Après quatre-vingts ans de présence, Air France tire sa révérence à l’aéroport Paris-Orly. Les derniers vols de la compagnie tricolore au départ et à l’arrivée de l’aéroport francilien ont lieu ce samedi 28 mars 2026. Une page d’histoire se tourne pour l’un des berceaux de l’aviation française, au profit d’un recentrage sur Roissy-Charles de Gaulle et d’un renforcement de sa filiale low-cost Transavia sur place.
Une épopée de 80 ans qui s’achève
L’aventure a commencé le 24 juin 1946 avec un vol historique Paris-New York à bord d’un Douglas DC-4. Pendant des décennies, Orly a incarné le prestige d’Air France : premiers jets Caravelle en 1959, arrivée des Boeing 747, vol Concorde direct Washington-Orly en 1973, ou encore le lancement de « La Navette » en 1996, qui a transporté plus de 100 millions de passagers vers Nice, Toulouse ou Marseille.
Ce samedi, le rideau tombe. Le dernier départ sera le vol AF0642 à destination de Saint-Denis de La Réunion à 21 h. Le dernier atterrissage, le vol AF6231 en provenance de Nice, est prévu à 21 h 55. Dès dimanche, plus aucun avion aux couleurs d’Air France ne décollera d’Orly, à l’exception des liaisons vers la Corse maintenues au titre d’une délégation de service public.
Pourquoi Air France quitte Paris-Orly
La décision, mûrie depuis plusieurs années, répond à une érosion structurelle du trafic domestique point-à-point. « Le développement de la visioconférence, la réduction des déplacements professionnels sur le domestique et le report vers le train (sous l’effet conjugué des recommandations de sobriété et des politiques RSE des entreprises) conduisent à une chute structurelle de la demande sur le réseau domestique point-à-point d’Air France », expliquait déjà un porte-parole d’Air France il y a trois ans, à l’annonce de la fin prévue des opérations à Orly.
Le trafic vers Nice, Toulouse et Marseille a baissé respectivement de 14,9 %, 35,9 % et 28,2 % entre 2019 et 2023, sous la double pression du TGV et de la loi Climat et Résilience qui interdit les vols intérieurs quand une alternative ferroviaire existe en moins de 2 h 30. Les lignes sont devenues « structurellement déficitaires » et ne correspondaient plus au modèle économique d’Air France, qui préfère concentrer ses forces sur son hub de Roissy.
Le directeur général France du groupe Air France-KLM, Henri Hourcade, tient à rassurer : « Le départ d’Orly est tout sauf un abandon des grandes capitales régionales », a-t-il déclaré à La Tribune.
Ce qui change concrètement pour les voyageurs dès ce week-end
Pour la grande majorité des passagers, le changement est simple mais important : il faudra désormais se rendre à Roissy-CDG pour emprunter un vol Air France vers Nice, Toulouse, Marseille ou les Antilles/Réunion (sauf Corse).
À partir de l’été 2026, Air France renforcera son offre au départ de Paris-CDG avec 12 vols quotidiens vers Nice et Toulouse, et 10 vers Marseille. L’objectif est de mieux connecter ces destinations aux longs-courriers, un atout pour les voyageurs d’affaires ou ceux qui combinent un vol domestique et international.
À Paris-Orly, la low-cost Transavia France, filiale du groupe Air France-KLM, prend immédiatement le relais dès ce 29 mars 2026. Elle proposera 8 vols par jour vers Toulouse et Nice, et 2 vers Marseille. Les avions seront positionnés de manière optimisée (porte 2C notamment) pour réduire les temps de parcours entre l’enregistrement et l’embarquement.
Les voyageurs habitués à « La Navette » d’Air France perdent donc la fréquence ultra-rapide qui caractérisait Paris-Orly, mais gagnent en contrepartie des tarifs low-cost chez Transavia. Cette dernière lance d’ailleurs son billet « Max » plus flexible (modifications jusqu’à une heure avant le départ) et ouvrira en mai 2026 son premier salon à Orly Terminal 2, accessible aux clients Max France et aux membres Flying Blue Platinum ou Ultimate.
Stratégiquement, Air France a choisi de transférer l’intégralité des créneaux à sa filiale low-cost plutôt que de les laisser à la concurrence. Transavia France devrait ainsi représenter près de 50 % du trafic de Paris-Orly et attirer aussi bien les particuliers que les entreprises grâce à des offres adaptées. La low cost britannique, easyJet, déjà bien implantée, tentera également de capter une partie de la clientèle affaires avec des promotions et des abonnements attractifs.
