Après quelques heures d’incertitude, les voyageurs de et vers La Réunion peuvent souffler : la durée des vols entre Paris et Saint-Denis ne sera finalement pas rallongée. La réouverture d’un corridor aérien au‑dessus de la mer Rouge permet aux compagnies de conserver leurs trajectoires habituelles, malgré les tensions persistantes au Moyen-Orient et la suspension temporaire du survol de l’Arabie saoudite annoncée dans la journée par l’aviation civile.

Mardi, en fin de journée, une nouvelle notice de vol a été diffusée aux compagnies, annonçant la réouverture d’un corridor aérien au‑dessus de la mer Rouge, dans la partie ouest de la zone jugée compatible avec les exigences de sécurité. Cette décision revient sur la perspective d’un détour massif par l’Afrique de l’Ouest, envisagé quelques heures plus tôt à la suite de la suspension du survol de l’Arabie saoudite par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). « Les vols entre l’Hexagone et La Réunion ne seront finalement pas rallongés », ont indiqué dans la soirée les autorités et les compagnies, qui avaient commencé à plancher sur des plans de vol alternatifs. Le scénario d’un rallongement systématique de près de deux heures, conséquence d’un contournement par l’ouest du continent africain pour éviter l’espace aérien saoudien, est ainsi écarté pour l’instant.

Ce qui aurait changé avec un détour par l’Afrique de l’Ouest

Le plan B étudié dans la journée prévoyait des routes beaucoup plus occidentales, remontant au‑dessus de l’Afrique de l’Ouest avant de piquer vers le sud‑est, soit un « crochet » de plusieurs centaines de kilomètres par rapport à la trajectoire optimisée via la mer Rouge et la péninsule Arabique. Pour un vol Paris–Saint-Denis qui dure en temps normal environ 11 heures, un tel contournement aurait représenté un allongement de l’ordre de deux heures, avec à la clé arrivée plus tardive, correspondances fragilisées et journées de travail décalées pour les équipages.

Ce type d’adaptation n’est pas théorique : à plusieurs reprises ces dernières années, Air France a suspendu le survol de la mer Rouge ou adapté ses routes par « principe de précaution », allongeant de 40 minutes à plus d’une heure la durée de certains vols vers l’océan Indien (La Réunion, Maurice, Madagascar, Kenya). Comme l’observation d’un « objet lumineux à haute altitude » au‑dessus du Soudan qui avait conduit Air France fin 2024 à suspendre le survol de la mer Rouge « jusqu’à nouvel ordre ». La compagnie dans ce précédent épisode,  rappelait que « la sécurité de ses clients et de ses équipages est son impératif absolu ».

Une route prise en étau par les tensions régionales

La région de la mer Rouge est devenue un point de tension majeur pour les flux maritimes et aériens depuis la fin 2023, sur fond de guerre au Moyen‑Orient et d’attaques contre des navires attribuées aux Houthis au large du Yémen. Les autorités aéronautiques et diplomatiques rappellent que le risque terroriste demeure présent dans la zone, y compris du côté de l’Arabie saoudite, ce qui justifie des restrictions ou des recommandations de prudence sur certaines portions d’espace aérien.

Paris–La Réunion : les vols gardent leur durée malgré la crise au Moyen-Orient 1 Air Journal

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