Alors que de vastes portions du ciel du Golfe restent fermées ou fortement restreintes depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, Emirates parvient à maintenir un programme limité mais régulier de vols. La compagnie de Dubaï utilise le protocole ESCAT (Emergency Security Control of Air Traffic) combiné à des couloirs aériens sécurisés mis en place par les autorités des Émirats arabes unis. Cette stratégie lui permet de rester opérationnelle quand beaucoup de ses concurrentes du Golfe restent encore largement clouées au sol.

Activé depuis le 28 février 2026, l’ESCAT restreint l’accès à l’espace aérien des Émirats arabes unis (code OMAE) tout en autorisant des vols commerciaux sous contrôle strict. Les appareils doivent suivre des routes et des altitudes précises, obtenir une autorisation préalable et respecter des consignes de sécurité renforcées. Ce protocole, conçu pour les situations de crise, donne la priorité aux opérations de défense tout en laissant une marge pour l’aviation civile. Airlineratings.com confirme que ce protocole permet à Emirates, flydubai et Air Arabia, trois compagnies aériennes basées à Dubaï, d’exploiter progressivement des vols depuis le début des hostilités.

Des couloirs aériens sécurisés pour maintenir le flux
Parallèlement à l’ESCAT, les autorités émiraties ont ouvert des « couloirs aériens d’urgence » préalablement évalués comme sûrs. Ces routes concentrent le trafic sur des trajectoires surveillées en permanence (radar, ADS-B, communications sécurisées et systèmes anticollision TCAS). Le ministre émirati de l’Économie et du Tourisme, Abdulla bin Touq Al Marri, a déclaré : « Les Émirats ont ouvert des couloirs aériens d’urgence sécurisés. La capacité actuelle, sur les routes d’urgence disponibles, est de 48 vols par heure, avec une possibilité d’augmentation selon l’évolution de la situation sécuritaire. » Ces corridors obligent les avions à des détours, parfois plus longs, mais garantissent une séparation accrue entre appareils et une surveillance constante.

Emirates moins touchée que ses rivales du Golfe
Malgré les perturbations, Emirates s’en sort mieux que la plupart des autres compagnies aériennes du Golfe. Selon les données de Cirium, spécialiste mondial du suivi aérien, la compagnie de Dubaï opérait au 7 mars 2026 avec un taux d’annulations ou de « no-fly » d’environ 24 % sur ses vols au départ de Dubaï. Elle propose un programme réduit à 76 % mais régulier vers 82 destinations, dont Londres, Sydney, Singapour et New York, et vise un retour à 100 % de son réseau dans les prochains jours.

À titre de comparaison, Qatar Airways reste plus sévèrement impactée par la fermeture prolongée de l’espace aérien qatari, tandis qu’Etihad Airways maintient un programme encore plus limité. Globalement, sur les 85 500 vols programmés dans la région du 28 février au 11 mars, plus de 46 000 ont été annulés, selon Cirium. Emirates, grâce à l’ESCAT et aux corridors sécurisés, a pu reprendre plus rapidement son trafic de passagers que ses principales concurrentes du Golfe.

Une reprise progressive mais prudente
Emirates priorise les vols de rapatriement, les cargos et les liaisons essentielles. Les passagers en correspondance via Dubaï ne sont acceptés que si leur vol suivant est confirmé. Ils sont invités à vérifier leur vol en temps réel sur le site d’Emirates, car la situation reste évolutive. La compagnie de Dubaï avertit cependant que son programme de vols reste « flexible » et peut changer à court terme en fonction des alertes de missiles ou des mises à jour sécuritaires.

Grâce à cette combinaison d’ESCAT et de couloirs sécurisés, Emirates parvient à maintenir un lien vital entre l’Asie, l’Europe et l’Océanie via son hub de Dubaï, même en pleine crise. Une preuve que, même en zone de tension, l’aviation civile peut continuer à opérer quand les autorités locales et les compagnies aériennes coordonnent étroitement leurs efforts. 

Comment Emirates continue de voler grâce au protocole ESCAT quand Qatar et Etihad sont clouées au sol 1 Air Journal

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