Alors que la France connaît plusieurs épisodes de fortes chaleurs cet été, certains voyageurs regardent vers le nord de l’Europe. Dans ce contexte, la « coolcation » s’impose peu à peu dans le vocabulaire du ourisme.
Ce mot-valise, formé à partir de cool et vacation, désigne le choix de vacances dans des régions au climat plus tempéré. L’idée est simple : partir là où les températures permettent encore de randonner, visiter des villes ou pratiquer des activités de plein air dans de bonnes conditions.
L’Irlande et l’Écosse figurent parmi les destinations associées à cette recherche de fraîcheur. Leurs étés restent généralement plus doux que dans le sud de l’Europe. La météo y demeure toutefois changeante, avec de la pluie, du vent et des variations rapides.
L’Irlande en hausse
L’Irlande enregistre un début d’année touristique dynamique. Entre janvier et juin 2026, le pays a accueilli plus de 3,2 millions de visiteurs étrangers avec nuitée, soit une hausse de 15% par rapport à la même période de 2025. Les dépenses de ces visiteurs ont atteint 2,6 milliards d’euros, en progression de 18%. Le mois de juin confirme cette activité, avec 670 300 visiteurs étrangers, en hausse de 2% sur un an. Près d’un voyageur sur deux venait pour les vacances, les loisirs ou les activités récréatives.
Ces chiffres ne permettent pas d’isoler le poids de la « coolcation ». Ils montrent néanmoins que l’Irlande attire davantage de visiteurs internationaux. Ses paysages côtiers, ses routes panoramiques et ses séjours axés sur la nature correspondent aux attentes d’une clientèle en quête de grand air.
La Wild Atlantic Way, les reliefs du Kerry ou les côtes du comté de Cork figurent parmi les principaux atouts. La destination bénéficie aussi de liaisons aériennes directes au départ de plusieurs aéroports français, selon les périodes et les programmes des compagnies.
L’Écosse, entre culture et nature
L’Écosse offre un autre exemple de cette tendance, avec un avantage particulier : l’association entre paysages naturels et grands rendez-vous culturels. Les Highlands, les lochs et les îles attirent les amateurs de randonnée, de routes panoramiques et de séjours en plein air. À Édimbourg, le Festival Fringe se déroule du 7 au 31 août 2026. Cet événement soutient fortement la fréquentation de la capitale écossaise pendant l’été.
Selon Amadeus, les arrivées aériennes internationales à destination d’Édimbourg en août devraient progresser de 16% sur un an. La France représenterait 9% de ces arrivées internationales estimées. Cette évolution doit cependant être interprétée avec prudence : elle reflète aussi l’effet du Festival Fringe et la forte saisonnalité du mois d’août. À Glasgow, l’aéroport prévoit 1,31 million de passagers au départ entre juin et fin août, soit une hausse de plus de 5% par rapport à l’été précédent.
L’alternative maritime
Une autre manière de découvrir l’Irlande et l’Écosse consiste à emprunter la voie maritime. Les croisières permettent de relier, au sein d’un même itinéraire, les rivages irlandais, les Hébrides, les lochs écossais et plusieurs villes portuaires.
Elles donnent accès à des îles, des baies et à des portions de littoral parfois plus difficiles à intégrer dans un circuit routier classique. Elles évitent aussi les changements fréquents d’hôtel : la cabine reste le point de départ des escales, tandis que la navigation devient une activité à part entière.
Les passagers peuvent ainsi alterner visites culturelles, excursions dans les paysages côtiers et temps de repos à bord. Des itinéraires existent autour des rivages celtiques. Le canal calédonien permet également une découverte plus intérieure des Highlands et du Loch Ness.
| Voyagiste / opérateur | Offre ou type de croisière | Itinéraire et points forts |
|---|---|---|
| ABCroisière | Sélection « Îles Britanniques » | Le distributeur référence des croisières en Écosse, en Irlande et en Angleterre, notamment avec Costa, Royal Caribbean et Cunard. Les départs sont proposés, selon les programmes, depuis Le Havre, Southampton ou Hambourg |
| Voyages d’exception | « Mythes et légendes du Nord : croisière dans les pays celtes » | Croisière guidée en français, avec conférencier dédié, prévue en 2027. L’itinéraire associe notamment l’Irlande, Belfast, Glasgow, les Shetland et le Loch Ness |
| Ponant | « De l’Écosse à l’Irlande : voyage en terres celtiques » | Croisière de 8 jours et 7 nuits entre Glasgow et Dublin, via l’île de Man et l’île de Mull. Cette offre est annoncée pour 2028 à bord du Lapérouse |
| Les Voyages de Sophie | « Les rivages celtiques » | Croisière haut de gamme en Irlande et en Écosse, à bord d’un navire de petite capacité. Les escales citées comprennent Dublin, Oban, Stornoway, Stromness, Iona, Staffa et Saint-Kilda |
| PromoCroisière | Croisière Virgin Voyages Irlande, Écosse et Islande | Circuit de 16 jours et 15 nuits à bord du Valiant Lady, au départ de Portsmouth. Il prévoit des escales à Dublin, Greenock et Stornoway avant la poursuite vers l’Islande |
Une tendance encore hétérogène
La « coolcation » ne constitue pas encore un phénomène mesurable de manière uniforme dans toute l’Europe du Nord. Les données disponibles donnent des signaux positifs pour l’Irlande et certaines villes écossaises.
L’Islande, autre destination souvent associée aux vacances au frais, a par exemple accueilli 790 007 passagers à l’aéroport de Keflavík en juin, soit 7,4% de moins qu’un an plus tôt. En Norvège, le trafic international est resté stable en juin, tandis que le trafic total des aéroports du pays a diminué de 2%.
Longtemps privilégié en été, le sud de l’Europe voit son attractivité interrogée par la répétition des canicules. Les vacanciers adaptent progressivement leurs choix, en recherchant davantage de fraîcheur et de confort climatique. La recomposition des flux touristiques semble engagée, mais il reste encore trop tôt pour identifier clairement les destinations qui en bénéficieront durablement. Elle se combine avec d’autres facteurs : le prix des billets, l’offre de vols, les événements culturels, les paysages et le niveau de dépenses sur place. Pour l’Irlande et l’Écosse, la tendance est visible. Elle reste à confirmer dans la durée.

@J.Duncan/VisitScotland
Aucun commentaire !