Alors que la guerre au Moyen-Orient paralyse le trafic maritime du détroit d’Ormuz et les hubs aériens du Golfe, des milliers de voyageurs ordinaires restent bloqués au sol. Dans le même temps, des ultra-riches continue de faire voyager en avion leurs bolides Ferrari… et même ses chevaux de course. Un luxe qui coûte jusqu’à cinq fois plus cher, mais que les clients les plus fortunés paient sans hésiter.

Le détroit d’Ormuz bloqué, Ferrari trouve une solution aérienne
Le détroit d’Ormuz est quasiment fermé au trafic maritime commercial en raison des tensions militaires impliquant l’Iran, impossible pour les constructeurs automobiles de luxe d’acheminer les bolides par bateau vers les pays du Golfe. Ferrari, qui réalise une part importante de ses ventes dans la région grâce à la personnalisation (environ 20 % de son chiffre d’affaires), a d’abord suspendu la plupart de ses livraisons la semaine dernière. Mais la marque italienne a rapidement trouvé une alternative : « quelques livraisons par avion » pour offrir l’opportunité à ses clients d’essayer ses derniers modèles et satisfaire les plus impatients, rapporte BFMTV.

Un coût multiplié par cinq
Avant même la guerre, la livraison aérienne triplait déjà le prix par rapport au transport maritime classique. Les clients de Ferrari les plus fortunés et les plus impatients avaient déjà opté pour la livraison aérienne. Ils acceptaient sans broncher des dizaines de milliers d’euros supplémentaires pour rouler au plus vite dans leur nouveau bolide. Depuis le blocage du détroit, le coût moyen du fret aérien a explosé : +66 % par kilo, atteignant près de 3 dollars, selon la plateforme Freightos. Résultat : faire venir une Ferrari, qui pèse entre 1 200 et 1 500 kilos, coûte désormais cinq fois plus cher par avion que par la mer.

D’autres marques automobiles réagissent différemment, selon BFMTV. Bentley préfère puiser dans ses stocks locaux sans recourir à l’avion. Rolls-Royce indique « faire tout son possible » pour honorer les commandes, sans plus de détails. Plutôt pessimiste, Andy Palmer, ancien patron d’Aston Martin, résume la situation avec inquiétude au Financial Times : « Il n’y a tout simplement aucune perspective d’avenir. Cela fait très longtemps que je n’ai pas vu une situation aussi catastrophique sur tous les marchés. »

Des chevaux de course aussi évacués par avion-cargo…
Les ultra-riches ne font pas seulement voyager en avion leurs voitures. Des chevaux de saut d’obstacles d’élite, certains estimés à plus de 10 millions de dollars, ont également été rapatriés en urgence par avion. Ainsi, 147 chevaux bloqués à Doha après l’annulation de compétitions internationales ont été acheminés par route sur 350 km jusqu’à Riyad (où l’espace aérien restait ouvert), puis par deux Boeing 777F cargo de Qatar Airways vers Liège, en Belgique. Ces animaux, issus de plusieurs nations et appartenant à des propriétaires fortunés, ont ainsi évité de rester prisonniers du conflit.

…tandis que des milliers de voyageurs restent bloqués
Le contraste est saisissant. Depuis le déclenchement du conflit fin février, les espaces aériens des Émirats arabes unis, du Qatar et d’autres pays du Golfe ont été fermés ou sévèrement restreints. Les aéroports de Dubaï, Doha et Abou Dhabi – véritables hubs mondiaux – ont vu des centaines de vols annulés. Emirates, Qatar Airways et Etihad ont suspendu une grande partie de leurs opérations. Des dizaines de milliers de passagers, dont plusieurs milliers de Français, se retrouvent coincés dans la région ou en transit, contraints d’attendre des réacheminements via des aéroports alternatifs comme Istanbul.

Le Moyen-Orient reste un marché stratégique pour Ferrari malgré les turbulences. La marque mise sur la résilience de sa clientèle très haut de gamme pour compenser les difficultés ailleurs (ralentissement en Chine, droits de douane aux États-Unis). Pour l’instant, ces livraisons exceptionnelles de bolides hors de prix restent marginales. Mais elles illustrent parfaitement la fracture entre deux mondes : d’un côté, des voyageurs ordinaires bloqués pendant des jours ; de l’autre, une élite pour qui le prix n’est plus un obstacle quand il s’agit de satisfaire un désir immédiat.

Trafic maritime du détroit d’Ormuz bloqué : les ultra-riches se font livrer leurs Ferrari par avion 1 Air Journal

@Qatar Cargo