Les États-Unis préparent une nouvelle phase de leur campagne de pression économique contre l’Iran, qui pourrait désormais toucher directement le transport aérien. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a cité les compagnies aériennes et les sociétés de location d’avions parmi les secteurs susceptibles d’être visés, dans le cadre d’un dispositif qui expose également les courtiers, fournisseurs de pièces, assureurs et prestataires de maintenance étrangers travaillant avec l’aviation iranienne.

Les compagnies aériennes dans le viseur de Washington

Après les banques, le pétrole et le transport maritime, l’aviation pourrait devenir l’un des prochains champs d’application des sanctions américaines contre l’Iran. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a déclaré le 2 septembre que les compagnies aériennes, l’industrie maritime et les actifs numériques figuraient parmi les cibles potentielles de la campagne américaine destinée à accentuer l’isolement économique de Téhéran.

Interrogé sur Fox News, après la réunion des ministres des Finances du G20 organisée à Asheville, en Caroline du Nord, le responsable américain a lancé un avertissement très large aux soutiens du régime iranien : « mon message à tous est : restez à l’écart ». Il a ajouté : « nous voulons tous que ce conflit s’arrête, et le moyen le plus rapide est que personne ne fournisse plus de soutien à ce régime ».

La veille, Scott Bessent avait déjà évoqué la possibilité de prendre des mesures contre les sociétés de leasing aéronautique, ainsi que contre toute entreprise faisant affaire avec les Gardiens de la révolution islamique (IRGC). À ce stade, Washington n’a toutefois identifié publiquement ni compagnie aérienne, ni loueur, ni fournisseur aéronautique appelé à être sanctionné.

Une base juridique élargie depuis le 24 août

La menace repose sur un changement réglementaire déjà entré en vigueur. Le 24 août 2026, l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), bras du Trésor américain chargé des sanctions, a officiellement étendu le champ de l’Executive Order 13902 à cinq secteurs de l’économie iranienne : l’aviation, les actifs numériques, l’or, le transport maritime et les technologies.

Le document de l’OFAC est explicite : « toute personne dont il serait établi qu’elle opère dans ces secteurs peut être soumise à des sanctions ».  Cette rédaction est particulièrement importante pour l’écosystème aéronautique international. Elle ne vise pas uniquement les transporteurs immatriculés en Iran : elle peut, en théorie, concerner une personne ou une entreprise située hors d’Iran dès lors que Washington considère qu’elle opère dans le secteur aérien iranien ou qu’elle fournit un soutien significatif à des acteurs visés.

Autrement dit, la question ne se limite plus à la vente directe d’un avion à une compagnie iranienne. Les montages de location, les transactions passant par des intermédiaires, l’assistance technique, la fourniture de composants, les services d’assurance, les réparations ou la gestion d’actifs peuvent tous devenir des sujets de conformité sensibles.

L’aviation au cœur de la pression américaine

Cette offensive s’inscrit dans l’« Operation Economic Outcast », lancée par le Trésor américain le 24 août et présentée par Washington comme une campagne gouvernementale coordonnée contre les sources de revenus et les réseaux financiers de l’État iranien et des Gardiens de la révolution. Dans son communiqué, le Trésor américain affirme que l’Iran emploie ses compagnies aériennes « prétendument commerciales », dont « beaucoup » seraient contrôlées par le régime ou les Gardiens de la révolution, afin de transporter des combattants, des armes, des technologies sensibles, mais aussi de l’or et des liquidités à destination de ses alliés et groupes affiliés.

Pour les grands loueurs internationaux, les transactions directes avec l’Iran étaient déjà largement incompatibles avec le régime américain de sanctions et avec les contraintes liées aux technologies d’origine américaine. La nouveauté réside davantage dans l’élargissement du risque pour les activités indirectes ou périphériques : structures de financement, véhicules de leasing, intermédiaires commerciaux, sociétés de gestion d’actifs, négociants en pièces, ateliers de maintenance et assureurs.

Une aviation iranienne déjà sous fortes contraintes

L’aviation civile iranienne évolue depuis longtemps dans un environnement contraint par les sanctions américaines et internationales. L’accès aux avions occidentaux récents, aux pièces d’origine et aux services de maintenance agréés a été fortement limité, contribuant au vieillissement d’une partie de la flotte exploitée dans le pays. Les compagnies iraniennes se sont ainsi tournées, selon les périodes, vers des appareils plus anciens, des acquisitions via des intermédiaires ou des avions d’origine russe et chinoise.

Washington élargit sa pression sur l’Iran : les compagnies aériennes, les loueurs... dans le viseur 1 Air Journal

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