Les départs en vacances des Français sont globalement restés stables, portés par la France et quelques destinations moyen-courrier, tandis que les réservations marquent nettement le pas dans un contexte géopolitique toujours tendu. Les intentions pour l’été confirment une saison sous pression, avec des Français plus attentistes et davantage tournés vers des destinations de proximité, selon les dernières données de l’Observatoire des vacances des Français des Entreprises du Voyage (EdV), réalisé par Orchestra.
Les Entreprises du Voyage (EdV) sont l’organisation professionnelle qui représente les agences de voyages et tour-opérateurs français, tandis qu’Orchestra est une plateforme technologique de distribution utilisée par ces acteurs pour commercialiser les séjours touristiques.
Avril 2026 : des départs stables malgré un contexte tendu
Le mois d’avril 2026 affiche une activité en léger mieux, avec un volume d’affaires en hausse de 1,3% par rapport à avril 2025, alors même que le nombre de dossiers recule de 0,5%. Cette progression tient à une augmentation du panier moyen, qui grimpe de 1,9% pour atteindre 1 888 euros par dossier. « Avril 2026 montre une activité globalement stable, dans un contexte géopolitique pourtant très incertain », souligne l’Observatoire des vacances des Français EDV/Orchestra. Comparé à mars, le mois d’avril marque un retour à une certaine stabilité sur les départs, alors que le secteur sort de plusieurs semaines d’incertitude liée à la crise au Moyen-Orient.
La France tire le marché des départs
L’équilibre du marché repose avant tout sur la destination France, qui enregistre une progression marquée du volume d’affaires de 8%, grâce à un bond de 9% du panier moyen. Les départs vers la France compensent ainsi le recul observé sur d’autres zones, notamment le long-courrier. Le moyen-courrier progresse légèrement, avec un volume d’affaires en hausse de 1%, soutenu lui aussi par l’augmentation du panier moyen. À l’inverse, le long-courrier reste en retrait par rapport à avril 2025, avec un volume d’affaires en baisse de 2%, pénalisé par une diminution du nombre de dossiers de 2%. « La demande sur le long-courrier apparaît encore fragilisée, dans un environnement international incertain », note l’étude.
L’Albanie et le Japon en forte hausse, les États-Unis décrochent
Le Top 3 des destinations reste inchangé, avec la France, la Tunisie et l’Espagne en tête des départs d’avril 2026. Si ces trois marchés restent en baisse en nombre de dossiers (Tunisie -4,2%, Espagne -2,9%, France -1,0%), le recul est plus modéré qu’en mars, ce qui traduit une amélioration relative de la dynamique.
Sur le moyen-courrier, plusieurs destinations se distinguent positivement : l’Italie bondit de 13,1%, l’Égypte de 11,0% et l’Albanie s’envole avec une progression spectaculaire de 273,2% en nombre de dossiers. « L’Albanie apparaît comme l’une des grandes gagnantes du printemps, en s’affirmant comme destination de report pour les voyageurs en quête de soleil à moindre risque », analyse l’Observatoire.
Le long-courrier offre un tableau plus contrasté. Certaines destinations affichent une nette reprise, à l’image de la Thaïlande (+4,8%), du Japon (+42,2%) ou du Cap-Vert (+3,9%). Mais d’autres reculent fortement : les États-Unis enregistrent la baisse la plus marquée avec -21,5% en nombre de dossiers, suivis par la Turquie (-30,8%) et le Vietnam (-8,7%).
Réservations : coup de frein en agences
Si les départs résistent, les réservations enregistrées en agences en avril 2026 confirment, elles, la dégradation de l’activité depuis le début de la crise au Moyen-Orient. Le volume d’affaires plonge de 12,6% par rapport à avril 2025, sous l’effet combiné d’une baisse de 7,3% du nombre de dossiers et de 5,7% du panier moyen, désormais à 1 613 euros.
« Les prises de réservation restent très largement orientées à la baisse, même si le recul s’atténue dans la deuxième quinzaine du mois », relève le baromètre, qui note un volume d’affaires limité à -6% sur cette période, comparé à la même quinzaine de 2025. Ces chiffres masquent toutefois des disparités marquées selon les zones géographiques et les destinations.
France stable, international en souffrance
L’analyse par zones géographiques est claire : la France se maintient quasiment à l’équilibre en volume d’affaires, avec un recul limité à 0,7% et une baisse de 3% en nombre de dossiers. Elle apparaît ainsi comme une zone relativement stable dans un marché en fort repli. En revanche, le moyen et le long-courrier sont nettement en souffrance. Les deux segments combinés affichent une baisse de 11% du nombre de dossiers, de 15% du volume d’affaires et de 4% du panier moyen. « D’une manière générale, la tendance sur l’étranger est orientée à la baisse, avec des performances très disparates selon les destinations et les opérateurs », souligne l’Observatoire.
La France représente désormais 46,4% des réservations en avril 2026, soit deux points de plus qu’un an plus tôt, et parvient ainsi à contrebalancer la baisse générale constatée sur l’étranger. L’Espagne résiste bien avec une baisse limitée à 1%, tandis que l’Égypte (-42,6%) et la Turquie (-35,8%) sont durement touchées. Quelques destinations moyen-courrier parviennent néanmoins à tirer leur épingle du jeu, comme l’Albanie (+511,4%), le Monténégro (+8,8%) ou Malte (+6,9%).
