La mort de Nemesio Rubén Oseguera Cervantes, surnommé “El Mencho”, abattu le dimanche 22 février 2026 lors d’une opération des forces spéciales de l’armée mexicaine à Tapalpa, dans l’État de Jalisco, a eu un effet immédiat : une vague de violence coordonnée par le cartel CJNG qui s’est traduite par une paralysie partielle du ciel aérien mexicain, principalement dans l’ouest du pays.

Les autorités mexicaines ont confirmé que le chef du Cartel de Jalisco Nouvelle Génération a été grièvement blessé lors du raid, puis est décédé en cours d’évacuation par hélicoptère vers Mexico, ce qui a déclenché une réaction en chaîne de représailles armées dans plusieurs États (Jalisco, Colima, Michoacán, Nayarit, Tamaulipas, etc.). Ce scénario a directement frappé les principaux aéroports desservant les grandes métropoles et les stations balnéaires de cette région stratégique.

Panique dans les terminaux et redessections massives

Les scènes de panique filmées à Guadalajara et Puerto Vallarta ont fait le tour des réseaux sociaux : passagers courant dans les couloirs, s’abritant derrière des comptoirs, des employés abandonnant des enregistrements en cours. Les images font état de tirs et de véhicules enflammés à proximité des accès routiers des aéroports, sans que l’on ait à ce jour confirmé une attaque directe et ciblée contre les avions en vol.

Opérateurs aéroportuaires et compagnies ont réagi en modifiant leurs plans de vols, en coordination avec les autorités civiles et militaires. Le groupe Grupo Aeroportuario del Pacífico, qui gère notamment Guadalajara (GDL) et Puerto Vallarta (PVR), a indiqué avoir activé des « protocoles de sécurité préventifs » en coordination avec les forces fédérales, tout en assurant que les opérations aériennes pouvaient continuer « sans interruption majeure » sur le plan technique. En pratique, plusieurs compagnies ont jugé nécessaire d’annuler ou de dérouter des rotations.

Centaines de vols annulés, chaînon terrestre explosé

Les estimateurs de la presse mexicaine et internationale convergent : plusieurs centaines de vols ont été annulés ou modifiés entre le 22 et le 23 février 2026, principalement vers et depuis Guadalajara, Puerto Vallarta, Manzanillo et Tepic. Le quotidien en ligne Mexico News Daily évoque au moins 237 vols concernés, entre vols internationaux et domestiques, avec des annulations groupées des compagnies américaines et canadiennes desservant les hubs balnéaires.

Certaines compagnies américaines, dont United, Southwest et Alaska Airlines, ont suspendu l’ensemble de leurs liaisons vers Puerto Vallarta et Guadalajara, tandis qu’American Airlines a également annulé des vols à destination de Puerto Vallarta, Guadalajara et Mazatlán « en raison de la situation sécuritaire ». Du côté mexicain, Aeroméxico a annoncé la suspension de vols depuis et vers Guadalajara, Puerto Vallarta, Manzanillo et Tepic, arguant des « événements survenus en différents points du pays ». Volaris a quant à elle précisé que les vols vers Puerto Vallarta ont été annulés en raison de blocages « par des individus présumés criminels » à proximité de la zone aéroportuaire, un point central qui souligne bien le lien entre la sécurité au sol et la fluidité aérienne.

Les risques pour les voyageurs, les compagnies repoussent la reprise

D’un point de vue strictement aéronautique, les principales questions portent sur la continuité de la sécurité au sol, la pérennité des accès routiers, la gestion des procédures d’urgence et la perception du risque par les compagnies et les passagers. Les messages de plusieurs compagnies mettent en avant la sécurité des passagers et des équipages comme raison principale des annulations.

Côté international, le département d’État américain a publié une alerte de sécurité demandant aux citoyens américains présents dans plusieurs États mexicains « de rester à l’intérieur » et de « se renseigner » avant de se déplacer, ce qui a amplifié les mesures de précaution des compagnies aériennes. Côté français, le ministère indique que des opérations de sécurité sont en cours dans l’État de Jalisco (Guadalajara, Puerto Vallarta, Tapalpa), avec affrontements armés, barrages routiers et véhicules incendiés. Il demande également aux Français sur place « de faire preuve de la plus grande prudence et de rester confinés pendant la durée de ces opérations ». Le Quai d’Orsay « déconseille formellement » de se rendre dans la zone située dans le triangle Celaya–Irapuato–Salamanca (État de Guanajuato), en raison d’une violence particulièrement élevée liée au contrôle du commerce illégal de carburant et du territoire.

Des compagnies comme Air Canada ont indiqué que les connexions vers Puerto Vallarta restent suspendues tant que la « situation de sécurité » et l’ordre de confinement local ne sont pas levés. Des analystes du secteur touristique estiment que si la situation se stabilise dans les prochains jours, l’impact économique global restera limité, mais qu’une nouvelle vague de violence ou de blocages répétés pourrait dissuader les voyageurs pendant plusieurs saisons.

Assassinat d’El Mencho : des centaines de vols annulés, les routes de l’ouest mexicain paralysées 1 Air Journal

@Volaris