour rendre visite à des proches, alors que la plateforme bruxelloise a étoffé son réseau avec six nouvelles destinations passagers et trois nouvelles compagnies aériennes en 2025. Plus d’avions, plus de passagers, plus de rotations : mécaniquement, la probabilité d’oubli d’un manteau, d’un passeport ou d’un ordinateur augmente dans les couloirs et aux contrôles.

Un service Lost & Found au cœur du parcours passager

Les bagages enregistrés restent du ressort des compagnies aériennes, mais tout ce qui est perdu dans le terminal – sacs à main, petits bagages cabine, appareils électroniques, vêtements, papiers – bascule dans l’univers du Lost & Found géré par l’aéroport. Chaque objet retrouvé est enregistré, photographié et décrit, avant que l’équipe ne tente d’identifier son propriétaire, souvent grâce à une étiquette, un document ou une inscription, afin d’organiser la restitution.

« Près d’un quart des objets, 23 %, retrouvent leur propriétaire », souligne l’aéroport, avec un taux de retour particulièrement élevé pour les ordinateurs portables, documents d’identité et bagages non enregistrés, qui contiennent le plus souvent une preuve d’identité. Le délai moyen entre la perte et la récupération est de trois jours, mais il peut se réduire à quelques heures lorsque le voyageur signale rapidement son oubli et que l’identification est aisée via le site de l’aéroport.

Le contrôle de sûreté, point chaud des oublis

Si des objets sont récupérés dans toutes les zones – portes d’embarquement, sanitaires, zones commerciales ou salles d’attente –, environ deux tiers des pertes surviennent au contrôle de sécurité, au moment où les passagers vident poches et sacs dans les bacs pour le passage au scanner. C’est là que finissent le plus souvent montres, ceintures, bijoux, papiers d’identité ou petits appareils électroniques, laissés dans la précipitation avant de rejoindre la porte d’embarquement.

Consciente de ce point de friction, Brussels Airport a renforcé ses actions de sensibilisation sur place, en invitant les voyageurs à vérifier systématiquement leurs bacs avant de quitter la zone de contrôle, via signalétique et rappels visuels pour tenter de réduire ce volume d’objets oubliés. La typologie des objets perdus confirme cette vulnérabilité : les vêtements, documents d’identité et bijoux arrivent en tête des catégories les plus fréquentes, devant les appareils électroniques et autres effets du quotidien.

Du dentier aux tablettes : inventaire d’un quotidien oublié

L’inventaire des objets oubliés illustre la banalité, mais aussi l’ampleur de la logistique nécessaire en coulisses. On y trouve des vêtements de tous types, des sacs, des portefeuilles, des instruments de musique, des ordinateurs portables, des tablettes, des téléphones mobiles, mais aussi des objets plus inattendus, comme un dentier, que l’aéroport cite comme exemple d’oubli improbable. Le site de Brussels Airport encourage les passagers à déclarer en ligne tout objet perdu, en décrivant précisément la nature de l’article, le lieu et le moment estimé de la perte. Les objets récupérés sont conservés jusqu’à six mois, tandis que les documents officiels – cartes d’identité, passeports – sont remis à la police fédérale au bout d’un mois, ce qui rend ensuite impossible toute récupération via le Lost & Found.

Une seconde vie pour les objets non réclamés

La politique de l’aéroport est d’inscrire la gestion des objets perdus dans une démarche de durabilité, avec un accent mis sur la réutilisation et le soutien à des associations. Les vêtements non récupérés au bout de six mois sont ainsi confiés au Centrum Algemeen Welzijnswerk (CAW), qui les redistribue à des personnes sans abri ou en situation de précarité en Belgique.

Les appareils électroniques – téléphones, tablettes, ordinateurs – rejoignent l’ONG Close The Gap, spécialisée dans la remise à niveau et la redistribution de matériel informatique vers des projets sociaux, médicaux ou éducatifs : en 2025, Brussels Airport lui a remis 265 téléphones, 243 tablettes et 156 ordinateurs portables. Cette approche permet de valoriser des équipements parfois récents, tout en allégeant la charge de stockage et en évitant la mise au rebut prématurée.

Quand les liquides de sûreté deviennent aide sociale

Les règles de sûreté interdisent toujours, sur la plupart des lignes, les liquides de plus de 100 ml dans les bagages cabine, ce qui conduit nombre de passagers à abandonner bouteilles, produits d’hygiène ou denrées à l’entrée du contrôle. Les produits alimentaires ouverts sont recyclés pour des raisons d’hygiène, mais les contenants volumineux non ouverts et les liquides non autorisés – shampooings, déodorants, bouteilles – sont triés et remis aux centres publics d’action sociale (CPAS/OCMW) locaux.

En 2025, ce dispositif a permis de redistribuer 16 440 kg de produits, transformant une contrainte réglementaire en ressource pour l’aide sociale. D’autres objets non réclamés, comme des ceintures ou des lunettes, sont pris en charge et vendus via une maison de vente aux enchères, tandis que certains équipements (chaises roulantes, batteries externes, chargeurs, béquilles, lampes de poche) ont été remis à une association de Steenokkerzeel venant en aide à l’Ukraine.

Un service discret mais stratégique dans l’écosystème aéroportuaire

Avec près de 32 000 objets enregistrés pour 24,4 millions de passagers, le Lost & Found de Brussels Airport illustre la complexité opérationnelle d’un hub européen où chaque maillon contribue à l’expérience globale du voyageur. À l’heure où les aéroports mettent en avant fluidité, digitalisation et amélioration du parcours passager, la capacité à retrouver un passeport oublié au contrôle ou un ordinateur laissé dans un bac devient un élément de satisfaction et de confiance dans la plateforme.

Pour Brussels Airport, ce service s’inscrit dans une stratégie plus large de qualité de service et de durabilité, aux côtés d’investissements comme le projet « Hub 3.0 » destiné à améliorer l’expérience en terminal, ou des efforts sur la maîtrise du trafic nocturne et le développement du fret, en hausse de 8,5 % en 2025. Dans l’ombre des pistes, ce travail patient de tri, d’identification et de redistribution reste pourtant rarement visible, sauf pour les voyageurs qui, in extremis, récupèrent un document ou un appareil sans lequel le voyage aurait pu tourner court.

À Brussels Airport, 31 861 objets égarés en 2025, 23 % seulement rendus à leurs propriétaires 1 Air Journal

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