Air France suspendra à partir du 29 mars sa liaison entre Paris‑Charles‑de‑Gaulle et La Havane, en raison de la pénurie de carburant qui frappe Cuba et de ses répercussions sur l’économie comme sur le tourisme de l’île. La compagnie prévoit une reprise progressive des vols à compter du 15 juin, sous réserve d’une amélioration de la situation énergétique locale.
La compagnie tricolore a confirmé qu’elle suspendrait l’intégralité de ses vols entre Paris‑Charles‑de‑Gaulle et La Havane « à compter du dimanche 29 mars », pour une durée minimale courant jusqu’à la mi‑juin. « En raison de la pénurie de carburant sur l’île de Cuba et de son impact sur l’activité économique et touristique, les vols de la compagnie entre Paris‑Charles‑de‑Gaulle et La Havane seront temporairement suspendus à compter du dimanche 29 mars », a‑t‑elle indiqué dans une déclaration écrite transmise aux médias. Jusqu’ici, Air France desservait la capitale cubaine trois fois par semaine en Boeing 787, positionnant l’île parmi ses principales destinations caribéennes au départ de Paris. « À ce stade, et sous réserve d’une amélioration de la situation à destination, une reprise est prévue à compter du 15 juin », précise encore la compagnie, qui dit « regretter cette situation ».
Une crise énergétique qui grippe le pavillon cubain
La décision d’Air France intervient sur fond de crise énergétique aiguë à Cuba, où les autorités ont averti les transporteurs d’une absence de kérosène dans les aéroports internationaux pour au moins un mois, via un Notam diffusé début février. Le message adressé aux compagnies précise que le carburant « JET A1 » n’est plus disponible, affectant tous les grands aéroports, dont celui de La Havane.
Depuis le 9 janvier, aucun pétrole n’est entré à Cuba, conséquence directe du blocus mis en place par Washington sur les livraisons de pétrole vénézuélien après la capture de l’ex-président Nicolas Maduro. Selon une note des autorités aéroportuaires cubaines diffusée mardi aux compagnies aériennes, la pénurie de carburant va se prolonger jusqu’au 10 avril. Les autorités cubaines ont déjà annoncé des mesures d’urgence, allant de la réduction de la semaine de travail à la limitation de la vente de carburants, ce qui inquiète particulièrement le secteur touristique, pilier de l’économie locale.
Un casse‑tête opérationnel pour les compagnies aériennes
L’impossibilité de faire le plein sur place contraint les compagnies internationales à revoir leurs schémas d’exploitation vers l’île. Selon les autorités cubaines, l’absence de kérosène à l’escale oblige les opérateurs long‑courriers à programmer des escales techniques de ravitaillement sur le vol retour, voire à réduire ou suspendre certaines fréquences pour maintenir des marges de sécurité suffisantes. Dans ce contexte, Air France a choisi la suspension pure et simple de sa liaison, plutôt qu’un maintien partiel sous contraintes opérationnelles lourdes.
La compagnie assure que les clients déjà réservés sur la période concernée seront pris en charge. « Les clients titulaires d’une réservation et concernés par les annulations seront contactés individuellement par email, SMS et via l’application Air France », indique‑t‑elle, promettant de proposer « un report, un avoir ou un remboursement intégral sans frais ».
Déjà affaibli par la crise économique, les restrictions américaines et la volatilité de la demande internationale depuis la pandémie, le tourisme cubain encaisse un choc supplémentaire. La poursuite annoncée de la pénurie de kérosène au moins jusqu’en avril fait redouter une vague de réductions de capacités ou de suspensions de lignes, au‑delà du seul cas d’Air France.
Zanzibar également suspendue pendant un peu plus de deux mois
Cuba n’est pas la seule destination long‑courrier à voir sa desserte interrompue temporairement par Air France. La compagnie a déjà programmé la suspension de ses vols vers Zanzibar, en Tanzanie, du 22 mars au 26 mai 2025, une pause de « fin mars à fin mai » qui correspond à la « green season », période de plus faible activité touristique marquée par les pluies.
Les vols combinant Zanzibar et Kilimandjaro, opérés depuis Paris‑Charles‑de‑Gaulle, doivent reprendre après cette parenthèse, mais la décision est perçue comme un nouveau coup dur par les acteurs du tourisme local, déjà fragilisés par l’instauration d’une assurance voyage obligatoire. Après Zanzibar, c’est donc désormais La Havane qui se retrouve « entre parenthèses » dans le programme long‑courrier d’Air France.

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