La première compagnie aérienne indienne, IndiGo, a annoncé une hausse de plusieurs indemnités pour ses pilotes à compter du 1er janvier 2026. Une décision stratégique qui vise à restaurer la motivation des équipages après un mois de décembre marqué par des perturbations massives et des critiques sévères des autorités de régulation.
Leader incontesté du marché intérieur indien, avec plus de 60 % de parts de marché, IndiGo a connu en décembre 2025 l’un des épisodes les plus chaotiques de son histoire récente. En cause : de graves erreurs de planification et une adaptation laborieuse aux nouvelles règles de limitation du temps de vol et de repos des pilotes (Flight Duty Time Limitation, FDTL), entrées en vigueur le 1er novembre. Ces nouvelles normes, adoptées par la Direction générale de l’aviation civile (DGCA) imposent notamment jusqu’à 48 heures de repos hebdomadaire et restreignent le nombre d’atterrissages nocturnes successifs pour limiter la fatigue des équipages.
Faute d’avoir anticipé leurs effets, IndiGo s’est retrouvée à court de pilotes disponibles. Entre novembre et décembre, plus de 1 600 vols ont été annulés, selon la presse indienne, provoquant la fureur de milliers de passagers et une chute vertigineuse de la ponctualité de la compagnie : 84 % des vols à l’heure en octobre contre seulement 19,7 % le 3 décembre. Sur les réseaux sociaux, de nombreux pilotes ont dénoncé un manque de communication, une gestion chaotique des plannings et des conditions de travail dégradées. Certains équipages auraient même dû réserver eux‑mêmes leurs hôtels ou leurs transferts lors de nuitées imprévues. « La compagnie doit rétablir la confiance et la cohésion avec ses pilotes. Les tensions des derniers mois étaient palpables », commente un commandant cité par The Hindu Business Line.
Des indemnités revalorisées dès le 1er janvier
Pour apaiser le climat social, le vice‑président senior des opérations de vol d’IndiGo, Ashim Mittra, a présenté dans un courriel interne plusieurs revalorisations, élaborées après des consultations avec les équipages de différentes bases. L’indemnité d’escale est portée à 3 000 roupies (contre 2 000) pour les commandants et 1 500 roupies (contre 1 000) pour les copilotes, lors d’escales domestiques de 10 à 24 heures. L’indemnité de “deadheading” (trajet en tant que passager pour rejoindre un vol) est augmentée à 4 000 roupies pour les commandants de bord et 2 000 roupies pour les premiers officiers. Une nouvelle prime de changement d’appareil (“tail‑swap”) apparaît : 1 500 roupies pour les commandants et 750 roupies pour les copilotes, lorsqu’un changement d’appareil nécessite un arrêt supérieur à 90 minutes. Enfin, la revalorisation des primes de nuit et de transit, désormais fixées à 4 000 roupies par heure de vol programmée pour les capitaines.
Selon The Economic Times, ces mesures devraient augmenter le revenu mensuel des commandants de 15 000 à 20 000 roupies (soit de l’ordre de 150 à 200 euros selon le taux de change) soit une hausse modeste, estimée à environ 1 % du total de leur rémunération.
Un geste symbolique mais nécessaire
Si cette hausse reste limitée, plusieurs analystes y voient un signal essentiel pour la stabilisation sociale au sein d’IndiGo, alors que le secteur fait face à une pénurie croissante de pilotes. De nombreuses compagnies étrangères – du Golfe ou d’Asie du Sud Est – tentent actuellement d’attirer les pilotes indiens avec des offres salariales plus attractives. IndiGo, qui exploite une flotte de près de 420 appareils (principalement des Airbus A320neo et A321neo), emploie près de 5 500 pilotes. La compagnie continue de recruter activement pour accompagner la croissance de son réseau et maintenir son leadership régional. La low cost attend encore près de 1 000 avions, options incluses, de la famille A320neo ainsi que 60 A350-900 (+ 40 options).

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