SWISS mettra fin à la vente de produits détaxés à bord de ses vols à partir de la fin septembre 2026. La compagnie aérienne suisse rejoint ainsi une tendance observée chez plusieurs grands groupes qui ont déjà abandonné ce service, jugé peu rentable.
SWISS invoque une baisse marquée des ventes en vol. Une analyse interne a montré que la demande pour les produits duty‑free à bord ne suivait plus, alors que les passagers privilégient désormais les boutiques en ligne ou les commerces de l’aéroport. “Les passagers préfèrent comparer les prix depuis chez eux et acheter en ligne ou directement en aéroport”, constate la compagnie aérienne suisse. Le chariot de parfums, montres et bijoux n’attire plus comme il y a quelques décennies.
À la place du duty‑free à bord, SWISS transfère son offre vers sa boutique en ligne “Worldshop”, liée au programme Miles & More. Les clients pourront continuer à acheter certains produits hors taxe, mais depuis un site web plutôt que depuis le chariot de cabine. Des réductions de 25% au moins seront appliquées sur une sélection d’articles issus des stocks restants, jusqu’à épuisement des lots disponibles.
Une tendance déjà observée ailleurs
SWISS s’inscrit dans un mouvement plus large du secteur. United Airlines a supprimé la vente de produits duty-free à bord de ses vols en mars 2017, invoquant un net déclin des ventes et une concurrence accrue des boutiques duty-free en aéroport. Delta Air Lines et American Airlines avaient pris des décisions similaires quelques années plus tôt : Delta en août 2014 et American en mars 2015. Ces suppressions, officiellement liées à des désaccords contractuels avec leur prestataire, reflétaient également la baisse structurelle des achats impulsifs à bord face à l’amélioration de l’offre en aéroport et à la volonté des compagnies aériennes de réduire les coûts logistiques et le poids embarqué
Évolution du travel retail
Pour les souvenirs, montres ou parfums, les voyageurs devront passer par l’e‑commerce ou les boutiques aéroportuaires, qui bénéficient d’offres plus larges et d’une meilleure visibilité. Les fabricants et distributeurs de produits de luxe ont d’ailleurs concentré leurs efforts sur les aéroports et le digital, là où les volumes sont plus importants.
Cependant, un rapport du cabinet Kearney sur le duty‑free aéroportuaire souligne que les ventes dans les boutiques des hubs ne suivent pas la croissance du trafic aérien et que l’argument “prix bas” perd de sa force auprès des voyageurs. “L’image du duty‑free ‘moins cher qu’en ville’ est de plus en plus contestée”, souligne l’étude du cabinet, ajoutant que les passagers sont de plus en plus méfiants face aux écarts réels de prix.

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