La Fédération Nationale de l’Aviation et de ses Métiers (FNAM) alerte sur les risques opérationnels liés à d’importants travaux à l’aéroport de Paris-Orly. La réfection de la piste 4, prévue du 10 août au 17 décembre 2026, devrait entraîner une réduction significative de la capacité de la plateforme.

« Cette opération entraînera une réorganisation lourde pour les compagnies et fera peser des risques opérationnels sur ces dernières », met en garde la FNAM lors dans un communiqué. Selon les estimations relayées par la fédération, environ 3 000 vols pourraient être annulés, reportés ou transférés vers Paris-Charles de Gaulle pendant la période des travaux, surtout pendant le pic du trafic estival.

Une piste essentielle fermée pendant plus de quatre mois

La piste 4, également désignée 06/24 (3 650 m), fait l’objet d’une rénovation complète et d’une mise en conformité. Les travaux incluent la reprise de la chaussée, la reconfiguration du nœud de taxiways W42-W43, la rénovation de la voie W47 et d’autres aménagements techniques (balisage, ouvrages d’art). Ces interventions s’inscrivent dans le cadre du plan de modernisation à long terme de Paris-Orly.

La piste 4, qui arrive en fin de cycle de vie, présentait des signes d’usure nécessitant une intervention rapide. Sa fermeture débutera le 10 août 2026, avec une réouverture commerciale prévue le 17 décembre 2026 au plus tard. Pendant ces mois, l’aéroport fonctionnera avec une capacité réduite. Les compagnies aériennes devront adapter leurs programmes de vols, en privilégiant potentiellement la piste restante et en réorganisant les flux.

Groupe ADP (Aéroports de Paris), gestionnaire de l’aéroport francilien, mène un programme régulier de rénovation des pistes tous les 10-30 ans selon leur âge et leur usage. La piste 4 est la dernière des trois principales à subir une nouvelle intervention majeure en 2026, après que les pistes 2 et 3 aient été traitées récemment.

Des conséquences pour les compagnies et passagers

Les compagnies aériennes opérant de nombreux vols à Paris-Orly, comme la low cost Transavia, devront gérer ces contraintes en haute saison. Des modifications d’horaires, des réductions de fréquences ou des transferts vers Paris-CDG sont à prévoir.

Cité par la FNAM, Sébastien Justum, secrétaire général adjoint du groupe Air France-KLM, maison mère de Transavia, insiste sur la nécessité d’une coordination étroite : « Les compagnies aériennes devront cet été gérer une accumulation de contraintes importantes. Chacun de ces sujets nécessite une coordination extrêmement étroite entre l’ensemble des acteurs du transport aérien et une attention particulière de la part des services de l’Etat ».

Groupe ADP n’a pas encore détaillé publiquement toutes les mesures d’accompagnement, mais des communications spécifiques devraient être publiées dans les prochaines semaines. Les voyageurs sont invités à vérifier régulièrement le statut de leur vol auprès de leur compagnie aérienne et à anticiper des marges de temps supplémentaires, surtout entre août et septembre.

Ces travaux soulignent les défis d’infrastructures auxquels font face les plateformes aéroportuaires françaises, entre nécessité de modernisation et maintien d’une capacité opérationnelle élevée en période de pointe. Les mois à venir diront si la coordination promise permettra de limiter les perturbations pour les passagers.

Fermeture de la piste 4 à Paris-Orly pendant quatre mois : 3 000 vols impactés à partir d’août 1 Air Journal

©Groupe ADP