Volotea réduit son programme de vols pour l’hiver 2026-2027, avec des conséquences sensibles dans plusieurs aéroports régionaux français. Nantes, Lille, Bordeaux, Brest, Lyon, Marseille, Rodez, Strasbourg ou Toulouse sont concernés par des suppressions de lignes et de fréquences, dans un contexte de flambée du prix du kérosène et de restructuration financière de la low cost espagnole.
Spécialisée dans les liaisons directes entre villes provinciales, Volotea devrait réduire son offre de 10% à 11% entre novembre 2026 et février 2027, par rapport à l’hiver précédent, selon le fournisseurs de données aériennes Cirium. Ces annulations interviennent alors que l’ensemble du secteur aérien fait face à une hausse brutale du prix du carburant, dans le sillage de la guerre au Moyen-Orient. Mais elles reflètent aussi les difficultés propres à la compagnie aérienne espagnole, dont l’endettement issu des crises du Covid et de la guerre en Ukraine s’ajoute au choc actuel sur les coûts d’exploitation. Aussi, sa flotte de monocouloirs Airbus devrait passer de 44 à 30-35 appareils, alors qu’elle pourrait passer sous le contrôle de la compagnie aérienne grecque Aegean Ailines.
Bordeaux et Lille très touchés
Bordeaux-Mérignac figure parmi les plateformes les plus affectées. Le nombre de vols opérés par Volotea au quatrième trimestre serait inférieur de 35% à celui de la même période de 2025, selon les données citées par 20 Minutes. Plusieurs liaisons saisonnières disparaissent temporairement du programme, notamment vers Lanzarote, Fuerteventura, Tenerife-Sud, Bari, Naples, Prague, Rome ou Charleroi.
À Lille-Lesquin, les suppressions sont encore plus visibles pour les voyageurs. Environ 700 vols au départ ou à destination de l’aéroport doivent être annulés entre le 1er octobre et le printemps 2027, selon les chiffres rapportés par La Voix du Nord et confirmés à France 3 Hauts-de-France. Près de 100 000 passagers pourraient être concernés par la réduction d’offre sur des destinations en Espagne, au Maroc, en Grèce, en Turquie, en Italie et ailleurs en Europe.
Selon la low cost, les vols les moins remplis, ou ceux pour lesquels elle anticipe une demande insuffisante pendant les mois d’hiver, sont prioritairement concernés. Tous les vols ne sont donc pas supprimés : certaines dessertes sont conservées pendant les vacances de la Toussaint et de Noël.
Nantes, Brest et les autres bases
À Nantes-Atlantique, les annulations touchent des voyageurs déjà détenteurs de billets, parfois à quelques jours de leur départ. Une passagère interrogée par Ouest-France devait par exemple revenir de Copenhague le 9 octobre. Après l’annulation, elle a dû envisager un retour par Strasbourg, avec une nuit d’hôtel puis un trajet ferroviaire vers Nantes.
La réduction de l’offre concerne aussi Brest-Bretagne, où la low cost prévoit de placer sa base en « hibernation » pendant la saison hivernale. Les liaisons hivernales vers Tenerife et Lanzarote ont notamment disparu du programme. La baisse du nombre de vols Volotea atteindrait 30% à Brest-Bretagne au quatrième trimestre 2026, selon les données de Cirium.
À Rodez-Aveyron, Volotea doit arrêter plus tôt que prévu plusieurs liaisons saisonnières. À compter du 5 octobre, seule la ligne vers Paris doit être maintenue régulièrement dans le cadre d’une délégation de service public (DSP). La desserte de Strasbourg est annoncée de retour en décembre, notamment pour la période des marchés de Noël. La base doit aussi entrée en « hibernation » cet hiver.
Les aéroports de Lyon, Marseille, Toulouse et Strasbourg sont aussi concernés par des réductions de programme. Selon les informations sectorielles publiées en Espagne, Lyon perdrait six routes hivernales, tandis que Marseille, Toulouse et Strasbourg voient également des dessertes retirées de la vente.
