Air France met en place un dispositif exceptionnel de sièges à tarif régulé au départ de Bangkok pour faciliter le retour de Français bloqués en Asie par la paralysie des hubs du Golfe, tout en renforçant massivement ses capacités sur plusieurs grandes destinations asiatiques.
La fermeture brutale des espaces aériens au Moyen-Orient et la quasi-paralysie des hubs de Dubaï, Doha et Abou Dhabi ont provoqué une envolée historique des tarifs entre l’Asie et l’Europe, laissant des milliers de voyageurs français bloqués loin de chez eux. Alors que certaines compagnies du Golfe affichent désormais des billets à des prix jugés prohibitifs, Air France met en place un « quota de sièges à un prix régulé » au départ de Bangkok à destination de Paris et renforce ses capacités sur plusieurs grandes villes asiatiques, en coordination avec le ministère des Affaires étrangères.
Ces places seront « mises à la disposition du ministère des Affaires étrangères pour transporter les ressortissants français vulnérables », les listes étant établies par le consulat de France en Thaïlande pour des départs « à compter du 11 mars ». Ce dispositif, inspiré des opérations de rapatriement menées au Moyen-Orient, vise à limiter l’impact de la flambée des prix du marché sur les passagers les plus fragiles.
Dans un entretien au Parisien, la directrice générale d’Air France, Anne Rigail, explique que « sur les vols supplémentaires que nous programmons au départ de Bangkok, un quota de sièges à un prix régulé est mis à la disposition du ministère des Affaires étrangères pour transporter les ressortissants français vulnérables ». La compagnie précise que ce mécanisme vient compléter les vols affrétés par l’État depuis Oman ou les Émirats pour rapatrier progressivement plusieurs centaines de Français coincés dans la région du Golfe.
Capacité renforcée sur les grands axes Asie–Europe
Pour répondre au blocage du trafic via le Golfe et à la forte demande de retour vers la France, Air France a déployé des avions de plus grande capacité au départ de plusieurs métropoles asiatiques. Anne Rigail détaille ainsi avoir « déployé des avions de plus grande capacité sur nos vols au départ de Bangkok, Phuket, Singapour, Delhi, Mumbai, Shanghai et Tokyo » et « ajouté des vols supplémentaires au départ de Bangkok, Singapour et Delhi », des mesures amenées à se prolonger dans les prochains jours. L’objectif est de capter une partie du trafic qui transitait habituellement par Dubaï, Abou Dhabi, qui tentent de reprendre encore très partiellement leurs programmes habituels, Doha restant quasiment à l’arrêt.
Le transporteur français indique par ailleurs participer à des vols de rapatriement affrétés, notamment depuis Mascate (Oman), pour des Français bloqués dans les pays du Golfe depuis le début du conflit. Cette montée en puissance s’inscrit dans un mouvement plus large qui voit plusieurs compagnies européennes et asiatiques tenter de reconstituer des « ponts aériens » via des hubs alternatifs comme Istanbul, afin de contourner les espaces aériens fermés au Moyen-Orient.
Hubs du Golfe paralysés et flambée des prix
Depuis les frappes américano-israéliennes contre l’Iran, une large partie des espaces aériens du Moyen-Orient – Iran, Irak, Qatar, Koweït, Bahreïn notamment – a été fermée ou sévèrement restreinte, provoquant la suspension de milliers de vols. Entre le 28 février et le début du mois de mars, plus de 30 000 vols ont ainsi été annulés dans la région selon les données de Cirium et de FlightAware.
Cette contraction brutale de l’offre se traduit par une hausse spectaculaire des prix sur l’axe Asie–Europe. Selon plusieurs analyses, les tarifs ont bondi d’environ 30% en quelques jours sur les liaisons Europe–Moyen-Orient, tandis que les vols Asie–Europe ont, dans certains cas, été multipliés par quatre, avec des Bangkok–Paris affichés jusqu’à 5 000 euros l’aller simple au lieu de 500 euros habituellement. Sur certaines dates, un aller simple Europe–Bangkok en classe économique dépasse 1 900 euros, soit plus du double d’un tarif anticipé en période normale, ce qui alimente la polémique sur les pratiques tarifaires de certaines compagnies.
Les compagnies du Golfe sous le feu des critiques
Emirates, Qatar Airways et Etihad, traditionnellement positionnées sur des tarifs compétitifs pour les liaisons Europe–Asie via leurs hubs, ont été contraintes d’annuler ou de suspendre un nombre massif de vols. Emirates a suspendu l’ensemble de ses vols de et vers Dubaï plusieurs jours, Qatar Airways a supprimé la totalité de ses rotations avec plusieurs milliers de passagers en transit bloqués à Doha, et Etihad a réduit drastiquement ses opérations à Abou Dhabi. Dans ce contexte de capacité raréfiée, les quelques vols encore disponibles s’arrachent et les prix affichés par les compagnies du Golfe et les plateformes de réservation ont alimenté un début de polémique.
