Avec la plus faible densité de population au monde, mais l’un des territoires les plus vastes d’Asie, la Mongolie tente de s’imposer sur le marché touristique asiatique. Longtemps absente des grands flux internationaux, la destination cherche aujourd’hui à capitaliser sur une dynamique asiatique exceptionnelle. Voisine de la Chine, premier pays émetteur de touristes du continent, et portée par l’intérêt croissant des clientèles japonaise et sud-coréenne, la Mongolie dispose d’un réservoir potentiel de visiteurs considérable.
Pour la Mongolie, l’enjeu dépasse largement le seul secteur du tourisme. Très dépendante de l’exploitation et de l’exportation de ses ressources minières, elle se trouve confrontée à une évolution du modèle économique chinois, son principal partenaire, désormais plus soucieux de verdissement et de réduction de sa dépendance aux matières premières. Dans ce contexte, la diversification de l’économie mongole devient une priorité stratégique. Le tourisme apparaît alors comme un levier central, d’autant plus qu’il s’inscrit dans une logique de « soft power », entendu comme la capacité d’un État à renforcer son attractivité par sa culture, son image et son rayonnement international, porteuse de croissance économique, à l’image du Japon ces dernières décennies.
Les premiers effets de cette stratégie de développement touristique commencent à se faire sentir. En 2024, la Mongolie a accueilli 727 400 visiteurs internationaux, un niveau inédit jusqu’alors. Cette performance a été dépassée en 2025, avec un total de 846 103 touristes internationaux sur l’année entière (soit une hausse de 5 % par rapport à 2024). Les visiteurs proviennent majoritairement de Russie, du Japon, de Corée du Sud et surtout de Chine, qui s’impose comme le principal pays émetteur.
Objectifs ambitieux et promotion internationale
Fort de cette dynamique, le gouvernement mongol affiche des objectifs ambitieux sur le moyen terme. Il entend atteindre 2 millions de touristes d’ici cinq ans, soit une augmentation de 150 % par rapport au niveau actuel. Une telle progression permettrait de porter la part du tourisme à 10 % du PIB national, contre environ 4 % aujourd’hui. Pour accompagner cette montée en puissance, l’État a annoncé un plan d’investissement de 4 milliards de dollars destiné au développement des infrastructures, notamment hôtelières et de transport. Une vaste campagne de promotion internationale a également été lancée sous le slogan « Go Mongolia », devenu sponsor du club londonien de Fulham FC. L’accueil du Forum asiatique du tourisme en juin 2026, organisé pour la première fois en Mongolie, participe de cette stratégie de visibilité accrue sur la scène internationale.
Cette économie est d’autant plus appréciable que le coût de la vie sur place demeure relativement bas. À Oulan-Bator, une nuit en « guesthouse » coûte environ 20 €, tandis qu’un hôtel trois étoiles propose des chambres autour de 60 € la nuit. Une nuit en yourte traditionnelle revient à environ 80 €, souvent pour deux personnes, dîner inclus. En ville, un repas simple est facturé entre 4 et 6 € par personne. Une excursion guidée coûte en moyenne 50 €, et un couple peut s’offrir une journée complète dans un parc national, avec guide et chauffeur, pour environ 120 €.
Une destination tournée vers le « slow travel »
La campagne de promotion touristique mongole cible prioritairement un public jeune. Le profil des visiteurs est d’ores et déjà favorable à l’attractivité de cette destination pour les jeunes voyageurs : près de la moitié des touristes ont moins de 40 ans. Cette clientèle, particulièrement sensible aux enjeux sociaux et environnementaux, se montre de plus en plus attirée par le « slow travel ». En Mongolie, cette approche trouve un terrain d’expression privilégié : séjours prolongés dans un même lieu, immersion auprès des éleveurs nomades, participation aux tâches quotidiennes en échange d’un hébergement, déplacements à cheval, à vélo ou à pied à travers les steppes. C’est sur cette tendance très en vogue chez les jeunes européens notamment, que la Mongolie veut parier.
