Volotea va assurer, à partir de la mi‑février, la réouverture de la ligne aérienne Limoges–Paris‑Orly dans le cadre d’une délégation de service public, mettant fin à près de deux ans sans liaison régulière avec la capitale pour l’aéroport de Limoges‑Bellegarde.
À compter du 19 février, Volotea mettra en place deux rotations par jour en semaine entre Limoges‑Bellegarde et Paris‑Orly, complétés par une rotation le dimanche soir (voire aussi une le samedi). La liaison sera opérée en Airbus A319 de 150 à 156 sièges, basé sur le tarmac limougeaud dans le cadre de l’ouverture d’une nouvelle base de la compagnie aérienne espagnole, la douzième en France.
Les fréquences et les horaires doivent permettre en particulier des allers‑retours en une journée vers la capitale pour les déplacements professionnels, administratifs ou médicaux. Le tarif moyen annoncé tourne autour de 100 euros l’aller‑retour pour soutenir la relance de la ligne et attirer une clientèle loisirs comme affaires.
Une liaison sous obligation et délégation de service public
L’État a imposé à l’été 2025 une obligation de service public (OSP) sur la liaison Limoges–Paris‑Orly, ouvrant la voie à la mise en concurrence d’une délégation de service public pour la desserte. La procédure, déléguée au Syndicat mixte de l’aéroport de Limoges‑Bellegarde (SMALB) par décision du 30 juillet 2025, prévoyait une délégation courant du 1er janvier 2026 au plus tôt jusqu’au 27 mars 2027.
À l’issue de l’appel d’offres, c’est Volotea qui a été retenue pour exploiter la ligne dans ce cadre, avec un contrat de DSP lui garantissant une compensation publique en cas d’insuffisance de recettes, en échange d’obligations de fréquence, de capacité et de plafonds tarifaires. Cette nouvelle desserte s’inscrit dans la stratégie de la low‑cost espagnole, très présente sur les liaisons régionales françaises peu ou pas concurrentielles (elle opère déjà 74 lignes intérieures en France, dont une majorité sans concurrence directe).
Un financement largement porté par les collectivités
Le montage financier de cette délégation de service public s’appuie sur un cofinancement État–collectivités, avec un effort particulièrement important de l’échelon local. Selon les éléments communiqués publiquement, l’État apportera une subvention de 750 000 euros, en retrait par rapport aux 2,1 millions d’euros initialement envisagés.
Le reste est assuré par les collectivités et les organismes locaux : Limoges Métropole supportera la plus grande part, à hauteur de 1,9 million d’euros ; la Région Nouvelle‑Aquitaine contribuera à hauteur de 1,3 million d’euros ; le Conseil départemental de la Haute‑Vienne apportera 650 000 euros ; la Chambre de commerce et d’industrie 100 000 euros ; et le Syndicat mixte de l’aéroport de Limoges‑Bellegarde environ 950 000 euros. Au total, l’enveloppe mobilisée autour de cette DSP avoisine ainsi 3,9 millions d’euros, une somme justifiée par les élus comme un investissement dans l’accessibilité et l’attractivité économique du territoire.
Un enjeu d’accessibilité dans l’attente du rail
Pour les acteurs locaux, la réouverture de la ligne Limoges–Paris-Orly vise d’abord à compenser la forte dégradation de la desserte ferroviaire sur la ligne POLT, en travaux prolongés et confrontée à des retards et suppressions récurrents. Dans l’attente de nouvelles rames et d’une amélioration durable du service, la liaison aérienne est présentée comme un « pont » provisoire, permettant de maintenir un accès rapide à Paris pour les habitants et les entreprises de la Haute‑Vienne.
La 12e base française ouverte par Volotea à Limoges doit par ailleurs contribuer à l’emploi et à l’activité économique locale, avec la création de postes à l’aéroport et d’effets induits pour les services et le tourisme. Si la performance commerciale de la ligne reste à confirmer, cette DSP illustre la volonté conjointe de l’État et des collectivités de ne pas laisser Limoges se retrouver durablement en situation de décrochage en matière de connectivité nationale.

©Volotea
Pierre a commenté :
31 janvier 2026 - 9 h 29 min
Au delà du choix de Volotea qui tisse intelligement sa toile en France,
C’est le cout total astronomique demandé aux collectivités et administrations qui stupéfie…..
surtout que Volotea va faire payer ses billets et se payer dessus aussi….
Nico a commenté :
31 janvier 2026 - 9 h 52 min
A cause du train, ils interdisent Bordeaux a Orly mais autorisent Limoges…..
pierre a commenté :
1 février 2026 - 17 h 39 min
Bordeaux Orly, ligne non rentable qui n’interesse aucune compagnie. Sans OSP la ligne Limoges Orly n’existerai pas.
NDR a commenté :
31 janvier 2026 - 14 h 58 min
Un a319 c’est bien et en plus qui se posera dans la bouche du M14 👍
il faut un volotea Clermont – orly
psoubourou a commenté :
1 février 2026 - 4 h 39 min
Tout à fait d’accord; il faudrait aussi que Volotea reprenne les lignes abandonnés par Ryanair à Clermont
pilotsVOE a commenté :
1 février 2026 - 12 h 11 min
Encore une fois, un développement d’activité qui est possible seulement par des conditions sociales très lamentables. Volotea est classé comme un social snail dans le dernier ranking de l’ECA. Vous pouvez voir notre analyse dans le forum de pprune pour connaître la vraie réalité de nos conditions de travail.
Jean4 a commenté :
2 février 2026 - 15 h 54 min
Oui, ainsi que la dette de Volotea est importante et ils ne cessent de décaler le remboursement
Caravelle a commenté :
1 février 2026 - 20 h 42 min
Encore de l’argent public pour financer une ligne non rentable économiquement !
Alors que les caisses sont vides et l’endettement au plus haut, toujours les mêmes conn…..
Rien ne change, on fonce dans le mur et en accélérant.
Lys a commenté :
3 février 2026 - 1 h 16 min
Depuis le temps que l’Etat finance ces lignes d’intérêt régional (les villes moyennes enclavées, c’est une réalité), a-t-on fait le calcul des sommes dépensées depuis des décennies, qui auraient pû être plus intelligemment utilisées pour la création d’une ligne TGV (ou assimilée) Paris-Orléans-Limoges-Toulouse ? Depuis combien d’années les élus de tous bords sur cet axe, réclament-ils ce que d’autres régions de France ont fini par obtenir ?
Volotea, pourquoi pas, mais cette compagnie aérienne ne remplacera jamais une vraie liaison ferroviaire de centre-ville à centre-ville, avec des fréquences qui n’auront rien à voir avec les quelques vols de Volotea, sachant que ceux-ci seront suspendus à l’acceptation de la fameuse Délégation de Service Public : que se passera-t-il si dans quelques années, celle-ci n’est pas renouvelée ? Pourquoi la SNCF continue-t-elle de regarder ailleurs ?
Espère-t-elle, comme on le dit parfois sur ce forum, que ce seront, à l’image de la liaison transversale Lyon-Bordeaux, les régions qui financeront la mise à niveau de cette liaison qui relie la capitale à un chapelet de villes pour qui le train est vital ?