La Federal Aviation Administration (FAA) a annoncé des projets d’amendes contre American Airlines, Southwest Airlines et l’opérateur de jets privés Spring City Jet, accusés d’avoir laissé reprendre le travail à des salariés ayant été contrôlés positifs à l’alcool ou aux stupéfiants sans respecter l’intégralité des tests de suivi imposés par la réglementation fédérale.
Dans un avis de sanction publié le 8 avril 2026, la FAA annonce qu’elle propose une pénalité civile de 255 000 dollars contre American Airlines pour violation présumée des règles relatives aux tests de drogue et d’alcool. Selon l’agence, entre mai 2019 et décembre 2023, 12 hôtesses et stewards ayant été contrôlés positifs ont été autorisés à reprendre des fonctions « sensibles pour la sécurité » – notamment des tâches en cabine – sans avoir achevé l’ensemble des tests de suivi requis par le programme de dépistage. Les personnels concernés auraient été déclarés positifs à divers produits, dont l’alcool, les amphétamines, la cocaïne, le cannabis et la méthamphétamine. La FAA allègue « qu’entre mai 2019 et décembre 2023, American a permis à 12 agents de bord ayant obtenu des résultats positifs à des tests de drogue et d’alcool de reprendre des fonctions sensibles pour la sécurité sans avoir effectué tous les tests de suivi obligatoires. »
La compagnie dispose de 30 jours pour répondre à l’avis d’infraction et présenter ses arguments avant toute décision définitive. Dans une déclaration transmise à la presse américaine, American Airlines a assuré : « La sécurité de nos clients et de nos équipes est primordiale. Nous prenons très au sérieux les tests de drogue et d’alcool et collaborons avec la FAA pour traiter toute problématique. »
Southwest Airlines confrontée à une sanction encore plus lourde
La low‑cost Southwest Airlines est elle aussi dans la ligne de mire du régulateur, pour des raisons similaires mais avec un spectre de personnels plus large. Dans un communiqué daté du 3 avril 2026, la FAA indique qu’elle propose une amende totale de 304 272 dollars contre Southwest, l’accusant d’avoir omis de réaliser l’intégralité des tests de suivi exigés pour 11 employés, parmi lesquels des pilotes, des personnels de cabine et des mécaniciens aéronautiques.
Ces salariés avaient déjà été contrôlés positifs à l’alcool ou à des drogues comme le cannabis, la cocaïne ou les amphétamines. Les infractions alléguées se seraient produites entre août 2021 et juillet 2024, période durant laquelle ces employés auraient continué à exercer des fonctions critiques pour la sécurité sans être soumis à l’ensemble des tests de suivi obligatoires, contrairement aux exigences de la réglementation fédérale.
Southwest dispose, elle aussi, de 30 jours pour répondre à la notification de la FAA. La compagnie a assuré avoir renforcé ses procédures. « Nous avons pris des mesures immédiates il y a plus de deux ans pour renforcer nos procédures ainsi que la surveillance et les responsabilités associées », a indiqué Southwest dans un communiqué, tout en disant coopérer avec le régulateur.
Un opérateur de jets privés également mis en cause
Au-delà des deux grandes compagnies, la FAA s’attaque aussi à un acteur plus discret du transport aérien américain : Spring City Jet, un opérateur de vols d’affaires basé à Milwaukee (Wisconsin). L’agence fédérale annonce une amende proposée de 56 000 dollars contre cette société, accusée de ne pas avoir garanti que tous ses employés effectuant des tâches sensibles pour la sécurité soient intégrés et suivis dans son programme de dépistage de drogue et d’alcool approuvé. D’après la FAA, cinq pilotes et un mécanicien aéronautique auraient été autorisés à exercer des fonctions critiques entre décembre 2023 et décembre 2024, sans que les tests prévus par le programme de l’entreprise aient été dûment réalisés. Là encore, l’opérateur dispose de 30 jours pour répondre à l’avis d’amende.
Comment fonctionnent les programmes de tests de drogue et d’alcool de la FAA ?
Aux États‑Unis, la Federal Aviation Administration impose aux compagnies aériennes et aux opérateurs certifiés de mettre en œuvre des programmes complets de dépistage de drogue et d’alcool couvrant l’ensemble des personnels exerçant des fonctions dites « sensibles à la sécurité » : pilotes, membres d’équipage de cabine, mécaniciens, mais aussi certains agents au sol.
Ces programmes doivent prévoir des tests dans plusieurs situations : le dépistage aléatoire, les tests en cas de suspicion raisonnable liée au comportement ou aux performances d’un salarié, les tests post‑accident ou incident, après certains événements opérationnels, ainsi que les tests de retour à l’aptitude (return‑to‑duty), et surtout tests de suivi sur une période prolongée après un résultat positif ou une violation avérée des règles.
Dans le cas présent, la FAA reproche aux compagnies non pas d’avoir ignoré les résultats initiaux, mais de ne pas avoir appliqué la totalité des exigences de suivi, cœur de la philosophie américaine de réintégration encadrée des salariés après un manquement, sous conditions très strictes.

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