Long-courrier : des signaux très contrastés
Côté long-courrier, peu de destinations parviennent à s’imposer dans le Top 20 des réservations d’avril. Le Mexique (-36,4%), les États-Unis (-36,4%) et la Tanzanie (-26,1%) sont en forte baisse. À l’inverse, La Réunion progresse très fortement (+284,6%) et la République dominicaine gagne 19,8% en nombre de dossiers. « Le Top destinations reste néanmoins fortement marqué par la décroissance générale de la demande sur l’étranger », résume l’Observatoire. Ce repli, observé sur plusieurs marchés long-courriers habituellement porteurs, pèse sur la performance globale des agences.
La dernière minute gagne du terrain
Autre enseignement majeur du mois d’avril : la montée en puissance des réservations de dernière minute. Près d’une réservation sur deux (47,7%) a été effectuée pour un départ à moins de 30 jours, soit trois points de plus qu’en avril 2025.
À l’inverse, les réservations anticipées à plus de 90 jours reculent à 24,4%, contre 26,8% un an plus tôt. « Dans un contexte marqué par l’attentisme depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les Français semblent désormais fonctionner par à-coups dans leur prise de décision pour leurs futurs voyages », analyse le baromètre. Une tendance qui se révèle défavorable pour les départs d’été, dont les réservations restent en retard.
Été 2026 : une saison annoncée sous pression
Les réservations pour les départs estivaux de juillet-août 2026 demeurent orientées à la baisse par rapport à 2025. Le volume d’affaires recule de 8,5%, sous l’effet d’une diminution de 7,8% du nombre de dossiers, tandis que le panier moyen, quasi stable à 2 887 euros (-0,8%), ne suffit pas à compenser la faiblesse de la demande.
« Cette évolution confirme un ralentissement des prises de réservation pour la saison estivale », souligne l’Observatoire, qui constate une dynamique moins favorable qu’en 2025 et une prudence persistante des voyageurs dans leurs intentions de départ. Le long-courrier reste le plus affecté, avec un volume d’affaires en baisse de 17%, un recul de 14% du nombre de dossiers et un panier moyen en repli de 2%.
France en tête, Espagne et Albanie se démarquent
Pour l’été, toutes les zones géographiques sont orientées à la baisse, mais avec des intensités variables. La France enregistre un recul de 8% du nombre de dossiers comme du volume d’affaires, le panier moyen restant stable. Le moyen-courrier suit une tendance similaire, mais de manière plus modérée, avec une baisse de 6,4% des volumes et un panier moyen légèrement en hausse.
La France conserve sa première place dans le Top 20 des destinations estivales, malgré ce repli. L’Espagne, en deuxième position, se distingue en revanche avec une hausse de 3,5% du nombre de dossiers, alors que les destinations méditerranéennes voisines restent sous pression : Égypte (-26,3%), Portugal (-17,0%) et Grèce (-15,6%). L’Albanie poursuit sa spectaculaire progression, avec +270,3% pour les départs de l’été, confirmant son rôle de destination de report.
Sur le long-courrier, la plupart des destinations restent en repli, en particulier les États-Unis (-35,8%), la Tanzanie (-27,5%) et Maurice (-18,7%). Quelques marchés font toutefois exception, comme le Canada (+12,9%) et la République dominicaine (+16,3%).
Familles et duos dominent les vacances d’été
Les typologies de voyageurs confirment le poids des séjours familiaux dans les projets estivaux. Familles et duos concentrent 82% des réservations pour l’été 2026, les familles représentant à elles seules près de la moitié des dossiers (48%).
Ces deux segments sont toutefois orientés à la baisse, tant en nombre de dossiers qu’en panier moyen. Les solos suivent la même tendance, avec un recul marqué de 14,5%. « Les groupes d’amis se distinguent comme la seule typologie avec un panier moyen en hausse, malgré une baisse limitée du nombre de dossiers (-5,4%) », relève l’Observatoire des vacances des Français EDV/Orchestra.
Forfaits et circuits : des reculs différenciés
Par catégorie de séjour, les réservations pour l’été 2026 sont globalement en baisse. Les séjours à forfait (hors circuits) affichent le recul le plus limité du nombre de dossiers, à -7,0%, et se distinguent comme la seule catégorie avec un panier moyen en légère progression, à 2 954 euros.
Les hébergements seuls reculent davantage, avec une baisse de 8,7% des dossiers, pour un panier moyen quasi stable à 1 153 euros. Les circuits sont les plus impactés, avec une chute de 12,4% du nombre de dossiers et le recul le plus important du panier moyen (-3,6%), qui reste toutefois élevé, autour de 6 040 euros. « Les circuits souffrent pleinement du contexte international, malgré un positionnement haut de gamme qui maintient un panier moyen élevé », observe le baromètre.
Villes les plus réservées : Paris résiste, Tirana explose
Le classement des dix villes les plus réservées pour les départs de l’été 2026 confirme l’attrait des Français pour les destinations soleil. Paris conserve sa première place, avec une stabilité quasi parfaite (+0,1%).
La Grèce reste bien présente, malgré le recul marqué d’Héraklion et de Rhodes (toutes deux à -18,2%). La Tunisie est également représentée avec Djerba (-11,7%) et Tunis (-7,4%), toutes deux en baisse. À l’inverse, l’Espagne confirme sa bonne dynamique avec trois villes dans le Top 10 : Palma de Majorque (+0,7%), Tenerife (+17,6%) et Minorque (+0,8%). Tirana, en Albanie, signe l’une des plus fortes progressions avec +274,7%, illustrant le report vers des destinations méditerranéennes alternatives.
« Ce classement confirme l’intérêt marqué des Français pour les destinations méditerranéennes, malgré un contexte global de ralentissement des réservations », conclut l’Observatoire des vacances des Français EDV/Orchestra.

@Visit Tirana
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