Il est devenu impossible, depuis la mi-décembre, de réserver un vol direct Paris–Bangui après le 1er février. Air France a confirmé qu’elle « modifiait sa desserte » de la Centrafrique. Le vol hebdomadaire du samedi, unique depuis l’été 2025, s’arrêtera après l’ultime rotation prévue le 31 janvier.
La ligne, opérée en Boeing 787-9, combinait déjà les dessertes de la Centrafrique et du Cameroun, avec un vol aller direct vers Bangui, puis un retour via Yaoundé. Désormais, les passagers devront rejoindre Bangui en correspondance depuis la capitale camerounaise, où Air France maintient deux vols hebdomadaires — les mardi et jeudi — en partenariat avec Afrijet FlyGabon.
Une question de rentabilité
Officiellement, Air France ne commente pas les raisons de cette réorganisation. Mais, selon une source proche du dossier citée par Jeune Afrique, la ligne Paris–Bangui souffrirait depuis des années d’une « faible rentabilité ». Le faible remplissage des vols, les taxes aéroportuaires jugées élevées, le prix local du carburant et l’allongement du temps de vol depuis l’interdiction de survol du Niger pèseraient lourdement sur la viabilité économique de la liaison. Cette rationalisation n’est pas isolée : Air France revoit régulièrement son réseau africain en fonction des contraintes opérationnelles et sécuritaires. En 2023, la compagnie avait déjà suspendu ses vols vers Bamako et Ouagadougou avant de les reprendre partiellement.
Vives réactions à Bangui
À Bangui, la décision de la compagnie française passe mal. Selon Radio Ndeke Luka, des responsables centrafricains se disent « indignés » et dénoncent un « désengagement diplomatique ». Le président Faustin-Archange Touadéra aurait demandé des explications à l’ambassadeur de France. Le dossier a été évoqué jusqu’à l’Élysée. Si Air France reste une société privée, l’État français détient encore près de 28 % de son capital. Des diplomates voient dans cette décision une entrave symbolique au rapprochement engagé entre les deux capitales depuis la signature, en avril 2024, d’une feuille de route de coopération bilatérale.
Un diplomate cité par RFI juge la décision d’Air France « à contre-courant des efforts diplomatiques récents ». L’absence de liaison directe pourrait en effet contribuer à isoler davantage Bangui, déjà confrontée à un environnement régional instable et à une influence russe accrue.
Une recomposition du ciel africain
Pour Air France, ce recentrage sur Yaoundé s’inscrit cependant dans une logique plus large. Le hub camerounais permet de desservir, en partenariat avec Afrijet et Asky Airlines, plusieurs capitales d’Afrique centrale, dont Libreville et Brazzaville. « La priorité est de maintenir une continuité de service tout en assurant la viabilité des opérations régionales », confie une source proche de la compagnie. Les passagers en provenance de Bangui conserveront donc une connexion vers Paris via Yaoundé, mais perdront un accès direct à Roissy-Charles-de-Gaulle.
L’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (EASA) publie un bulletin Conflict Zone Information Bulletin (CZIB 2017‑01R19) consacré à l’espace aérien du Mali et ré-actualisé fin octobre 2025. Ce bulletin recommande aux opérateurs de l’UE « d’éviter les opérations dans le FIR Niamey (DRRR) et le FIR Dakar (GOOO) à l’intérieur du territoire et de l’espace aérien du Mali au‑dessous du FL260 », en particulier au nord‑est du pays, en raison du risque élevé lié aux groupes armés disposant de systèmes sol‑air.

MoMoDeRabat a commenté :
20 janvier 2026 - 10 h 00 min
Aucun soucis! La RAM reprendra le relais grâce son hub de cmn