Un aéroport qui se modernise
Pendant qu’Air France migre vers Paris-CDG, Aéroports de Paris investit 1,7 milliard d’euros dans la modernisation de Paris-Orly d’ici 2031 : nouvelle zone de sécurité et d’embarquement de 10 000 m², réduction des navettes internes et augmentation de capacité. Orly reste donc bien vivant, simplement avec un visage plus low-cost.
Pour les voyageurs, le conseil est simple : vérifiez dès maintenant sur votre billet ou sur le site de la compagnie aérienne le nouvel aéroport de départ. Ceux qui privilégiaient la proximité d’Orly avec Paris pourront opter pour Transavia ; ceux qui cherchent des correspondances fluides vers le reste du monde trouveront leur bonheur chez Air France à Roissy. Le ciel parisien change, mais les destinations restent accessibles.

©ADP
psoubourou a commenté :
28 mars 2026 - 10 h 37 min
Dommage…..
Serge13 a commenté :
28 mars 2026 - 13 h 21 min
Le seule raison pour laquelle AF a perdu ses passagers sur orly c’est les tarifs.
J’ai vu des Marseille Orly à 485€ aller simple alors que le vol etait vide et ce 1 mois avant la date de départ.
Le TGV à 3h15 de Marseille est là depuis 2001.
Comme par magie, il aurait absorbé plus de passagers d’un seul coup? Bizarre.
Mr Ben a voulu cette fermeture pour diminuer les coûts.
On le comprend. Néanmoins abandonner des lignes millionnaires et mieux les remplacer par du low cost ne ramènera jamais 1 millions de passagers par an.
D’autant que AF ne rend surtout pas les slots non utilisés, et il y en a des tas.
Mieux encore, elle bloque tout développement d’une potentielle concurrente sur ORY MRS.
Et ça c’est inconcevable. Ce protectionnisme ressemble à s’y méprendre à un comportement mafieux.
Demandez à Volotea et Easyjet s’ils n’auraient pas envie de s’y lancer. Vous en serez surpris.
Mais impossible. Le gendarme AF bloque.
Idem pour les longs courriers au depart des régions.
EK veut desservir MRS TLS.
Impossible.
Les chinois veulent passer de 3 à 5 vols semaine de Mrs à SHA. Impossible.
Les USA et l’Afrique sont aussi de beaux exemples.
On l’a vu avec air Ivoire.
Bref, quand un ministre des transports prendra enfin ses responsabilités, ce sera plus clair.
Loulou a commenté :
28 mars 2026 - 16 h 09 min
Serge13 je vous trouve assez aigri vis à vis d’af. Les compagnies que vous citez qui pourraient potentiellement être intéressées à se développer sur ORY, Volotea (compagnie espagnole)ne vit que des aides régionales, donc des impôts des français. La dernière en date vol SXB -CPH qui est présentée comme une DSP..???
Heureusement qu’il y’a du protectionnisme d’une certaine manière car les créneaux sont difficiles à obtenir sur un aéroport soit saturé soit limité en développement. BA l’a fait il y’a quelques temps en transférant ses créneaux à QR donc ici AF à TO rien de surprenant. AF aurait simplement pu laisser les LC sur ORY quitte à laisser tout le CC/MC à TO et poursuivre l’aventure des 80 ans de présence. L’avenir seule dira si TO pourra faire autant sur ORY au gré des dirigeants politiques futur
SERGE13 a commenté :
28 mars 2026 - 21 h 46 min
Cher Monsieur.
Je suis un passager AF Ultimate (que j’adore) alors par pitié ne m’insultez pas.
Je ne parle pas sur le fait que AF ferme Orly, je ne suis pas dans les papiers pour juger.
Le reste, si vous me lisez bien, est une réalité.
L’Etat doit sortir définitivement du capital de AF.
Quant à V7, elle a déposé un dossier, et contrairement à ce que vous avancez ce n’est pas l’Etat qui paie, mais l’Europe. révisez vos propos.
Vous oubliez que AF a reçu 10 milliards d’euros de subventions pendant la pandémie, qu’elle n’a jamais remboursé.
Bref, je ne cherche pas à incriminer qui que ce soit, je voudrais simplement pourvoir avoir le choix. Avec AF et son CA c’est impossible.
C’est cela que je dénonce.
Bien à vous.
Chalambert a commenté :
29 mars 2026 - 1 h 14 min
Salut Serge,
Une petite précision sur les aides pendant le COVID
Air France a reçu plusieurs formes de soutien public pendant la pandémie : un prêt garanti par l’État français de 7 milliards d’euros au printemps 2020, puis une recapitalisation de 4 milliards d’euros approuvée en 2021, ainsi qu’une indemnisation pouvant aller jusqu’à 1,4 milliard d’euros pour le préjudice directement lié aux restrictions de voyage entre le 17 mars et le 30 juin 2020.
