Le directeur général de Boliviana de Aviación (BoA), Juan José Galvarro, a confirmé que sa compagnie aérienne n’exploitait qu’environ la moitié de ses avions, soit 10 appareils sur une flotte de 20, alors qu’il en faudrait au moins 13 pour assurer le programme de vols prévu.
Cette situation se traduit par des retards en chaîne, des reprogrammations de dernière minute et des annulations qui affectent à la fois le réseau intérieur et les liaisons internationales. Selon la presse locale, plusieurs appareils de la flotte long‑courrier, notamment des Airbus A330-200, ont été retirés du service pour maintenance ou pour des questions contractuelles, ce qui a conduit BoA à opérer certaines liaisons internationales, comme Santa Cruz–Miami, avec des monocouloirs Boeing 737NG faisant escale technique. « Le manque d’avions disponibles est au cœur de la crise opérationnelle actuelle », a reconnu Juan José Galvarro en évoquant « un moment critique » pour BoA.
Problèmes structurels et contraintes économiques
Les autorités boliviennes évoquent un ensemble de facteurs pour expliquer les difficultés de BoA, notamment le coût élevé de la maintenance, la rareté des devises et un environnement concurrentiel qui pèse sur l’efficacité du marché intérieur. Un rapport sectoriel de la Latin American and Caribbean Air Transport Association (ALTA) souligne aussi l’impact de la pénurie de dollars sur l’accès aux pièces détachées et sur le paiement des loyers des avions, ce qui complique la planification des vols.
Le gouvernement de La Paz a lancé un audit complet de la compagnie aérienne nationale, couvrant les aspects financiers, opérationnels et techniques, afin de définir d’éventuels ajustements de structure et de gouvernance. « Notre engagement est de renforcer BoA, de la moderniser et de regagner la confiance des passagers », a insisté le ministère des Travaux publics, tout en excluant à ce stade toute privatisation. Le ministère a annoncé un « plan de contingence » combinant réaffectation d’avions, optimisation du programme de vols et recherche de partenariats, notamment sous forme d’alliances commerciales ou d’accords de partage de codes.
Un réseau national central, quelques axes internationaux
Malgré ces contraintes, Boliviana de Aviación continue de jouer un rôle central dans la connectivité domestique bolivienne, avec des liaisons entre les principaux aéroports de La Paz, Cochabamba et Santa Cruz, complétées par plusieurs dessertes régionales. Le réseau intérieur reste toutefois affecté par la baisse de capacité, sur un marché qui a enregistré un recul de près de 5% du trafic passagers en 2024 selon les données de l’ALTA.
Sur le réseau international, BoA relie la Bolivie à des destinations comme Madrid, São Paulo, Buenos Aires, Miami ou plus récemment certaines villes du Chili, souvent au départ de Santa Cruz et La Paz. Ces routes, essentielles pour le tourisme et les échanges commerciaux, subissent elles aussi les conséquences des limitations de flotte et des ajustements de programme. En outre, BoA affronte la concurrence directe ou indirecte de grandes compagnies comme LATAM, GOL, Aerolíneas Argentinas ou Avianca, ainsi que de certaines low cost selon les axes.

@BoA
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