Quatre semaines après le début des nouvelles escalades du conflit au Moyen-Orient, les compagnies aériennes de la région opèrent dans un environnement très contraint. Si le taux d’annulation des vols a nettement baissé par rapport aux premiers jours de crise, le nombre total de vols programmés a lui aussi fortement diminué. Les transporteurs du Golfe, piliers du trafic international via leurs hubs de Dubaï, Doha et Abou Dhabi, ont réduit leurs programmes pour adapter l’offre à une situation géopolitique instable.
Des annulations en nette baisse, mais une capacité réduite
Au pic des perturbations, plus de 65 % des vols programmés au départ du Moyen-Orient avaient été annulés. Ce taux est s’est établi entre 17 et 19 % ces derniers jours, selon le fournisseur de données aériennes Cirium. Cependant, cette amélioration du taux de réalisation s’accompagne d’une forte contraction des programmes initiaux.
Selon Cirium, entre 3 500 et 3 800 décollages étaient prévus quotidiennement lors de la première semaine du conflit. Cette semaine, le nombre moyen de vols programmés n’est plus que d’environ 2 500. L’analyse d’OAG confirme cette tendance : environ 1,7 million de sièges programmés ont été supprimés au cours des quatre premières semaines, soit environ un tiers de la capacité initialement prévue pour la fin février. Des coupes supplémentaires sont attendues, avec une capacité potentiellement ramenée à 3,6 millions de sièges par semaine dans les prochains jours.
Les grandes compagnies aériennes fortement impactées
Les transporteurs nationaux ont ajusté leurs opérations de manière différenciée :
– Emirates (Dubaï) a réduit sa capacité d’environ 40 % par rapport aux niveaux pré-conflit.
– Qatar Airways a subi une baisse plus marquée, avec 62 à 87 % de son programme selon les jours.
– Etihad Airways (Abou Dhabi) a coupé environ 50 à 63 % de ses vols.
– Air Arabia a enregistré une réduction de 64 %.
Les compagnies aériennes plus petites comme Gulf Air (Bahreïn) et Kuwait Airways ont été les plus touchées, avec plus de 97 % de leurs vols annulés. Certaines ont même mis des avions à l’abri à l’étranger, comme une vingtaine de gros-porteurs de Qatar Airways stationnés à l’aéroport de Teruel en Espagne, en attendant un retour à la normale.
Un choc pour le trafic international
Les hubs du Golfe jouent un rôle central dans la connectivité mondiale, reliant l’Europe, l’Asie, l’Afrique et les Amériques. Avant la crise, les transporteurs moyen-orientaux représentaient 9,5 % des sièges disponibles dans le monde. Leur retrait partiel a déjà impacté près de six millions de passagers lors des deux premières semaines du conflit, selon Cirium.
Willie Walsh, directeur général de l’Association du transport aérien international (IATA), a souligné l’ampleur du défi : « Il n’y a aucun moyen que la capacité fournie par les transporteurs du Golfe puisse être remplacée par les compagnies européennes ». Les transporteurs européens et asiatiques ont certes renforcé certaines liaisons directes, mais ces ajustements restent limités et ne compensent pas la perte de connectivité via les hubs de Dubaï et Doha.
Le fournisseur de données OAG note que peu d’augmentations significatives de fréquences ont été observées sur les routes Asie-Europe, avec seulement des ajouts mineurs comme 13 vols supplémentaires de Singapore Airlines ou 35 vols de Turkish Airlines.
Des conséquences pour les voyageurs
Pour les passagers, cela se traduit par moins de choix de vols, des correspondances plus complexes et, potentiellement, des tarifs plus élevés sur les routes affectées. Les compagnies aériennes ont priorisé le rapatriement et les vols essentiels, mais de nombreuses liaisons long-courriers restent perturbées.
L’industrie aérienne espère un retour rapide à la normale une fois la situation stabilisée. Les compagnies du Golfe ont démontré par le passé, lors de la crise du Covid, leur capacité à rebondir rapidement grâce à une flotte moderne et à une stratégie agressive de reprise.
En attendant, les experts appellent à une vigilance accrue. La réduction programmée des vols, même si elle permet d’assurer un plus grand pourcentage des décollages, reflète une prudence face à l’incertitude géopolitique persistante. Le ciel du Moyen-Orient reste donc partiellement ouvert, mais avec une offre nettement plus réduite qu’avant la crise. Les voyageurs sont invités à vérifier régulièrement le statut de leurs vols et à anticiper d’éventuels changements d’itinéraire.

@Hamad International Airport
28 mars 2026 - 20 h 17 min
j avoue que le dubai/nice en A 380 etait vide .aussi bien en buisness qu en eco ……..la c est du vol a perte je pense …..en rentrant dans l avion la première partie eco etait entièrement vide et en business class 4 personnes ……au moins les prix pour un vol bali/dubai/nice en aller simple etaient corrects…..680€ alors qu Air France c etait 2000€ a prix modérés comme ils disent …..