Le prêt est un prêt, pas une subvention, les 4 milliards de recapitalisation ont été remboursés.
Il ne reste que 1,4 M d’indemnisation qui n’ont effectivement pas à être remboursés.
Voilà, aucune polémique, juste des précisions.
Gg a commenté :
29 mars 2026 - 4 h 21 min
Halte à la désinformation, AF n’a jamais reçu 10 milliards d’euros mais 7 milliards, c’est le groupe AFKL en totalité qui a bénéficié de 10 milliards d’aides (état français + état néerlandais) et il ne s’agissait nullement de subventions mais de prêts avec intérêt contractés auprès d’un conglomérat bancaire, ces prêts étant garanti par l’état (avec des conditions strictes imposées par l’Europe), ce qui veux dire que l’état français aurait dû payer les banques si l’entreprise était venu à faire défaut ce qui n’a pas été le cas et comme les intérêts devenaient considérables au fur et à mesure que le temps avançait, ils ont été remboursés en totalité dès que possible. Et si ces prêts ont été capitaux pour la survie de l’entreprise dans la période compliquée du Covid aujourd’hui ils ne sont donc plus d’actualité et l’entreprise s’est refinancée via des émissions d’obligations et la souscription de nouveaux prêts auprès des banques, le groupe reste par conséquent toujours lourdement endetté suite à la période Covid mais toujours pas vis a vis de l’état.
Il est aussi vrai que l’état a participé à une augmentation de capital pour environ 1 milliard d’euros faisant passer le poids de l’état français de 14% à 29% dans le capital, mais cet argent n’est pas perdu pour autant puisque la valorisation du groupe permettra vraissemblablement à l’état de sortir du capital en réalisant une belle plu-value.
Sauf que… a commenté :
29 mars 2026 - 9 h 00 min
Sur l’argument « valorisation du groupe permettra une sortie du capital avec une plus-value »…est une vue théorique de l’esprit!
Sauf que depuis 15-20 ans, il n’y a AUCUNE valorisation de l’action AFKLM….ni aucun dividende de verse aux actionnaires…
Question bourse, avec AFKLM on devrait parler de dévaluation permanente…
Mais vous avez le choix! a commenté :
29 mars 2026 - 8 h 53 min
Et même vous avez 4 choix à votre disposition :
* Prendre AF et aller sur CDG.
* Prendre TO et aller sur ORY
*Ne prendre ni AF ni TO Mai’s une autre compagnie éventuellement.
* Prendre le train.
SERGE13 a commenté :
29 mars 2026 - 16 h 08 min
De qui vous moquez vous? Vous appelez ça du choix? TO c’est deux vols par jour sur Orly avec zéro espoir pour avoir d’autres fréquences, le gendarme AF veille au grain, zéro concurrence. 10 Vols sur CDG à des tarifs exorbitants. Des TGV avec zéro service à bord, et mettre en moyenne 5h d’un point A à un point B, allez y, pas pour moi. (Désolé mais j’ai essayé de comparer l’avion au train avec un ami: avec l’avion je suis arrivé 1h30 avant mon pote au point de rdv. Essayez vous serez surpris).
Mytho a commenté :
29 mars 2026 - 18 h 54 min
Dur de croire que t’es Ultimate AF avec le forcing et ton fanboyisme pro-Ryanair délirant. Tu dois être Ultimate Ryanair et encore.
Serge13 a commenté :
30 mars 2026 - 2 h 16 min
Je peux sans souci vous envoyer ma carte. Je suis ultimate depuis 2021 et je compte le rester car j’aime AF
NDR a commenté :
28 mars 2026 - 16 h 36 min
Cette histoire va faire perdre beaucoup de vols aux clients qui réservent des vols longtemps a l’avance ils vont tous se pointer a orly comme beaucoup de clients de Air France se sont pointés au T3 de cdg au début alors que leur vol etait au T3 de orly !
Brahim Ghali a commenté :
29 mars 2026 - 13 h 40 min
La fin d’Air France a Orly pour hier était annoncé en… 2023.
Lâche ton zatla NDR.
lomnava a commenté :
28 mars 2026 - 19 h 48 min
Quitter aurait été mieux qu’Abondonner.
declo77 a commenté :
29 mars 2026 - 11 h 09 min
Air france quitte ORY, sauf la Corse qui va rester en double exploitation AF et Air Corsica.
Actuellement, encore une obligation legale a commenté :
29 mars 2026 - 11 h 57 min
Aujourd’hui, les lignes ORY-BIA et ORY-AJA sont exploitées sous statut de DSP (Délégation de Service Public) .
