Ryanair va cesser tous ses vols au départ de Clermont-Ferrand Auvergne à compter du 27 mars 2026, entraînant la fermeture des liaisons vers Londres-Stansted, Porto et Fès, qui représentaient environ 40% du trafic de la plateforme auvergnate.
En toile de fond, la compagnie low cost met directement en cause l’alourdissement de la fiscalité aérienne en France et confirme son mouvement de retrait progressif des aéroports régionaux français.
Trois routes internationales supprimées
La direction de l’aéroport de Clermont-Ferrand a officialisé ce retrait à l’issue de la saison d’hiver 2025-2026, en précisant que Ryanair « a fait le choix de cesser ses opérations à l’aéroport de Clermont-Ferrand à compter du 27 mars 2026 et ce malgré de bons taux de remplissage sur les lignes exploitées ». Les vols vers Porto, seule liaison opérée toute l’année, s’arrêteront à cette date, tandis que les dessertes estivales vers Fès et Londres-Stansted, habituellement programmées d’avril à octobre, ne seront pas remises en vente pour l’été 2026. La low cost irlandaise pesait près de 40% du trafic de l’aéroport clermontois, grâce notamment à la ligne annuelle vers Porto, très prisée de la diaspora et des voyageurs loisirs. « La commercialisation et l’exploitation des vols relèvent exclusivement des compagnies aériennes », rappelle la direction de la plateforme, qui insiste sur le fait que la décision intervient « malgré de bons taux de remplissage sur les lignes exploitées ».
Ce retrait ravive un précédent : la compagnie s’était déjà positionnée sur Clermont-Ferrand à partir de 2013 avec des dessertes vers Charleroi et Porto, soutenues alors par des aides publiques au marketing et aux dessertes, avant d’alterner phases de présence et de retrait en fonction de sa stratégie commerciale. Pour les passagers auvergnats, la disparition de ces lignes directes signifie désormais des correspondances obligatoires via les grands hubs français ou européens pour rejoindre ces destinations, au détriment de la connectivité directe de la région.
Une stratégie de retrait des régions françaises
La décision clermontoise s’inscrit dans un mouvement plus large de réduction de voilure de Ryanair en France, particulièrement sur les plateformes régionales. Ces derniers mois, la low cost a déjà supprimé quelque 750 000 sièges et 25 liaisons vers la France pour le programme d’hiver, mettant fin notamment à ses services à Bergerac, Brive et Strasbourg, avant d’annoncer qu’elle reviendrait ponctuellement à Bergerac à l’été mais que d’autres coupes étaient à prévoir.
Dès l’automne, le directeur commercial de la compagnie, Jason McGuinness, avait prévenu que « Ryanair quittera plusieurs aéroports régionaux français à l’été 2026 », estimant que la hausse des prélèvements rend ces plateformes « économiquement non viables » pour le modèle ultra low cost. Clermont-Ferrand rejoint ainsi la liste des aéroports régionaux dans la ligne de mire de la compagnie, même si Ryanair n’a pas publié de liste exhaustive des bases et escales concernées.
Pour justifier son désengagement, Ryanair pointe explicitement l’augmentation de la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA) et, plus largement, le renchérissement de la fiscalité aérienne en France depuis 2025. Dans un communiqué estival, la compagnie expliquait avoir réduit de 13% sa capacité dans l’Hexagone en réaction à cette fiscalité accrue, parlant d’une hausse de 180% de la taxe, qualifiée d’« astronomique », qui « rend la France moins compétitive par rapport à d’autres pays de l’UE ».
L’aéroport à la recherche de remplaçants
Côté auvergnat, la priorité est désormais de trouver d’autres transporteurs pour reprendre tout ou partie des dessertes abandonnées par Ryanair. La plateforme de Clermont-Ferrand Auvergne souligne qu’elle est en discussion avec plusieurs compagnies et qu’elle « étudie toutes les options » pour maintenir une ouverture internationale satisfaisante, en particulier vers le Royaume-Uni, le Portugal et le Maroc, qui figurent parmi les principaux marchés émetteurs de la région.
Le départ de Ryanair intervient alors que le trafic clermontois n’a pas encore retrouvé son niveau d’avant-crise sanitaire et que la concurrence des grands hubs voisins (Lyon, Bordeaux, Toulouse) reste forte. Pour les acteurs économiques et touristiques locaux, cette annonce sonne comme un avertissement supplémentaire sur la fragilité de la desserte aérienne de l’Auvergne, déjà marquée par une offre réduite de vols nationaux et européens par rapport à d’autres métropoles régionales.

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