Un Boeing 787-9 Dreamliner de Biman Bangladesh Airlines, en route de Toronto vers Dacca via Rome, a été immobilisé près de quarante heures à l’aéroport de Fiumicino après la détection d’une panne technique. Si l’appareil a finalement rejoint le Bangladesh dimanche, l’épisode a mis en lumière les difficultés de prise en charge de passagers en transit, dont une partie ne pouvait légalement entrer sur le territoire italien.
Un arrêt carburant à Rome prolongé par une panne
Ce devait être une escale technique ordinaire. Vendredi 7 août, le vol BG306 de Biman Bangladesh Airlines, reliant Toronto à Dacca avec une escale à Rome-Fiumicino, s’est posé vers 7 h 20 locales pour un ravitaillement en carburant. Le Boeing 787-9 Dreamliner immatriculé S2-AJY, qui transportait 259 passagers, avait quitté Toronto la veille au soir.
Mais une anomalie technique détectée au sol a empêché l’avion de reprendre sa route vers le Bangladesh. Biman a alors indiqué qu’une « panne technique imprévue » avait été identifiée et que les inspections comme les opérations de dépannage se poursuivaient « dans l’intérêt de la sécurité et de la sûreté des passagers ».
L’avion a été placé en situation AOG — Aircraft on Ground, le terme employé dans l’industrie pour désigner un appareil indisponible jusqu’à réparation et remise en service. Une équipe locale et les techniciens présents avec le vol n’ont pas réussi à résoudre le problème dans les premières heures. La compagnie a finalement acheminé depuis Dacca des pièces détachées ainsi que des ingénieurs supplémentaires, à bord du vol BG305.
Près de quarante heures d’attente à Fiumicino
Le délai technique s’est rapidement doublé d’une crise de prise en charge. Des passagers ont déclaré avoir attendu environ huit heures à bord avant de pouvoir rejoindre l’aérogare, évoquant également un fonctionnement insuffisant de la climatisation. La situation s’est révélée particulièrement complexe pour les voyageurs en transit ne disposant pas des documents requis pour franchir le contrôle frontalier italien. Selon les informations rapportées par la presse bangladaise, au moins 174 détenteurs de passeports bangladais — parmi lesquels des personnes âgées, des femmes et des enfants — n’ont pas été autorisés à quitter la zone aéroportuaire pour rejoindre un hôtel.
Biman avait initialement affirmé avoir prévu des chambres et des repas pour l’ensemble des clients concernés. Mais l’accès aux hôtels dépendait de l’autorisation d’entrée sur le territoire italien : les passagers disposant notamment de passeports canadien ou américain auraient pu franchir l’immigration, tandis qu’une grande partie des autres voyageurs est restée dans les salons ou zones de transit de l’aéroport.
Cette distinction a placé la compagnie face à une contrainte opérationnelle classique mais redoutable lors d’une longue immobilisation à l’étranger : organiser l’hébergement ne suffit pas lorsque les passagers n’ont pas le droit de passer la frontière. Les difficultés signalées ont porté sur l’accès aux médicaments, à l’alimentation pour nourrissons et aux produits de première nécessité, dans un contexte particulièrement éprouvant pour les familles et les personnes vulnérables.
Pièces et ingénieurs envoyés de Dacca
L’arrivée des pièces et de l’équipe de maintenance dépêchée par Biman a permis de relancer les travaux samedi. Après réparation, l’appareil a été soumis aux contrôles techniques et de sécurité requis avant d’être autorisé à reprendre son exploitation.
Le BG306 a finalement quitté Rome samedi vers 23 heures locales, soit environ 39 heures après son heure prévue de départ de Fiumicino. Il s’est posé à l’aéroport international Hazrat Shahjalal de Dacca dimanche à 12 h 30 locales. La compagnie n’a, à ce stade, pas précisé la nature exacte de la défaillance ayant affecté le 787-9.

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