Air France et Lufthansa prolongent la suspension de leurs vols vers plusieurs destinations du Moyen-Orient, dans un contexte de guerre entre l’Iran, Israël et les États-Unis qui continue de déstabiliser les grands couloirs aériens de la région.
Lufthansa étend l’arrêt de ses dessertes
Le groupe Lufthansa a annoncé une nouvelle extension de la suspension de ses vols vers le Moyen-Orient, conséquence directe de la dégradation de la situation sécuritaire dans la région. « En raison de la situation volatile au Moyen-Orient », l’ensemble des compagnies du groupe – Lufthansa, SWISS, Austrian Airlines, Brussels Airlines, ITA Airways, Edelweiss, Eurowings ainsi que Lufthansa Cargo – suspendent leurs vols vers la région au moins jusqu’au 30 avril 2026 inclus, précise un avis interne aux agences de voyages.
Au-delà de cette date, certaines destinations restent fermées bien plus longtemps. Tous les vols à destination et en provenance de Dubaï et de Tel-Aviv sont suspendus jusqu’au 31 mai pour Lufthansa, SWISS, Austrian Airlines, Brussels Airlines, ITA Airways et Edelweiss. Les liaisons avec Abu Dhabi, Amman, Beyrouth, Dammam, Riyad, Erbil, Mascate et Téhéran sont, elles, annulées jusqu’au 24 octobre 2026 inclus, une décision confirmée par la presse allemande qui évoque des « risques de sécurité » et des contraintes opérationnelles persistantes.
Le groupe dit « surveiller en permanence et évaluer la situation sécuritaire au Moyen-Orient, en étroite concertation avec les autorités ». En creux, la compagnie reconnaît qu’un retour à la normale ne pourra intervenir que lorsque les trajectoires de survol et les principaux hubs de la région auront retrouvé une stabilité minimale.
Air France prolonge ses suspensions vers Dubaï, Riyad, Tel-Aviv et Beyrouth
Air France adopte une posture similaire, en prolongeant la suspension de plusieurs de ses dessertes du Moyen-Orient initiée dès les premières frappes du conflit. La compagnie française indique être contrainte de « prolonger la suspension de ses vols », notamment ceux « de et vers Dubaï et Riyad jusqu’au 31 mars 2026 inclus (soit jusqu’au 1er avril 2026 pour les vols au départ de Dubaï) ».
Les liaisons en provenance et à destination de Tel-Aviv et Beyrouth sont suspendues au moins « jusqu’au 4 avril 2026 inclus », dans un contexte où la compagnie rappelle régulièrement que « la sécurité de ses clients et de ses équipages est sa priorité absolue ». « La reprise des opérations restera soumise à une évaluation de la situation sécuritaire sur place, qui est très évolutive », souligne Air France, qui laisse ainsi ouverte la possibilité de nouvelles prolongations.
La filiale « low-cost » Transavia, membre du groupe Air France‑KLM, a pour sa part suspendu ses liaisons avec Tel-Aviv et Beyrouth « jusqu’au 27 mars 2026 inclus » et avec Djeddah (Arabie saoudite) « jusqu’au 28 mars », une mesure qui s’inscrit dans le même dispositif de précaution.
Un faisceau de suspensions qui s’élargit à l’Asie
Les compagnies européennes ne sont pas les seules à s’adapter à la nouvelle donne au Moyen-Orient. La compagnie hongkongaise Cathay Pacific a annoncé mardi prolonger la suspension de ses vols à destination et en provenance de Dubaï et Riyad « jusqu’au 31 mai », « compte tenu de la situation actuelle au Moyen-Orient ». Dans un communiqué, la compagnie indique « surveiller la situation de près » et se dit prête à « ajuster sa capacité » pour offrir des options alternatives à ses clients dès que les conditions le permettront.
Selon l’analyse de la société spécialisée Cirium, le choc opérationnel est particulièrement sévère pour les transporteurs du Golfe, historiquement dépendants des flux de correspondance long‑courrier via leurs hubs. Qatar Airways, basée à Doha, a ainsi dû annuler près de 92% de ses vols depuis le 28 février, Etihad Airways, à Abou Dhabi, près des trois quarts, et Emirates, opérant depuis Dubaï la plus grande flotte d’Airbus A380 et de Boeing 777, quasiment la moitié de son programme.
Conséquences pour les passagers
Suite au conflit, déclenché par des frappes israélo‑américaines sur l’Iran puis par des représailles de Téhéran, les grands couloirs qui traversent le Moyen-Orient – utilisés par les compagnies européennes, asiatiques et africaines pour relier l’Europe, l’Asie et l’Océanie – se trouvent soit réduits, soit fortement détournés. De nombreuses compagnies, dont Lufthansa, Air France, British Airways ou Turkish Airlines, ont ainsi dû non seulement annuler des vols, mais aussi contourner certaines zones, rallongeant les temps de trajet et augmentant les coûts d’exploitation.
Pour les passagers, la première conséquence de ces suspensions en cascade se mesure à l’aune des annulations et des reprogrammations de dernière minute. Des milliers de voyageurs se retrouvent contraints de modifier leurs itinéraires, parfois en transitant par des hubs moins habituels, avec des correspondances supplémentaires et des délais allongés, alors que les capacités se raréfient et que les prix montent sur les routes alternatives.

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