La low cost norvégienne Norse Atlantic Airways s’est officiellement mise en quête d’un repreneur, quelques années seulement après ses débuts sur le long‑courrier transatlantique. La direction a mandaté la banque américaine JPMorgan pour piloter un processus de vente, qui doit s’ouvrir dans les prochains mois.
Norse Atlantic a été lancée en 2021 pour reprendre le segment du low cost long‑courrier laissé vacant par Norwegian, qui avait abandonné ses lignes transatlantiques en pleine crise du Covid. Elle exploite des Boeing 787 entre l’Europe et l’Amérique du Nord, avec une promesse de tarifs bas vers New York, Miami, Orlando ou Los Angeles. Mais le modèle reste fragile. Le transport long‑courrier à bas coûts a déjà fait plusieurs victimes, de Primera à Wow Air, sans oublier le retrait de Norwegian de ce marché. Norse Atlantic subit à son tour le choc de la hausse du carburant, des coûts d’aéroport et d’une demande plus volatile que prévu sur certaines routes.
Mandat à JPMorgan pour trouver un repreneur
Aussi, Norse Atlantic a mandaté JPMorgan Chase pour « mener un processus de vente qui devrait débuter dans les prochains mois ». La compagnie se dit ouverte à différents scénarios : prise de participation significative, fusion avec un acteur concurrent ou cession totale du capital. En parallèle, la low cost a lancé ces dernières semaines « un vaste programme de réduction de coûts et d’optimisation de la flotte », afin de rendre le dossier plus attractif pour d’éventuels investisseurs.
Augmentation de capital et besoin de liquidités
Au printemps, Norse Atlantic a déjà annoncé une augmentation de capital d’environ 110 millions de dollars, sous forme de droits préférentiels de souscription. L’objectif est de renforcer ses fonds propres et de gagner du temps pour mener à bien le processus de vente. En attendant, la low cost a souscrit une facilité de crédit de 70 millions de dollars pour couvrir ses besoins de trésorerie à court terme. « Norse Atlantic Airways a besoin de davantage de latitude pour poursuivre sereinement ses activités », résume-t-elle dans les documents présentés à ses actionnaires.
Une restructuration de l’offre en cours
Pour limiter les pertes, la low cost a coupé certaines routes saisonnières et réduit la voilure sur des lignes jugées insuffisamment rentables. Elle mise davantage sur la location avec équipage (wet lease) de ses Boeing 787 à d’autres compagnies aériennes, une activité moins visible du grand public mais susceptible d’apporter des revenus plus stables. Parallèlement, elle a réorganisé son programme estival pour concentrer sa capacité sur les liaisons les plus demandées, notamment entre Londres, Paris, Oslo et les grands aéroports américains. Cette flexibilité est un atout, mais elle révèle aussi une difficulté à stabiliser un réseau pérenne de lignes low cost transatlantiques.
Un dossier qui pourrait intéresser des groupes plus solides
Le processus de vente pourrait susciter l’intérêt de groupes aériens disposant déjà d’un réseau long‑courrier, à la recherche d’avions disponibles et de créneaux sur des aéroports très demandés. Les Boeing 787 de Norse Atlantic, relativement récents et économes en carburant, constituent un élément central de la valeur de la compagnie.
Pour l’instant, aucun nom de candidat n’a filtré et la direction insiste sur le fait qu’« aucune offre ni aucun accord n’est en cours de discussion ». Reste que la mise en vente de Norse Atlantic illustre, une fois encore, la difficulté de faire vivre durablement un modèle low cost sur le long‑courrier, dans un environnement où la volatilité du carburant et les chocs géopolitiques peuvent rapidement faire vaciller les business plans les plus ambitieux.

@Avinor
NDR a commenté :
30 mai 2026 - 16 h 34 min
Norwegian bis non plus n’a pas marché, il fallait ré décoller avec des a321LR