Un Boeing 737-700 d’Arik Air assurant une liaison intérieure entre Lagos et Port Harcourt a été contraint d’effectuer un atterrissage d’urgence à Benin City, dans le sud du Nigeria, après une avarie sur l’un de ses moteurs en croisière, le 11 février 2026.

L’appareil s’est posé sans incident, et les quelque 80 passagers ainsi que les membres d’équipage ont tous évacué indemnes. Les autorités nigérianes de l’aviation civile et le Bureau nigérian d’enquêtes sur la sécurité (NSIB) ont ouvert une enquête sur cet incident qualifié de « significatif » au regard des dommages constatés sur le moteur.

L’appareil en cause est un Boeing 737-7GL(WL), immatriculé 5N‑MJF, opéré par Arik Air sur le vol W3 740 entre l’aéroport Murtala-Muhammed de Lagos et Port Harcourt International Airport, à Omagwa. Selon le transporteur, l’incident est survenu alors que l’avion descendait vers Port Harcourt, lorsque l’équipage a perçu « un bruit sourd sur le moteur gauche ». Conformément aux procédures, les pilotes ont décidé de couper préventivement le moteur concerné et de se dérouter vers l’aéroport le plus proche, Benin Airport, dans l’État d’Edo. « À titre de mesure de précaution, l’équipage a procédé à une dérivation en toute sécurité vers Benin », a indiqué la compagnie, qui souligne que l’atterrissage s’est déroulé sans difficulté et que les passagers ont débarqué normalement.

Aucun blessé, mais un moteur lourdement endommagé

Le NSIB confirme qu’« aucun blessé n’a été signalé » parmi les 80 passagers et membres d’équipage à bord, tous ayant pu quitter l’appareil par les moyens habituels. D’après les premières constatations réalisées sur le tarmac de Benin, le moteur gauche présente des dommages « importants », avec notamment la séparation de parties du capot moteur. Des débris auraient frappé le fuselage et l’empennage vertical, sans toutefois affecter la contrôlabilité de l’avion, selon les premiers éléments disponibles.

La cellule a été immobilisée sur place pour des inspections techniques approfondies, l’objectif étant de déterminer l’origine exacte de l’anomalie et l’étendue des réparations nécessaires avant tout retour en service. Arik Air a indiqué avoir pris en charge les passagers à Benin et organisé des solutions de réacheminement vers Port Harcourt.

Le NSIB et la NCAA ouvrent une enquête

Dans un communiqué, la directrice des affaires publiques et de l’assistance aux familles du NSIB, Bimbo Oladeji, précise que « l’appareil a connu une anomalie moteur en vol et a été dérouté en toute sécurité vers l’aéroport de Benin ». Elle ajoute que « des indications anormales ont été détectées sur l’un des moteurs durant la phase de croisière, ce qui a conduit l’équipage, conformément aux procédures de sécurité établies, à procéder à l’arrêt préventif du moteur et à se dérouter vers l’aéroport adéquat le plus proche ».

Le NSIB a dépêché sur place une équipe d’enquêteurs chargée de sécuriser l’appareil, de documenter les dommages, d’interroger l’équipage et les témoins, et de récupérer les enregistreurs de vol (FDR et CVR). Une première note d’étape, sous forme de rapport préliminaire, doit être rendue publique dans les 30 jours, conformément aux dispositions de l’Annexe 13 de l’OACI. L’Autorité de l’aviation civile du Nigeria (NCAA) suit également le dossier, en coordination avec Arik Air et le NSIB, afin d’identifier d’éventuels facteurs contributifs opérationnels ou de maintenance.

 Un 737 de 2007 dans une flotte sous pression

L’avion en cause, un Boeing 737-700 livré neuf à Arik Air à la fin de 2007, est motorisé par deux CFM56‑7B22, le turboréacteur le plus répandu sur la famille 737 de nouvelle génération. Ce type de moteur bénéficie d’un solide historique de fiabilité, mais il n’est pas exempt d’incidents, qu’il s’agisse de défaillances internes ou de problèmes liés aux capots moteurs et à leur verrouillage, déjà au cœur de plusieurs enquêtes ailleurs dans le monde.

L’incident intervient dans un contexte délicat pour Arik Air, dont la flotte opérationnelle a été réduite ces dernières années sous l’effet de difficultés financières et de contentieux, au point que la compagnie ne disposerait plus que de quelques appareils en exploitation régulière début 2026. 

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