La Commission européenne a actualisé en juin sa liste de sécurité aérienne et y a ajouté Air Express Algeria, désormais interdite de vol dans l’Union européenne. Cette décision, fondée sur de « graves préoccupations en matière de sécurité », s’inscrit dans un mécanisme réglementaire ancien, très suivi par les autorités de l’aviation civile et directement transposé en France début juillet. Les compagnies du Kirghizistan en sortent.
Air Express Algeria ajoutée à la liste noire de l’UE, une première pour l’Algérie
La compagnie algérienne Air Express Algeria figure depuis le 9 juin 2026 sur la liste de sécurité aérienne de l’Union européenne, dite EU Air Safety List. La Commission explique que cette inscription découle d’évaluations menées avec des experts des États membres et l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA), ayant mis en évidence de « graves préoccupations en matière de sécurité » et des lacunes dans le respect des normes internationales.
La conséquence est immédiate : Air Express Algeria ne peut plus opérer vers l’Union européenne, depuis l’Union, ni survoler son espace aérien. La compagnie rejoint ainsi un petit groupe de transporteurs visés individuellement pour des déficiences de sécurité jugées graves, en dehors des flottes nationales déjà frappées d’interdiction globale.
Il s’agit de la première compagnie algérienne inscrite sur cette liste depuis sa création en 2006, ce qui confère à la décision une portée symbolique forte au regard de l’écosystème aérien algérien. Air Express Algeria, opérateur spécialisé dans les missions liées à l’industrie pétrolière et gazière, n’est pas Air Algérie : la mesure ne vise donc pas le transporteur national, qui continue d’exploiter ses liaisons vers l’Europe. Air Express Algeria opère entre 14 et 15 appareils selon les sources : des biturbopropulseurs Beechcraft 1900D Airliner de 18 sièges et des Let L‑410 UVP‑E20 de 18 sièges également.
Pourquoi l’UE agit ainsi
La liste européenne ne sert pas seulement à empêcher des vols vers l’UE. Elle a aussi une fonction d’alerte pour les passagers et de levier réglementaire sur les autorités de l’aviation civile concernées, y compris pour des transporteurs qui n’exploitent aucun service commercial vers l’Europe. Bruxelles insiste sur cet effet incitatif, en rappelant que la mise sous surveillance pousse souvent les États à renforcer leur contrôle pour éviter une inscription. « C’est un puissant outil de prévention », souligne la Commission européenne, estimant que les pays placés sous surveillance tendent à améliorer leur supervision de la sécurité pour éviter de voir leurs compagnies figurer sur la liste.
Le Kirghizistan sort de la liste
La même mise à jour a eu l’effet inverse pour le Kirghizistan : tous les transporteurs certifiés dans le pays ont été retirés de la liste noire, après des « progrès accomplis » par les autorités kirghizes en matière de supervision de la sécurité aérienne. La Commission souligne qu’il s’agit d’une reconnaissance des efforts menés sur le long terme pour renforcer l’encadrement du secteur.
Au total, la liste publiée en juin 2026 compte 154 compagnies aériennes interdites d’exploitation dans le ciel européen, dont 126 certifiées dans 16 États pour insuffisance de supervision nationale, 22 transporteurs certifiés en Russie, et 6 compagnies individuelles d’autres pays, parmi lesquelles Air Express Algeria.
Contexte aéronautique
La EU Air Safety List, souvent qualifiée de « liste noire », est mise à jour régulièrement depuis 2006 et constitue l’un des outils les plus visibles de la politique européenne de sécurité aérienne. Elle ne se limite pas aux compagnies : elle peut aussi viser des États entiers lorsque leur autorité de supervision est jugée défaillante, ainsi que certains transporteurs individuellement lorsqu’un problème spécifique de sécurité est établi.
Ainsi, l’UE liste d’abord des États où la supervision de l’aviation civile est jugée insuffisante (Afghanistan, RDC, Congo‑Brazzaville, Guinée équatoriale, Érythrée, Liberia, Sierra Leone, Soudan, Suriname, Tanzanie, Russie…), dont tous les transporteurs sont bannis de l’espace aérien européen. D’autres compagnies sont ciblées individuellement – Air Zimbabwe, Avior Airlines (Venezuela), Blue Wing Airlines (Suriname), Iraqi Airways, Fly Baghdad, Air Tanzania – tandis qu’Air Koryo (Corée du Nord) et Iran Air restent autorisées uniquement avec certains appareils spécifiques.

NDR a commenté :
29 juillet 2026 - 8 h 42 min
Je ne vais pas réagir le 1er mon frère berbère @CZL va dire que je suis pas objectif 🤣
J’attends les explications de mon compatriote banu hilal marocain @Brahim Ghzli pour nous expliquer le degré du complotisme dans cette décision 😆