Anne Rigail rappelle que de nombreux touristes bloqués en Asie avaient initialement des réservations auprès des compagnies du Golfe, qui « ont annulé un volume de vols considérable », créant une tension immédiate sur les alternatives disponibles. Si plusieurs transporteurs ont ajouté des vols, la demande reste « très largement supérieure à l’offre », ce qui explique une partie de la flambée des prix observée sur les moteurs de recherche de billets. Lorsque les sièges en classe économique sont épuisés, « les plates-formes de réservation peuvent proposer des places plus chères, notamment en Business », voire des itinéraires complexes avec plusieurs escales et plusieurs compagnies, qui « font grimper les prix », souligne-t-elle.
Cette mécanique d’optimisation tarifaire, classique en période de forte demande, est exacerbée par la fermeture d’une partie des couloirs aériens et par la congestion des hubs de report comme Istanbul ou Singapour. Pour les voyageurs, la conséquence est une combinaison de durées de trajet allongées – jusqu’à deux ou trois heures de plus sur certaines routes entre l’Europe et l’Asie – et de billets nettement plus onéreux, en particulier pour des réservations de dernière minute.

Serge13 a commenté :
9 mars 2026 - 14 h 25 min
Je ris tout seul. Ils ne veulent jamais acheter Air France mais demandent tous le rapatriement à Air France. Incroyable.
@ Serge a commenté :
9 mars 2026 - 16 h 04 min
Tous ? ? ?
Vous avez lu ça où ?
Il existe d’autres solutions que AF.
Et ceux qui s’en sont pris à temps, il y a quelques jours, des billets étaient encore à prix très raisonnables depuis l’Asie.
lulu a commenté :
9 mars 2026 - 22 h 57 min
Vous avez vu ça ou ??
Personne de demande rien, les gens veulent juste rentrer chez eux.
Il se trouve que c’est AF qui est coordonner avec le ministère des affaires étrangère.
Filoustyle a commenté :
10 mars 2026 - 9 h 36 min
Airiledefrance sauvé plusieurs fois de la faillite par les contribuables Français, l’état est dans le capital de cette compagnie, il est normal qu’elle aille chercher les vaches à lait qui la nourrisse.
ze_eric a commenté :
10 mars 2026 - 13 h 16 min
100% d’accord avec vous !!! Suis même choqué que ce soit à Air France de s’en occuper !! Air France ne devrait rapatrier que ses propres clients…. aux autres de se débrouiller avec les compagnies qu’ils vénèrent ou de payer le tarif dû s’ils veulent être rapatriés par Air France !
Comme le dit le dicton on ne peut avoir le beurre, l’argent du beurre et le cul de la crémière !
fayçalair a commenté :
9 mars 2026 - 16 h 46 min
attn Serge13
+1000 franchouillard un jour franchouillard toujours!!!!!!!!
moonmartre a commenté :
9 mars 2026 - 20 h 16 min
Se retrouver avec son vol annulé et donc bloqué à Bangkok n’est pas la pire des situations!
Vue la quantité de compagnies alternatives qui permettent de rentrer en France en vol direct ou indirect (liste trop longue), je suis surpris de voir toutes ces personnes qui attendent qu’on vienne les rapatrier.
Même la Malaysian Airlines a doublé ses vols vers CDG en rajoutant le vol MH7014.
Doha est plus compliqué car l’aéroport le plus roche est Riyad en Arabie Saoudite qui a du aussi annulé une partie de ses vols, pour Dubai c’est Mascate au sultanat d’Oman faisable en bus.
Question de prix? Voyager au bout du monde sans s’assurer de pouvoir financer ce genre d’aléa me semble plus qu’imprudent.
@ moonmartre a commenté :
10 mars 2026 - 12 h 14 min
Se retrouver avec son vol annulé et donc bloqué à Bangkok n’est pas la pire des situations!
Vous raisonnez sans doute par rapport à vous.
MAIS il existe des situations nécessitant un retour.
Pour commencer, je ne pense pas qu’un employeur soit satisfait de se passer de son personnel et de subir des vacances éternelles.
Également, un voyageur peut avoir prévu un certain budget, surtout si vous êtes une famille. Est-ce que les gens de situation modeste ont le droit de voyager ?
Enfin, il peut y avoir certaines raisons médicales comme une opération ou des soins indispensables programmés.
La liste n’est pas fermée.
Voyager au bout du monde sans s’assurer de pouvoir financer ce genre d’aléa vous semble plus qu’imprudent ?
Il fallait deviner cette guerre puis surtout toutes les conséquences, avoir des dons de voyance remarquables, donc votre raisonnement est d’une facilité déconcertante et simpliste.
C’est facile de dire cela après coup.
Et tout le monde n’est pas millionnaire.