Un outil a été découvert à l’intérieur de l’aile gauche d’un Airbus A380 de Qantas après deux vols long-courriers entre Sydney et Dallas-Fort Worth, déclenchant l’ouverture d’une enquête par le Bureau australien de la sécurité des transports (ATSB).
L’incident, survenu le 9 janvier à Sydney, concerne un Airbus A380-842 immatriculé VH-OQK, exploité par Qantas et motorisé par quatre Rolls-Royce Trent 972-84EP, livré à la compagnie en novembre 2011. Selon l’ATSB, l’outil a été découvert à l’intérieur de l’aile gauche le 9 janvier 2026 à l’aéroport de Sydney, après que l’appareil a assuré deux secteurs entre Sydney et Dallas-Fort Worth, puis retour. L’organisme d’enquête ne précise ni la nature exacte ni la localisation détaillée de l’outil dans la structure, se limitant à mentionner un cas de « foreign object debris » (FOD) impliquant un Airbus A380 à Sydney.
Dans sa notification d’occurrence, l’ATSB indique que la phase de collecte des éléments probants comprendra « des entretiens avec les parties impliquées, l’examen des dossiers de maintenance et la collecte d’autres informations pertinentes ». L’agence prévoit de publier son rapport final au deuxième trimestre 2026 et rappelle que « si un problème de sécurité critique est identifié au cours de l’enquête, l’ATSB en informera immédiatement les parties concernées afin que des actions correctives appropriées puissent être mises en œuvre ».
FOD et maintenance : un enjeu de sécurité récurrent
La présence d’un outil oublié dans une aile ou un moteur est classiquement traitée comme un événement de FOD, ces « débris étrangers » pouvant, dans certains cas, endommager des systèmes, gêner des commandes de vol ou provoquer des vibrations et surconsommations. Dans le cas de l’A380 de Qantas à Sydney, aucune conséquence opérationnelle n’a été rapportée à ce stade, l’événement ayant été détecté au sol et l’appareil ayant pu effectuer normalement ses deux vols transpacifiques avant la découverte. L’enquête devra notamment déterminer à quel moment l’outil a été introduit dans l’aile, quels contrôles visuels ou documentaires ont été réalisés, et pourquoi la procédure de contrôle des outils n’a pas permis de détecter l’anomalie plus tôt. Les procédures de maintenance imposent en principe un strict comptage des outils, complété par des inspections de fin de tâche pour éviter qu’un objet ne reste piégé dans une structure ou un compartiment moteur.
Qantas déjà épinglée pour un outil laissé dans un moteur d’A380
L’affaire de VH-OQK intervient alors que Qantas a déjà fait l’objet d’une enquête très médiatisée pour un incident similaire sur un autre Airbus A380, impliquant cette fois un outil resté dans un moteur. Dans un rapport publié en 2024, l’ATSB a détaillé comment un « compressor turning tool », un outil de 1,25 m de long, était resté coincé derrière les aubes de sortie de compresseur basse pression du moteur numéro 1 d’un A380 immatriculé VH-OQI, après une inspection réalisée à Los Angeles début décembre 2023.
Le rapport avait révélé qu’il avait volé, 26 jours, soit pendant près de 300 heures et 34 cycles de vols (17 aller-retours) avec un outil logé dans l’un de ses quatre moteurs. L’ATSB a conclu que « l’outil n’avait pas été localisé lors des inspections de fin de tâche » et que la procédure interne de Qantas en cas d’outil manquant n’avait pas été déclenchée, ce qui avait permis la remise en service de l’appareil sans que la disparition de l’outil soit résolue.
Dans cette précédente affaire, la compagnie avait indiqué que l’outil en question était en matière plastique flexible et « n’avait eu aucun effet sur le fonctionnement du moteur », tout en assurant prendre l’incident « extrêmement au sérieux » et collaborer avec l’ATSB. Le bureau d’enquête avait toutefois qualifié l’événement de « menace significative pour la sécurité », en raison du potentiel de dommages si l’outil s’était déplacé ou fragmenté dans le flux d’air.

Ah Bon ? a commenté :
27 janvier 2026 - 8 h 25 min
Ils ont sûrement recruté un ancien de le FAL Boeing de Charleston. C’est une tradition là-bas…