L’agence de voyages Explorator mise sur des circuits de quatre à huit voyageurs pour découvrir des destinations moins fréquentées. Un format qui favorise l’immersion et offre davantage de souplesse pour organiser les acheminements aériens, dans un contexte de hausse des coûts et de perturbations du transport.
Quand les coûts de voyage augmentent et que les perturbations aériennes compliquent les itinéraires, Explorator mise sur la flexibilité de ses petits groupes. Pour Lionel Rabiet, dirigeant du groupe Voyages d’exception qui a repris Explorator, voyager à quatre ou huit facilite aussi l’organisation des vols vers des destinations moins habituelles, comme le Bangladesh ou le Tadjikistan. « Qui dit petits groupes dit aussi flexibilité », souligne-t-il auprès d’Air Journal.
Ces pays hors des sentiers battus du tourisme international ne sont pas inaccessibles, mais leur desserte depuis la France impose de composer avec les correspondances. Pour exemple, la capitale bangladaise Dhaka est notamment accessible depuis Paris-CDG avec Turkish Airlines via Istanbul, Emirates via Dubaï ou Qatar Airways via Doha, tandis que la capitale tadjike Douchanbé peut être rejointe via Istanbul avec Turkish Airlines, Tachkent avec Uzbekistan Airways ou Bakou avec Azerbaijan Airlines, selon les programmes de vols. Des acheminements qui imposent d’intégrer les escales et la concordance des dessertes dans l’organisation des circuits.
Lionel Rabiet ne présente toutefois pas ces acheminements comme un obstacle au développement d’Explorator. « Ça fait partie de notre savoir-faire. On a des partenariats avec les compagnies aériennes qui desservent les quatre coins du monde », explique-t-il. Selon lui, la taille réduite des groupes offre davantage de souplesse dans l’organisation des déplacements.
De quatre à huit voyageurs, au plus près des destinations
Pour le groupe Voyages d’exception, l’agence Explorator apporte une offre complémentaire de ses croisières et de ses circuits existants. « C’est avant tout une superbe opportunité de développement pour Voyages d’exception, puisque ça nous permet d’accélérer notre croissance dans le domaine des circuits terrestres », résume Lionel Rabiet. La différence tient au format autant qu’au contenu : « Aujourd’hui, Explorator est vraiment uniquement sur les circuits en tout petits groupes de quatre à huit personnes, avec la volonté d’être en immersion, d’organiser des rencontres avec les populations, d’être là où les autres touristes ne vont pas », souligne le dirigeant.
Le Bangladesh, le Tadjikistan et la Mongolie figurent parmi les destinations qu’il cite pour illustrer cette approche. Mais sortir des sentiers battus ne signifie pas uniquement choisir un pays peu connu. La marque propose aussi une diversité d’itinéraires en Inde, en Chine, en Algérie ou en Mauritanie, avec l’ambition d’offrir une découverte différente de celle des parcours classiques. Le catalogue en ligne traduit ce positionnement : les prochains départs affichés comprennent notamment les oasis du Grand Erg occidental, en Algérie, l’Anatolie orientale, d’Ankara à Adana, en Turquie, ou encore la route australe, au Chili.
Préserver une marque pionnière depuis plus de 50 ans
La reprise ne doit pas effacer l’identité d’Explorator. Lionel Rabiet entend conserver la marque et ce qu’il décrit comme l’héritage d’une agence des voyages de plus de cinquante ans, pionnière des circuits accompagnés d’aventure. « Il y a un côté très pionnier chez Explorator, qu’on tient absolument à conserver », insiste-t-il. Cette continuité passe également par les compétences. Le repreneur a conservé une partie de l’équipe, dont Lionel Rabiet souligne la motivation, l’expérience et les complémentarités avec les collaborateurs de Voyages d’exception. « Les choses se passent extrêmement bien », assure-t-il.
Pour les anciens clients, le dirigeant promet de préserver les fondamentaux de l’offre : « On garde exactement les mêmes fondamentaux qui ont fait le succès d’Explorator. » Les changements doivent surtout porter sur les outils, la communication et la technologie, avec l’objectif de maintenir, voire d’améliorer, la qualité des voyages et du service.
Une modernisation engagée, avec 2027 en ligne de mire
L’activité n’attend pas la fin de cette transformation pour fonctionner. Selon Lionel Rabiet, des réservations sont déjà enregistrées et les premières synergies se mettent en place. Le site Internet a été refait, tandis que les systèmes informatiques font l’objet d’une révision. Le marketing et la communication doivent également être retravaillés.
« Le but, c’est que l’entreprise soit vraiment d’attaque courant 2027 », précise-t-il. La commercialisation repose principalement sur le téléphone et Internet, comme chez Voyages d’exception. Ce fonctionnement à distance n’exclut pas les échanges directs : les voyages accompagnés, les réunions et les événements constituent aussi des occasions de rencontrer les clients.
Un pari de long terme dans une conjoncture moins favorable
Cette relance d’Explorator intervient alors que le marché touristique ralentit. Selon ONU Tourisme, les arrivées internationales ont progressé de seulement 0,4% au premier semestre 2026, sous l’effet notamment du conflit au Moyen-Orient et de la hausse des coûts. Lionel Rabiet reconnaît lui-même une année 2026 « mitigée, mais pas non plus catastrophique », avec des résultats moins bons qu’espéré. Il décrit un secteur du voyage subissant une « augmentation des prix » et des « complications opérationnelles » qui surviennent régulièrement en raison de la crise au Moyen-Orient. Le dirigeant inscrit néanmoins la reprise dans une perspective qui dépasse les difficultés du moment : « Tout ce qui compte pour moi, c’est le long terme. »
Avec Explorator, Voyages d’exception veut ainsi renforcer ses circuits terrestres sans uniformiser son offre. Le cap reste celui d’une découverte en petit comité, où la souplesse de l’organisation — y compris aérienne — doit servir la promesse centrale de la marque : aller au-delà des itinéraires les plus attendus.

@Travel Tajikistan/Foto.TJ
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