À partir de l’été 2026, la compagnie taïwanaise STARLUX Airlines ouvrira sa première ligne européenne entre Taipei et Prague, faisant de la capitale tchèque sa tête de pont sur le Vieux Continent. Cette arrivée s’inscrit dans une stratégie d’expansion long-courrier ambitieuse, portée par une flotte long-courrier de dernière génération et un positionnement résolument premium.
Une première européenne via Prague
STARLUX inaugurera la liaison Taipei–Prague le 1er août 2026 avec trois vols par semaine, avant de passer à quatre fréquences hebdomadaires à compter du 1er octobre. Les vols seront opérés en Airbus A350-900, configurés en quatre classes – première, classe affaires, premium économique et économique – conformément au produit long-courrier déjà proposé sur l’Amérique du Nord.
Le vol JX101 décollera de l’aéroport de Taipei-Taoyuan (TPE) à 00h10 pour une arrivée à 7h50 à l’aéroport Václav-Havel de Prague (PRG), après environ 13 h 40 de vol vers l’ouest. Dans le sens retour, le vol JX102 quittera Prague à 10h20 pour atterrir à Taipei à 5h10 le lendemain, avec un temps de vol d’environ 12 h 50. Les rotations seront assurées les mardi, jeudi et samedi dans un premier temps, puis un vol le lundi sera ajouté à partir d’octobre. Selon l’aéroport de Prague, la ligne pourrait accueillir plus de 95 000 passagers dès la première année d’exploitation.
Prague, porte d’entrée vers l’Europe centrale
Pour la jeune compagnie taïwanaise, née en 2020, choisir Prague plutôt qu’une mégapole d’Europe occidentale est un signal stratégique autant qu’un pari mesuré. EVA Air et China Airlines desservent déjà les grands hubs que sont Londres, Paris, Francfort ou Amsterdam, laissant à STARLUX la possibilité d’entrer en Europe par un marché moins saturé tout en capitalisant sur la montée en puissance de l’Europe centrale.
« Cette décision souligne l’attrait croissant de Prague en tant que marché européen, en renforçant la connectivité entre Prague, Taipei et plus largement l’Asie via le réseau en expansion de STARLUX », a commenté Jaroslav Filip, directeur du développement aérien de l’aéroport de Prague. Pour le gestionnaire de l’aéroport, l’arrivée de STARLUX doit dynamiser à la fois le tourisme et les échanges économiques avec Taïwan.
Du côté de la compagnie, le choix de la capitale tchèque s’appuie aussi sur une demande déjà identifiée. Le président de STARLUX, Chang Kuo-wei, souligne que Prague est « une destination plébiscitée de longue date par les voyageurs taïwanais ». Il ajoute que le renforcement des liens dans l’industrie des semi‑conducteurs entre Taïwan et la Tchéquie soutient la demande affaires comme loisirs pour une liaison directe entre les deux pays.
Un hub taïwanais connecté à l’Asie
Au-delà de la simple ouverture d’une ligne point-à-point, STARLUX entend utiliser Taipei comme plateforme de correspondance vers l’Asie pour les passagers au départ de Prague. Grâce à son réseau régional, la compagnie proposera des connexions vers des destinations comme Hanoï, Ho Chi Minh-Ville, Tokyo, Singapour, Osaka ou Hong Kong, entre autres grandes métropoles asiatiques
« Avec Taïwan en tant que hub pratique en Asie, notre vaste réseau asiatique offrira des correspondances fluides vers les grandes villes de la région, tandis que notre flotte entièrement composée d’Airbus de nouvelle génération délivre une expérience de voyage premium faisant appel aux cinq sens », souligne encore la direction de STARLUX. Pour les voyageurs européens, cette nouvelle offre vient s’ajouter aux réseaux déjà denses des compagnies coréennes, japonaises ou du Golfe, en ciblant une clientèle en quête de produit haut de gamme sur long-courrier.
Dans le sens Asie–Europe, Prague pourra servir de porte d’entrée non seulement vers la Tchéquie, mais aussi vers les capitales voisines d’Europe centrale et orientale, accessibles en quelques heures de train ou de vol régional. Cette dimension de « gateway » est mise en avant par STARLUX comme un atout pour structurer sa présence européenne à partir d’un premier point d’ancrage.
Une flotte long-courrier très récente
La nouvelle ligne sera assurée en Airbus A350-900 bi-réacteur, appareil de dernière génération réputé pour sa consommation réduite et son confort cabine. STARLUX exploite actuellement dix A350-900, configurés à 306 sièges avec quatre suites de première classe, 26 sièges de classe affaires, 36 de premium économique et 240 en économique, dans une cabine où l’âge moyen des appareils se situe autour de deux ans.
La compagnie a également reçu début 2026 son premier A350-1000, version allongée de l’appareil, qui complète sa montée en puissance sur le long-courrier et doit soutenir l’ouverture de nouvelles destinations. Ce premier A350-1000 est configuré à 340 sièges (quatre en première, 40 en affaires, 36 en premium et 270 en économie), confirmant la volonté de STARLUX de proposer une offre fortement premiumisée sur ses lignes intercontinentales.
Selon plusieurs sources sectorielles, 2026 s’annonce comme une année record pour la flotte de la compagnie, avec jusqu’à 14 nouveaux appareils livrés et un objectif d’environ 43 avions à la fin de l’année, essentiellement des monocouloirs A321neo, des A330-900neo et des A350-1000. Cette croissance fait de STARLUX l’un des transporteurs à la progression la plus rapide dans la région Asie-Pacifique.

MoMoDeRabat a commenté :
5 février 2026 - 10 h 20 min
Voila qui peut surprendre mais pourquoi pas! J’aurais plutôt imaginé Paris où il n’existe qu’une compagnie Eva à faire la ligne directe .
Bencello a commenté :
5 février 2026 - 11 h 54 min
Décision très originale.: desservir un aéroport qui n’est la base d’aucun membre de Oneworld (l’alliance que Starlux devrait rejoindre dans quelques temps)
Aucun doute sur l’attractivité touristique de Prague. En revanche j’ai du mal à croire que la république tchèque ait une forte demande Business.
Cependant, au regard de la croissance et de la qualité du management de Starlux, je pense qu’on peut largement leur faire confiance sur la pertinence de cette décision.
Au final, avec 11 long courriers (6 A350 et 5 A330) prévus pour 2026, l’ouverture de grandes métropoles européennes n’est peut-être qu’une question de quelques mois…