La compagnie espagnole Volotea a signalé à un tribunal de Barcelone l’ouverture de négociations avec ses créanciers. Cette démarche, distincte d’une mise en faillite, doit lui laisser le temps de réaménager sa dette et de trouver de nouveaux capitaux. En parallèle, Volotea prévoit de ramener sa flotte de 44 à 30 ou 35 avions, sans interrompre ses opérations pour l’heure.
Une procédure préventive, pas une faillite
Volotea a engagé devant le tribunal de commerce nº 9 de Barcelone une procédure dite de preconcurso, selon les informations rapportées les 29 et 30 septembre par Hosteltur et Europa Press. En droit espagnol, il s’agit d’une communication d’ouverture de négociations avec les créanciers, destinée à faciliter la recherche d’un accord avant une éventuelle procédure collective. Elle ne signifie donc ni que la compagnie a cessé ses paiements, ni qu’elle a arrêté ses vols.
Le calendrier est serré. La compagnie espère conclure ses discussions en décembre avec ses partenaires financiers, parmi lesquels figure la Sociedad Estatal de Participaciones Industriales (SEPI), organisme public espagnol qui lui avait accordé un prêt de 200 millions d’euros en 2022, dans le contexte de la crise sanitaire. Hosteltur évalue l’endettement de Volotea à environ 356 millions d’euros.
Volotea prépare également une augmentation de capital ouverte à plusieurs investisseurs. Alaeo, le véhicule d’investissement de son équipe dirigeante emmenée par son fondateur et directeur général Carlos Muñoz, s’est déjà engagé à y participer. Aegean Airlines et PAR Capital comptent parmi ses partenaires financiers, mais aucune prise de contrôle d’Aegean n’est annoncée, malgré des bruits de couloir évoqués il y a quelques jours.
Une flotte ramenée à 30 ou 35 avions
Pour les aéroports desservis, la conséquence la plus concrète pourrait venir du redimensionnement de la flotte. Volotea prévoit de passer de 44 appareils à une fourchette de 30 à 35, principalement des Airbus A320 : selon le scénario retenu, neuf à quatorze avions sortiraient ainsi du dispositif actuel. Environ 50 postes pourraient aussi être supprimés dans ses bureaux de Barcelone. La compagnie n’a toutefois pas détaillé les bases ni les lignes qui seraient touchées.
L’enjeu est particulièrement sensible pour un transporteur dont le modèle repose sur les liaisons directes entre villes européennes petites et moyennes. En juillet, avant l’annonce de ce plan, Volotea prévoyait encore environ 430 routes et 13 millions de sièges proposés en 2026. Elle indiquait disposer de bases dans plusieurs villes françaises, notamment Nantes, Strasbourg, Bordeaux, Toulouse et Brest. Carlos Muñoz assure néanmoins que l’activité se poursuit : « Nous continuons à voler normalement, à proposer de nouvelles lignes, à vendre des billets et à préparer notre programme futur », a-t-il déclaré.
Des revenus records, mais une perte nette
Les difficultés de Volotea ne tiennent pas à une absence de croissance de son chiffre d’affaires. La compagnie a publié 818 millions d’euros de revenus en 2025 et un résultat d’exploitation, ou EBIT, positif de 47,4 millions d’euros, contre 33,5 millions en 2024. Elle a toutefois enregistré une perte nette de 64 millions d’euros. Volotea attribue notamment ce résultat net à des éléments comptables exceptionnels, liés à la révision de certains actifs fiscaux et à des ajustements de conversion de devises.
À cette fragilité financière s’ajoute le renchérissement du carburant. Volotea estime à environ 150 millions d’euros son impact depuis mars 2026, dans un contexte de fortes tensions géopolitiques et de volatilité énergétique, selon les éléments de la compagnie relayés par Europa Press.
Volotea avait annoncé en mars avoir achevé, sous réserve d’une approbation de l’Union européenne, un précédent plan de renforcement du capital de 71 millions d’euros. Le nouveau chantier associe désormais recherche de fonds, négociation de la dette et réduction de la flotte. Son issue déterminera la capacité de la compagnie à préserver son réseau de liaisons directes entre villes européennes, au-delà du maintien actuel des vols.