Volotea invoque un contexte instable
Dans un communiqué transmis à France 3 Hauts-de-France, Volotea explique que « le secteur aérien continue d’évoluer dans un contexte complexe, marqué par l’instabilité géopolitique et opérationnelle ainsi que par le niveau élevé des prix du carburant ». Elle ajoute avoir procédé « à certains ajustements anticipés de [son] programme hivernal, entraînant l’annulation de certains vols ».
La low cost espagnole assure que ces suppressions constituent les derniers ajustements prévus en 2026. « Aucune autre annulation n’interviendra en 2026 », affirme-t-elle, tout en reconnaissant les difficultés posées aux passagers dont le voyage a déjà été réservé. Aux clients impactés, elle leur propose soit de modifier leur billet sans frais supplémentaires, soit de demander un remboursement intégral.

@Lille-Lesquin
Youpitof a commenté :
3 octobre 2026 - 12 h 01 min
Vous oubliez dans votre article les aéroports de Corse où Volotea a annulé la totalité de ces vols après le 5 Octobre laissant les passagers sans aucune solution de replis. Je ne comprends pas l’article EC261 qui permet aux compagnies d’annuler les vols sans frais 14 jours avant la date du vol, comment voulez vous vous organiser avec un délai aussi faible?
« Dernières annulations pour 2026 » dit-il! a commenté :
3 octobre 2026 - 12 h 04 min
…et on reprendra ça dans moins de 90 jours: alors nous serons en 2027!
Ah, la comm…..
Kyle a commenté :
3 octobre 2026 - 12 h 50 min
Il faut souhaiter le meilleur pour Volotea, qui a une place en complément des autres low cost.
Mais hélas la compagnie semble souffrir et les annulations décidée à brêve échéance ne sont pas rassurantes.
Quand à fermer des lignes en octobre déjà, comme l’année dernière au printemps, cela fait des saisons très courtes.
On est loin du plan d’expension, qui evoquait plusieurs avions à Brest, une base à Caen.
Plus du mode survie actuellement.
Pourvu que ça suffise à passer la mauvaise conjoncture actuelle.
A moins que le nouvel actionnaire, Aegean, décide d’un autre modèle, plus low cost / vacances vers la Grèce ?
Philippe a commenté :
3 octobre 2026 - 17 h 35 min
Il faut savoir que volotea est une très bonne compagnie aerienne et la moins chère par rapport aux autres compagnies low cost.
Il faut savoir aussi qu’il n’y à pas que volotea qui réduit sa voilure.
A voir maintenant avec les nouveaux actionnaires.
Matt a commenté :
5 octobre 2026 - 3 h 41 min
C’est justement parce qu’elle n’a pas su vendre les sièges au bon prix qu’elle va être la prochaine compagnie aérienne à disparaître. Une compagnie arienne n’est pas une association de bienfaisance. Voler, utiliser les aéroports, la maintenance, tout cela coûte très cher. Et ce n’est pas avec 35 euros le billet que ça va marcher. Elle perd de l’argent depuis son premier jour. Le prix du baril va l’achever. Toutes les autres low cost ont augmenté leurs prix. Ça ne les préserve pas pour autant mais voler à un coût.surtoit en Europe et surtout en France
pedro a commenté :
3 octobre 2026 - 17 h 57 min
bonsoir à tous , quelqu’un peut il eclairer ma lanterne?????
je sors d’une agence de voyage et ils m’ont annocé que volotea avait fait faillite,donc ma semaine aux canaries c’est terminé…
pouvez -vous m’en dire un peu plus????
pierre a commenté :
3 octobre 2026 - 21 h 55 min
@pedro: Volotea n’a pas fait faillite mais elle est proche de la faillite. Elle annule des centaines de vols.
@kyle et Philippe: Volotea n’a pas de nouveaux actionnaires, Aegean a dementi être interessée par une prise de controle. Il faut dire que Volotea c’est autour de 500 millions de dettes, compagnie qui perd de l’argent depuis le départ.
