Le vol LH419 entre Washington-Dulles et Francfort, dont l’arrivée est programmée ce 19 octobre au matin, doit marquer la fin des vols réguliers de Lufthansa en Airbus A340-600. Après plusieurs reports, la compagnie allemande retire ses quatre derniers exemplaires, sur fond de renchérissement du carburant et d’arrivée de nouveaux long-courriers. Un adieu à cette version du quadriréacteur, mais pas encore aux avions à quatre moteurs dans sa flotte.
Un dernier vol Airbus A340-600 entre Washington et Francfort
Une dernière traversée de l’Atlantique pour refermer près de vingt-trois années de service. Lufthansa a programmé l’ultime vol régulier de son Airbus A340-600 sur la liaison Washington-Dulles–Francfort : le LH419 a quitté la capitale américaine le dimanche 18 octobre 2026 à 17 h 55, heure locale, pour rejoindre son hub allemand ce lundi 19 octobre à 7 h 55. Pour achever la carrière du modèle, Lufthansa avait conservé quatre appareils : D-AIHW, D-AIHX, D-AIHY et D-AIHZ. Livrés entre décembre 2008 et mai 2009, ils ont environ dix-sept à dix-huit ans et assuraient principalement les liaisons de Francfort vers New York-JFK et Washington-Dulles. Leur retrait clôt les opérations régulières de cette version chez Lufthansa, et non celles de l’ensemble de la famille A340.
De même, le départ de Lufthansa ne signifiera pas la disparition mondiale de l’A340-600. Mahan Air, Kam Air, South African Airways et Conviasa exploitent toujours l’A340. À ceux-ci s’ajoute notamment un spécialiste du charter et de la location avec équipage, Universal Sky Carrier (USC).
Près de 23 ans de service pour le grand quadriréacteur Airbus
L’histoire commerciale de l’A340-600 chez Lufthansa avait commencé le 15 décembre 2003, sur la liaison Francfort–Buenos Aires, après la livraison des premiers exemplaires en novembre. La compagnie a reçu au total 24 appareils entre 2003 et 2009. L’Amérique du Nord a occupé une place centrale dans leur exploitation, aux côtés de destinations en Asie, en Afrique, au Moyen-Orient et en Amérique du Sud. Avec son fuselage de 75,27 mètres et ses quatre réacteurs Rolls-Royce Trent 556, l’A340-600 conserve une silhouette immédiatement reconnaissable. Lufthansa indique pour ce modèle une envergure de 63,45 mètres et une autonomie de référence de 12 400 kilomètres. À son arrivée, il permettait à la compagnie de proposer une capacité intermédiaire entre ses A340 plus courts et ses Boeing 747-400.
Les quatre derniers exemplaires disposent d’une cabine de 281 sièges : huit en première classe, 56 en classe affaires, 28 en Premium Economy et 189 en classe économique. Ce plan figure bien parmi les configurations publiées par Lufthansa, dont la page consacrée au modèle présente aussi un autre aménagement. La distinction importe : tous les A340-600 exploités au cours de leur carrière n’ont pas nécessairement offert la même capacité.
Un retrait plusieurs fois reporté faute d’avions de remplacement
L’adieu était annoncé depuis longtemps, mais le renouvellement de la flotte a imposé son propre calendrier. Les retards de livraison des Boeing 787-9 ont notamment conduit Lufthansa à prolonger l’utilisation de ses A340-600. À l’automne 2025, la compagnie avait encore prévu de les engager pendant la haute saison de l’été 2026, alors qu’ils devaient initialement ne plus servir que de réserve.
La crise sanitaire avait déjà interrompu leur carrière, sans y mettre un terme définitif. Lufthansa avait commencé à réintroduire progressivement des A340-600 dans son programme long-courrier en mars 2022, avec un premier retour assuré par D-AIHT vers Washington. Ces appareils ont ainsi retrouvé une utilité opérationnelle alors que la disponibilité des nouveaux long-courriers demeurait contrainte. L’accélération des livraisons de Boeing 787-9 et d’Airbus A350-900 permet désormais de concrétiser leur retrait.
Le prix du kérosène accélère la modernisation de Lufthansa
La décision définitive s’inscrit dans un programme plus large d’ajustement des capacités. Le 16 avril 2026, Lufthansa Group avait annoncé le départ de ses quatre derniers A340-600 en octobre, ainsi que l’immobilisation de deux Boeing 747-400 pour l’hiver 2026-2027. Le groupe invoquait alors la forte hausse du prix du kérosène et les charges supplémentaires liées aux conflits sociaux.
« Les quatre derniers Airbus A340-600 quitteront la flotte en octobre, mettant ainsi définitivement fin à l’ère de ce type d’appareil chez Lufthansa », indiquait le groupe dans son communiqué du 16 avril. Son directeur financier, Till Streichert, justifiait plus largement ces mesures : « Le programme d’accélération des mesures concernant la flotte et les capacités est incontournable compte tenu de la forte hausse des coûts du kérosène et de l’instabilité géopolitique. »
A340-300, A380 et Boeing 747 : les quadriréacteurs restent présents
Le départ de l’A340-600 ne signifie pas la disparition immédiate des quadriréacteurs chez Lufthansa. La compagnie continue d’exploiter des Airbus A340-300 et A380, ainsi que des Boeing 747-400 et 747-8. La transition vers une flotte long-courrier davantage centrée sur les biréacteurs reste donc progressive. D’autres retraits se profilent néanmoins. Lufthansa prévoit de se séparer du 747-400 en 2027, tandis que l’avenir de l’A340-300 reste lié, notamment, à la disponibilité des avions de remplacement.

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