Tony de Brest a commenté :
1 octobre 2026 - 13 h 16 min
Selon tourmag.com, dans une information mise en ligne le lundi 28 septembre 2026, Carlos Muñoz, PDG de Volotea, a adressé un message à ses salariés pour leur exposer la stratégie qu’il entend déployer afin de redresser la compagnie, avec un impératif central : la réduction de la dette.
Cette restructuration passera notamment par une diminution de la flotte l’an prochain, ramenée à 35 appareils, voire 30 selon l’issue des négociations en cours avec les loueurs. L’objectif est de conserver les avions les plus performants, de renforcer la présence des A320 au détriment des A319, et de concentrer l’activité sur les marchés les plus rentables, tout en abandonnant ceux dont les résultats sont insuffisants.
La stratégie vise également à privilégier et développer les marchés offrant des avantages structurels, tels que les lignes subventionnées de service public, celles régies par des accords bilatéraux — très fréquentées, notamment vers l’Algérie — ainsi que les routes où la concurrence des autres low-cost demeure limitée. C’est le cas, par exemple, de Florence, où la longueur de piste interdit l’exploitation des 737 MAX de Ryanair, de Nantes, où les créneaux sont saturés, ou encore des nouvelles bases comme Montpellier ou Ancône, en Italie.
S’agissant des fermetures de bases, Carlos Muñoz évoque plutôt une « hibernation » temporaire. C’est notamment le cas de Brest, dont l’activité sera suspendue durant l’hiver.
https://www.tourmag.com/Volotea-le-plan-du-PDG-pour-s-en-sortir_a133404.html
Philippe a commenté :
1 octobre 2026 - 15 h 49 min
C’est la meilleure compagnie surtout il ne faut pas qu’elle ferme elle est très importante pour plusieurs aéroports francais.
Il est vrai et certain que le coût du kérosène est la première dépense pour volotea et pour toutes les autres compagnies.
Greg765 a commenté :
3 octobre 2026 - 1 h 40 min
Meilleure compagnie je ne sais pas selon quel critère.
Ils ont quand même la fâcheuse habitude d’annuler des vols dès que le remplissage n’est pas au rendez vous. Et ce bien avant les difficultés récemment annoncées.
Et puis les horaires des vols sont parfois très tardifs, avec des arrivées programmées très tard (plus que chez la concurrence). Pas toujours pratique…
Philippe a commenté :
4 octobre 2026 - 21 h 54 min
Il faudrait faire la comparaison entre volotea et rayanair pour les annulations de vols quand ont voit rayanair partir sans rien dire et abandonner des aeroports
Pierre a commenté :
1 octobre 2026 - 17 h 14 min
Compagnie à éviter avec ses annulations massive. La faillite est proche et vous allez perdre tout votre argent.
Philippe a commenté :
4 octobre 2026 - 22 h 04 min
Il faudrait voir de pas trop exagérer sur la perte de tout votre argent.
Pensais quand même au personnels.
Matt a commenté :
1 octobre 2026 - 22 h 27 min
Volotea sera la prochaine à être victime du prix du pétrole après Spirit. Vu la dette qu’elle a elle est déjà morte. Un conseil ne réservez rien car si elle ferme bientôt , vous ne récupérerez rien.
Valéry Giscard d'Estaing a commenté :
1 octobre 2026 - 22 h 57 min
https://www.youtube.com/watch?v=5KBo4dGAF8c
Kyle a commenté :
2 octobre 2026 - 14 h 07 min
Il serait dommage que la compagnie disparaisse, son positionnement different au départ de France rend son offre pertinente.
Je me demande si les offres OSP sont si rentables, je pense aux dessertes de Lourdes, Rodez et surtout Limoges depuis Paris Orly avec des avions en mini base.
L’hiver va être long mais esperons que l’hibernation sera salutaire pour tenir.
Philippe a commenté :
4 octobre 2026 - 22 h 07 min
Entièrement d’accord avec vous car il y quand même 2250 personnes chez volotea