Le contrat de DSP actuellement en cours, remporté en son temps par AF et Air Corsica prévoyait une desserte de Paris-Orly uniquement .
Un contrat DSP a toujours une durée déterminée avant lancement d’un nouvel appel d’offre pour extension du service ( avec éventuellement modification des termes du contrat)
Donc AF est aujourd’hui légalement tenue d’effecteur ces liaisons Corses sur Orly.
A la fin de ce contrat, il appartiendra à AF de candidater ou de ne pas candidater selon ce qu’il sera demandé de faire: si les collectivités corses continuent de vouloir une desserte sur ORY – c’est leur droit-, AF pourrait ne plus candidater.
SERGE13 a commenté :
29 mars 2026 - 16 h 13 min
Mais comment peut on écrire des posts avec une telle naïveté et de telles inepties???? Prenez les DPS de Marseille et de Nice… Où est AF?? OU???? Dites le moi, j’attends. Ce service est une gabegie payée avec 90 millions d’euros par an avec l’argent des français. La mafia corse veille au grain. Surtout ne pas déranger air Corsica qui se gave avec l’état “ennemi”. (Fin de citation).
En comparaison, Ryanair, pour ne citer qu’elle, avait proposé sur Marseille Nice et Orly des DPS pour 40 millions d’euros, en disant qu’elle serait largement gagnante. Devinez la suite… Une honte.
Et sans parler de Flying Blue qui ne fidélise que les parisiens sur ces lignes.. Pardi Air Paris.. Je ne comprends pas qu’il n’y ait pas de plainte déposée..
DPS de MRS et NCE a commenté :
29 mars 2026 - 17 h 53 min
Vous voulez parler des vols MRS/ NCE en DPS sur la Corse ,je présume: c’est bien ça ?
Et vous demandez: oùest AF sur ces lignes là:
La réponse est simple: AF n’y est pas, car AF n’a pas candidater sur ces lignes…
C’est pour ça aussi que je maintiens que, en fin du contrat actuel, il est rien de moins évident que de voir AF candidater à nouveau I les collectivités corses veulent rester sur ORY.
Pour le reste, vos interventions en général sont toujours et perpétuellement si outrageusement orientées anti AF que je n’y accorde aucune importance ni crédibilité…
SERGE13 a commenté :
29 mars 2026 - 19 h 24 min
J’adore le fait que vous suiviez ainsi. Je dérange, et ça me plait.
AF est sur le DSP de MRS et NCE. La dotation comprends les 3 aéroports.
Je le répète tout le temps, je suis un passager ultimate, donc j’adore AF. Entrez vous ça dans le cerveau.
Merci cher follower…
Décidément vous manquez de rigueur, de connaissances etdes3rieux! a commenté :
29 mars 2026 - 21 h 45 min
Reportez vous sur les documents sérieux qui ont tout publié sur ces lignes DSP ( attribuées pour la période 29#4-2027).
Vous y verrez que vous êtes dans l’erreur totale: les 8 lignes bord à bord Corse – Continent ont été attribuées à Air Corsica, et à Air Corsica seule, AF n’ayant pas postulé .ces lignes relient MRS et NCE aux 4 aéroports corses.
Quant aux lignes AJA-ORY et BIA-ORY ( et la DSP ne concerne que Orly) elles sont attribuées à un éco-entreprise AF-Air Corsica.
La compagnie qui avait postulé n’était pas Ryanair, mais Volotea
Après négociation, le différentiel de financement entre la demande Volotea et celle AF fut ramenée à 20 millions d’€ pour les deux lignes et sur l’ensemble de la période de DSP, soit 2 années. Il se trouve que ces 20 millions d’€ sont dans les limites de différentiel de financement autorisé par les textes européens d’encadrement des DSP.
Par ailleurs, bien que divers responsables de Ryanair ont fait des déclarations diverses et variées, notamment sur les financements que eux demanderaient – bien sûr, toujours très inférieurs à toutes les demandes des autres!-, quant est arrivé le moment de déposer un dossier complet engageant et contraignant en cas de sélection…Ryanair s’est mise aux abonnés absents et n’a rien officiellement déposé : Ryanair ne pouvait donc pas etre choisie et n’a pas eu à etre écartée…
Enfin, vous semblez jouir de l’idée d’être un influenceur que l’on suivrait avec gourmandise. Votre orgueil semble démesuré, et etre « ultimate AF, même si c’était vrai, ne changerait rien à l’affaire.
Mais hélas, d’être influenceur, il n’en est rien.
Serge13 a commenté :
30 mars 2026 - 2 h 18 min
Non seulement c’est vrai et je peux vous le prouver mais votre post signe la jalousie à mon égard. Bien à vous