Et bonne nouvelle pour les Français qui voudraient tenter l’expérience : l’exemption de visa de 30 jours pour les ressortissants de 34 pays, dont la France, la Suisse et la Belgique, a été prolongée jusqu’en 2027. L’occasion d’y découvrir des sites inscrits au patrimoine mondiale culturelle et naturelle de l’UNESCO parmi les plus exceptionnels d’Asie. Le lac Uvs Nuur, situé au nord-ouest du pays, est ainsi réputé pour sa biodiversité exceptionnelle, abritant plus de 215 espèces d’oiseaux migrateurs. Les steppes de la Douria offrent quant à elles des paysages spectaculaires, où l’on peut observer des milliers de gazelles sur les routes migratoires en provenance de Sibérie.
Plus accessible, le parc national de Terelj demeure l’un des sites les plus fréquentés du pays, tout en restant relativement préservé. Il abrite la monumentale statue de Gengis Khan, haute de 40 mètres, et constitue un point de départ privilégié pour des excursions à cheval en compagnie de nomades. Le parc national de Hustai permet, quant à lui, d’observer les chevaux sauvages de Przewalski, emblématiques de la faune mongole. Enfin, le désert de Gobi, avec ses dunes et ses couchers de soleil spectaculaires, reste une étape incontournable, particulièrement appréciée des familles. Mais toute l’âme du voyage en Mongolie repose bien sûr sur un incontournable pour les visiteurs : passez une nuit dans l’habitat des nomades, les fameuses yourtes appelés « gers » en mongole, afin d’y découvrir ce mode de vie ancestrale.
Bien préparer son séjour dans les steppes
Voyager en Mongolie nécessite toutefois une préparation minutieuse, et ne s’improvise pas tellement sur place. Les distances sont longues, les déplacements requièrent un véhicule, idéalement avec chauffeur, et la qualité des prestations peut s’avérer inégale. Si la majorité des visiteurs français repartent enthousiasmés par leur séjour, certains soulignent des expériences contrastées en matière d’hébergement ou d’encadrement. Il est donc fortement recommandé d’anticiper son voyage et de s’appuyer sur des partenaires fiables, capables de mettre les voyageurs en relation avec des agences locales reconnues pour la qualité de leurs services.
À ce titre, des voyagistes spécialistes de la destination comme Comptoir des Voyages, mais aussi des agences franco-mongoles ou locales telles qu’Absolu Voyages Mongolie ou Evasion Mongolie, proposent des circuits en petit groupe ou sur mesure, associant chauffeurs expérimentés, guides francophones et réseaux d’hébergements testés, afin de sécuriser la logistique tout en favorisant une immersion authentique chez les nomades des steppes et du désert de Gobi.
Un accès aérien limité mais en développement
Le principal obstacle à l’ambition touristique de la Mongolie reste toutefois l’accessibilité aérienne du pays. L’aéroport international d’Oulan-Bator demeure relativement marginal dans les grands flux mondiaux et n’est relié en vol direct qu’à une vingtaine d’aéroports internationaux répartis dans huit pays d’Asie. La Chine occupe une place centrale dans ce réseau, avec huit villes desservies, aux côtés du Japon, de la Corée du Sud, de la Russie, de la Thaïlande, du Vietnam, de Singapour et d’Istanbul, ce dernier jouant un rôle clé de hub entre l’Europe et l’Asie centrale.
Deux évolutions récentes laissent néanmoins entrevoir une amélioration progressive de cette situation. En 2025, un premier vol direct entre l’Europe et Oulan-Bator a été inauguré au départ de Francfort. Par ailleurs, United Airlines a conclu un accord avec le Japon afin de proposer une liaison entre les États-Unis et la Mongolie via Tokyo. Des discussions sont également en cours concernant l’ouverture d’une ligne avec l’Arabie saoudite, ainsi que la mise en place d’un vol direct entre Oulan-Bator et Londres.
Pour les voyageurs français, il existe d’ores et déjà une option relativement avantageuse. Il est possible de rejoindre Francfort par un vol régulier, puis d’emprunter Mongolian Airlines, seule compagnie aérienne à proposer une liaison directe entre l’Europe et la capitale mongole. Depuis Francfort, un billet aller-retour est proposé autour de 550 €, soit près de 400 € de moins qu’un départ depuis Paris avec escale, dont le tarif moyen avoisine les 950 €.

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