Matt a commenté :
5 octobre 2026 - 3 h 33 min
Volotea n’a pas fait faillite mais c’est une question de temps. Rustine après rustine financière…elle a réussi à tenir mais ça va se finir car il n’y aucune éclaircie du côté du prix du kérosène c’est même parti pour durer un bon moment. Volotea a eu de la chance en reprenant certaines lignes qu’on avaient interdites à Air France de faire pour préférer le train…et bien les gens prendront le train. Cest une compagnie qui a tout exploité tant qu’elle a pu, y crimpris ses PNC mais maintenant le temps se couvre… ne prenez pas de billets vous risqueriez de tout perdre
Greg765 a commenté :
5 octobre 2026 - 11 h 30 min
Non les restrictions liées aux alternatives en train sont les mêmes pour toutes les compagnies. Volotea ne peut pas reprendre des lignes devenues illégales pour le transport aérien.
Bertlondon a commenté :
5 octobre 2026 - 11 h 56 min
@Matt Visiblement vous avez une dent contre cette compagnie, vous travaillez peut-être à AF ? Cela ne doit pas vous autoriser à dire des inepties. Volotea n’a repris aucune ligne qui aurait été interdite d’exploitation à AF. Les lignes que le législateur a interdites (par exemple Bordeaux-Orly) car une solution rapide existe en train n’ont pas été reprises, par aucune autre compagnie aérienne. 2e point : vous prétendez que Volotea va faire faillite car les prix des billets sont trop bas. Oui, peut-être mais c’est plus compliqué que cela. Les prix de vente de Volotea ne sont pas aussi agressifs que Ryanair, ils sont même assez chers quand il n’y a pas de concurrence (ce qui est le cas de nombreux vols directs entre les aéroports régionaux). Le problème n°1 est celui de la couverture des prix d’achat du kérozène, qui n’avait pas anticipé les plafonds qu’on atteint actuellement. Volotéa étant contrainte d’augmenter ses prix sur de nombreuses liaisons, plusieurs vols ne pourront être remplis donc logiquement la compagnie les supprime, c’est du bon sens. Avant donc de parler de faillite, je pense que les mesures prises sont plutôt rassurantes car logiques. Et de plus il y a désormais une prise de participation de Aegean qi devrait apporter de l’argent frais pour passer les mois creux.
Rapporter de l’argent frais? Pas certain! a commenté :
5 octobre 2026 - 13 h 53 min
Il n’y a rien de moins sûr quant à l,apport d’argent frais de la part d,Aegean!
Aegean a DÉJÀ apporté de l’argent frais au moment de l’acquisition des 20% du capital de Volotea ( faite à un moment où Volotea était déjà mal en point financièrement par une augmentation de capital réservée que Aegean a entièrement souscrite.)…cet argent là a déjà été versé…et dépensé.
Puis Aegean a fait des prêts à Volotea: cet argent là aussi a DÉJÀ été versé…et dépensé…et Volotea a aujourd’hui quelques dettes envers Aegean.
L’objectif de Volotea aujourd’hui est de « restructurer sa dette »….avec tous ses créanciers – ou presque- et donc avec Aegean aussi.
Vous pensez bien qu’aucun créancier ne va simplement comme ça renoncer à ses créances pour les beaux yeux du PDG-fondateur de Volotea: il faut quelque chose de valeur en échange que les créanciers jugent acceptable.
Et, comme souvent, soit certains créanciers échangent leurs dettes contre certains actifs que la compagnie a en pleine propriété ( avions, créneaux sur des aéroports, portes d’embarquement….)…soit, s’ils estiment que la compagnie une fois restructurée peut reprendre une exploitation rentable, et donc « créer de la valeur » , comme disent les boursiers, ces créanciers peuvent échanger leurs dettes contre des actions…parfois suffisamment pour prendre le contrôle de la compagnie restructurée…
C’est ce dernier marché , echange créances-actions, qui est en discussion entre Volotea et Aegean….mais s’il se réalise, une chose est certaine: Volotea aura moins de dettes…mais sans apport d’argent frais de la part de Volotea!
Matt a commenté :
7 octobre 2026 - 0 h 36 min
Elle sera la prochaine à disparaître. Et en plus elle a essayé de récupérer des vols en continuité de service territorial sur la Corse. Heureusement que les syndicats sur place et politiques ont fait front , notemment à cause de cette situation financière catastrophique depuis le début. Cela aurait été un enfer poir les insulaires.