Ryanair a annoncé un bénéfice net de 30 millions d’euros pour le troisième trimestre décalé (octobre à décembre) de son exercice 2025‑2026, contre 149 millions un an plus tôt, soit une chute de 80% après éléments exceptionnels -dont une lourde amende en Italie pour avoir entravé l’accès de ses services aux agences de voyages.
Cette contre‑performance intervient alors même que la low cost irlandaise souligne une hausse de 9% de son chiffre d’affaires, à 3,21 milliards d’euros, portée par une progression du trafic de 6% et des tarifs moyens en hausse de 4%. Dans son communiqué, Ryanair rappelle que, hors éléments exceptionnels, le profit après impôt atteint 115 millions d’euros, en baisse plus limitée de 22% par rapport au même trimestre de l’exercice précédent. « Le chiffre d’affaires du troisième trimestre a augmenté de 9%, à 3,21 milliards d’euros, alors que le trafic progressait de 6% et que les tarifs étaient supérieurs de 4% », souligne-t-elle, mettant en avant la solidité de la demande pendant les vacances scolaires d’octobre et la période de Noël.
Une provision liée à une lourde amende en Italie
La dégradation du résultat net s’explique en grande partie par la comptabilisation d’une charge exceptionnelle de 85 millions d’euros au titre d’une amende infligée fin décembre par l’Autorité italienne de la concurrence (AGCM). Cette provision correspond à environ 33% d’une sanction totale de 256 millions d’euros prononcée contre la compagnie pour abus de position dominante sur le marché italien.
Le régulateur italien reproche à Ryanair d’avoir, entre 2023 et 2025, entravé l’accès des agences de voyages à ses vols, notamment en imposant des obstacles techniques et commerciaux, ce qui aurait limité leur capacité à vendre ses billets dans le cadre de packages touristiques. Selon l’AGCM, ces pratiques auraient réduit la liberté commerciale des voyagistes et le choix des consommateurs.
Ryanair rejette fermement les accusations et a annoncé avoir fait appel de cette décision devant la justice italienne. Dans sa communication financière, elle qualifie l’amende de l’AGCM de « infondée » et dit se montrer « confiante » dans ses chances de la faire annuler. Elle affirme que son modèle de vente directe permet de proposer « des prix plus bas et davantage d’économies pour les consommateurs » et qu’il est, selon elle, conforme au droit de la concurrence.
Une activité opérationnelle toujours dynamique
Sur le plan opérationnel, Ryanair continue d’afficher des indicateurs en progression, avec un coefficient de remplissage stable à 92% et une base de coûts unitaires maîtrisée hors éléments exceptionnels. Les coûts d’exploitation (avant charge exceptionnelle) ont augmenté de 6% à 3,11 milliards d’euros, restant globalement stables par passager, notamment grâce à la montée en puissance de la flotte de Boeing 737 MAX-8200 plus dense et plus économe.
Ryanair rappelle disposer d’une solide position de liquidité, avec environ un milliard d’euros de trésorerie nette et une ligne de crédit revolving d’environ un milliard d’euros non tirée, ce qui doit lui permettre de financer ses investissements et de rembourser une obligation de 1,2 milliard d’euros arrivant à échéance en mai 2026.
Perspectives : demande robuste en 2026
La low cost irlandaise, première compagnie aérienne en Europe en nombre de passagers transportés, maintient une perspective de croissance du trafic à long terme. Elle vise 300 millions de clients par an d’ici l’exercice 2034, tout en misant sur une discipline stricte en matière de coûts et d’allocation du capital. Elle constate une demande soutenue pour la saison hivernale et les réservations de printemps, ce qui l’amène à relever légèrement ses anticipations de croissance des tarifs et du trafic pour l’ensemble de l’exercice fiscal 2025‑2026.
Ryanair reconnaît toutefois que les risques réglementaires restent élevés, citant en particulier l’impact potentiel des décisions des autorités de concurrence et des régulateurs nationaux. La procédure en cours en Italie, dont l’issue demeure incertaine, illustre la manière dont une sanction ponctuelle peut peser fortement sur le résultat net, même lorsque l’activité commerciale reste bien orientée.

Paris-Beauvais @GeekyJoe
Freddoo a commenté :
26 janvier 2026 - 12 h 30 min
Une lourde amende. ..méritée !
Enfin !