L’aéroport de Toulouse-Blagnac vise le rebond en 2026, malgré un trafic encore en retrait par rapport à l’avant‑Covid, en misant sur l’international, la densification de son réseau et la transformation de l’expérience passagers. Porté par 81 destinations annoncées pour 2026, l’aéroport entend conforter son rôle de porte d’entrée de l’Occitanie sur fond de recomposition du paysage aérien français, entre pression fiscale accrue et recomposition de l’offre des compagnies.
Un trafic 2025 en repli, mais une base solide
En 2025, Toulouse‑Blagnac a accueilli 7 621 409 passagers commerciaux, soit une baisse de 2,8% par rapport à 2024, ce qui ramène l’activité à 79% du niveau de 2019 (9,6 millions de passagers). Ce recul correspond à environ 200 000 voyageurs de moins et confirme que le retour aux records d’avant‑crise reste, pour l’heure, hors de portée.
La direction de la plateforme pointe deux facteurs majeurs : la fermeture de la base d’easyJet au printemps 2025, qui a pesé lourd sur le trafic domestique et européen, et la hausse de la fiscalité sur les billets d’avion. Les lignes avec Paris constituent pourtant un point de résistance, représentant plus d’un quart du trafic passagers et affichant une légère croissance d’environ 2% en 2025.
Une dynamique tirée par l’international
Avec 60% de son trafic à l’international, l’aéroport assume une stratégie résolument tournée vers l’extérieur, qui passe par l’élargissement du réseau et l’augmentation des fréquences. Pour 2026, Toulouse‑Blagnac met en avant un total de 81 destinations, dont 17 en France et 64 à l’international, « ouvrant ainsi toutes les perspectives possibles de voyage » selon le dossier de presse.
Inaugurée en juin 2023, la ligne directe Toulouse‑Montréal d’Air Canada rencontre un franc succès. La desserte, opérée toute l’année, ancre un peu plus Toulouse dans le réseau transatlantique et complète l’offre long‑courrier de la plateforme. Dès le mois de juin, l’arrivée de l’Airbus A321XLR sur la ligne Montréal permettra de renforcer cette liaison avec un appareil de dernière génération
Corsair signe de son côté « l’événement de l’année » pour Toulouse‑Blagnac en ouvrant l’accès direct de la Ville rose à l’océan Indien à compter du 15 juin. La compagnie va poser ses Airbus A330neo deux fois par semaine (lundi et vendredi) à Toulouse pour relier La Réunion, tout en offrant dans le même dispositif, une triple ouverture inédite vers Mayotte et l’île Maurice.
Un réseau élargi aux quatre points cardinaux
Le réseau de Toulouse‑Blagnac couvre déjà la quasi‑totalité des grands bassins européens, avec des liaisons vers l’Espagne, l’Italie, le Portugal, la Grèce, le Royaume‑Uni, l’Irlande, l’Allemagne, la Suisse, la Belgique, le Luxembourg ou encore les Pays‑Bas. S’y ajoutent de multiples dessertes vers le Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie) et le Proche‑Orient (Chypre, Israël), qui ancrent l’aéroport dans une logique de connectivité régionale élargie.
Sur la saison hiver 2025‑2026, la plateforme a déjà mis en avant de nouvelles destinations ou des lignes renforcées : Boa Vista et Sal (Cap‑Vert), desservies en vol direct par Transavia, tout comme Hurghada (Égypte) et Djeddah (Arabie saoudite), Tel‑Aviv étant elle aussi proposée en direct, dans son programme, par la filiale low‑cost d’Air France‑KLM. Pour les city‑breaks, Prague est opérée par la compagnie tchèque Smartwings, Florence et Venise par Volotea, tandis que Londres‑Gatwick est de nouveau desservie par easyJet avec deux fréquences hebdomadaires ainsi que Marrakech avec 3 vols par semaine. Ces ouvertures illustrent l’effort pour proposer « de nouveaux horizons » en vol direct, en phase avec une demande loisirs qui se recompose après la crise sanitaire.
Ryanair reste la première compagnie avec 24 % du trafic (34 destinations, aucune nouvelle en 2026), de peu devant Air France-Transavia (23 %) et easyJet (16 %, 11 destinations). Les premiers pays desservis sont en importance l’Espagne, le Royaume-Uni et le Maroc. Sinon le top 3 des destinations sont Paris-Orly, devant Paris-CDG et Amsterdam.
L’expérience passagers au cœur de la stratégie
Toulouse‑Blagnac inscrit ses perspectives 2026 dans un projet de transformation continue de l’expérience passagers. La plateforme rappelle que les grands chantiers engagés ces dernières années avaient pour ambition de hisser l’aéroport « au niveau des meilleurs standards européens », en repensant les parcours, les espaces commerciaux et les services. La digitalisation des parcours doit se poursuivre, avec la généralisation des outils en ligne (information temps réel, services de réservation annexes) et le renforcement des services en aéroport (restauration, hospitalité, fluidification des contrôles).

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