Une confusion entre nationalités mauricienne et mauritanienne a conduit au refus d’embarquement de sept passagers à l’aéroport de Nice, le 2 juin. Un incident révélateur des enjeux liés aux contrôles documentaires opérés par les compagnies aériennes.

Une confusion aux conséquences immédiates

Un simple vol intra-Schengen s’est transformé en incident administratif à l’aéroport de Nice Côte d’Azur. Le mercredi 2 juin, sept passagers en partance pour Rome à bord d’un vol easyJet se sont vu refuser l’embarquement à la suite d’une erreur d’interprétation de leur nationalité. Selon Nice-Matin, à l’origine de l’information, une agente d’escale aurait confondu des passeports mauriciens avec des documents mauritaniens. Or, cette distinction est déterminante en matière de formalités d’entrée dans l’espace Schengen.

Le groupe, composé de cinq ressortissants mauriciens et de deux Français, incluait notamment « une femme de 90 ans accompagnée d’une assistante », précise le quotidien régional.

Maurice n’est pas la Mauritanie

La confusion repose sur une réalité réglementaire claire. Les ressortissants de Maurice sont exemptés de visa pour les courts séjours dans l’espace Schengen. Les ressortissants de Mauritanie, en revanche, sont soumis à visa.

D’après le témoignage rapporté par Nice-Matin, « les amis mauriciens […] ont expliqué qu’ils n’en avaient pas. Elle leur a répété qu’il leur fallait un visa ». La situation se serait envenimée lorsque « la personne au comptoir […] explique qu’elle a devant elle cinq passeports mauritaniens ». Une erreur d’identification pourtant facilement vérifiable, les passeports indiquant explicitement « Republic of Mauritius ».

Le rôle clé du contrôle documentaire

Dans le transport aérien, la vérification des documents de voyage incombe en premier lieu à la compagnie aérienne, via ses agents d’escale ou ses sous-traitants. Cette obligation découle notamment des règles européennes relatives à la responsabilité des transporteurs (directive 2001/51/CE). Les agents s’appuient généralement sur des bases de données comme Timatic (IATA) pour déterminer les exigences d’entrée selon la nationalité, la destination et le type de document présenté. Une erreur de sélection ou d’interprétation dans ces systèmes peut entraîner un refus d’embarquement, les compagnies préférant éviter des amendes administratives ou la prise en charge d’un passager refoulé à destination.

Intervention de la PAF et réacheminement

Face au blocage, la Police aux frontières (PAF) a finalement été sollicitée pour arbitrer la situation. Son intervention a permis de confirmer l’absence d’obligation de visa pour les passagers concernés. Mais cette clarification est intervenue trop tard pour permettre l’embarquement sur le vol initial. Les passagers ont été replacés sur un vol ultérieur vers Rome et ont reçu des bons de restauration en compensation.

EasyJet à Nice : sept passagers refoulés après une erreur entre Maurice et Mauritanie 1 Air Journal

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