L’aéroport Paris‑Beauvais (Beauvais‑Tillé) vient de franchir un nouveau cap en 2025, avec 6,7 millions de passagers, ce qui le hisse au 9e rang des aéroports français. Cette croissance reste toutefois en deçà de son potentiel, la hausse de la fiscalité sur les billets d’avion pesant de plus en plus sur son principal opérateur, la low cost Ryanair.
En 2025, Paris‑Beauvais a accueilli 6,7 millions de passagers, contre environ 6,56 millions en 2024, soit une augmentation de 2% sur un an et une progression de plus de 70% en cinq ans. Avec cette hausse, Paris‑Beauvais devient le 9e aéroport français en trafic de passagers, devant Bordeaux. « Certes, on n’est pas sur des tendances à deux chiffres d’après Covid, mais avec 2 % de progression, c’est un nouveau record », se félicite Anthony Martin, président exécutif de la société gestionnaire Bellova.
Situé à une centaine de kilomètres de Paris, Paris‑Beauvais confirme son rôle de porte d’entrée low-cost pour l’Île-de-France. Son trafic reste très majoritairement porté par Ryanair, qui représente environ 80 % des passagers transportés (contre 15 % pour Wizz Air et 5 % pour les autres compagnies aériennes).
L’année dernière, l’aéroport a enregistré près de 39 600 mouvements commerciaux en 2025 (+1,2 %). Le taux de remplissage a atteint environ 87%, ce qui illustre l’efficacité du modèle low cost et la forte attractivité des tarifs proposés vers les grandes destinations européennes. Selon Bellova, la plateforme oisienne affiche « le plus fort nombre de passagers par avion en France, avec en moyenne près de 168 passagers par vol », un niveau rendu possible par l’utilisation d’appareils de 180 à 230 sièges « remplis de façon optimale par les compagnies aériennes ».
L’Italie, l’Espagne et la Roumanie en tête des destinations
Les voyageurs ont plébiscité les destinations soleil et city-breaks. L’Italie domine largement avec une quinzaine de liaisons (surtout Bergame et Milan-Malpensa). Viennent ensuite l’Espagne (11 % du trafic) et la Roumanie (10 %). Parmi les villes les plus fréquentées : Milan, Porto, Dublin, Bucarest et Tirana. En 2025, Ryanair a ouvert Essaouira (Maroc), Sarajevo (Bosnie-Herzégovine) et Figari (Corse). Wizz Air a lancé Erevan (Arménie) et Craiova (Roumanie), deux lignes qui ont particulièrement bien fonctionné.
Trafic sous pression : Ryanair lève le pied
Malgré ce beau résultat, la progression a nettement ralenti en fin d’année. Jusqu’à l’été 2025, l’aéroport était sur une trajectoire de +6 à 7 %. À partir de septembre, le trafic a marqué le pas. La raison principale : l’augmentation de la Taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA), passée de 2,63 € à 7,40 € en moyenne pour les vols vers l’Europe depuis mars 2025, soit une hausse de 5 à 7 € par billet. « On est l’aéroport du pouvoir d’achat. Le prix moyen du billet est à 50 euros. 7 euros de plus, ça peut décider certaines familles à ne pas voyager », explique Edo Friart, directeur commercial de Bellova, cité par Francebleu.
En réaction à l’augmentation de la TSBA, Ryanair a réduit son programme hivernal 2025-2026 de près de 15 % à Paris-Beauvais (et de 13 % en France au total), supprimant plusieurs lignes et réduisant les fréquences vers plusieurs destinations. Ce retrait limite mécaniquement la hausse du nombre de passagers malgré une demande qui reste soutenue.
Vers une saison estivale stable
Pour l’été 2026, Bellova table sur un trafic comparable à 2025. De nouvelles lignes arriveront : Dan Air vers Bacău (Roumanie), Wizz Air vers Tuzla (Bosnie), Podgorica (Monténégro) et Târgu Mureș (Roumanie). Les liaisons intérieures restent limitées (Bastia et Figari en saison), mais des retours vers Nice ou Marseille sont à l’étude. Le gestionnaire espère aussi attirer un jour des vols long-courriers, même si aucun projet concret n’a encore été annoncé.
La plateforme de l’Oise reste toutefois au cœur de vifs débats : associations de riverains et ONG environnementales contestent la croissance de l’aéroport au regard des engagements climatiques de la France. Entre ambitions de développement et contraintes réglementaires et fiscales, Paris‑Beauvais aborde ainsi 2026 dans une position paradoxale : plus fort que jamais en trafic, mais une dynamique déjà fragilisée par la flambée des taxes aériennes.

@Aéroport Paris-Beauvais
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