Les pays baltes se repositionnent progressivement sur la carte du tourisme européen, en misant sur des capitales à taille humaine, une nature préservée et un engagement croissant en faveur du tourisme durable. Longtemps restées à l’écart des grands flux, l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie profitent désormais d’une reprise soutenue et d’une image renforcée de destinations alternatives pour des découvertes loin des foules.

​Reprise progressive après la crise

Après le double choc de la pandémie de Covid-19 et du déclenchement de la guerre en Ukraine, la région a vu sa fréquentation reculer avant d’amorcer un rebond net à partir de 2024-2025. En Lituanie, la plus visitée des trois, les arrivées internationales ont atteint environ 5 millions de touristes en 2024, encore en deçà des 6,2 millions de 2019 mais sur une trajectoire ascendante.

​En 2025, la Lituanie s’est imposée comme l’un des marchés les plus dynamiques d’Europe, avec une hausse de 21% des arrivées internationales, au même niveau que les meilleures performances européennes comme Malte et la Finlande. La Lettonie a bénéficié d’une hausse de 13%. Surtout, elle se distingue par des séjours plus longs et des dépenses moyennes plus élevées des touristes de l’Union européenne. Enfin, l’Estonie a enregistré une progression de 12%. L’attrait croissant des destinations « coolcation » (pays aux climats frais ou tempérés) pour se rafraîchir durant les étés caniculaires d’Europe de l’Ouest et du Sud est l’une des raisons de la progression des pays baltes.

​À court terme, les tensions géopolitiques dans la région continueront probablement de peser sur l’image des pays baltes auprès d’une partie des voyageurs. Mais à moyen et long terme, Riga, Vilnius et Tallinn disposent d’atouts singuliers pour s’imposer comme des capitales européennes alternatives : héritage architectural préservé, scènes culturelles dynamiques, quartiers en reconversion et proximité immédiate avec la nature.

Fréquentation française et circuits organisés

Malgré ces atouts, les touristes français restent encore peu nombreux : en 2019, année record pour le tourisme estonien, seuls 88 000 visiteurs français avaient été enregistrés, plaçant la France au 11ᵉ rang des marchés émetteurs. Depuis la reprise post-Covid, la croissance des flux en provenance de France est toutefois l’une des plus fortes, aux côtés de l’Italie et de la Belgique, même si les volumes absolus demeurent modestes.

​Le coût de la vie y reste globalement inférieur à celui de la France, même si Tallinn est la plus chère des trois capitales baltes : comptez autour de 100 € la nuit pour un hôtel 3 étoiles, contre environ 80 € à Vilnius et 70 € à Riga, tandis qu’un repas simple se situe souvent entre 7 et 13 € et une bière entre 3 et 4,50 €.

​Les passages de frontières sont simplifiés par l’appartenance à l’espace Schengen, mais l’enchaînement des capitales et des parcs nationaux gagne à être structuré, notamment pour des vacances d’une semaine à dix jours. Pour découvrir les trois pays baltes dans un même voyage, un circuit organisé reste souvent la solution la plus pratique, les distances et la dispersion des sites imposant une certaine logistique.

En France, le voyagiste Quartier Libre, spécialiste de l’Europe du nord, proposent des voyages organisés axés sur la nature, la culture et des expériences sur mesure. Ses programmes sont adaptés aussi bien aux séjours individuels qu’aux petits groupes. Également sur place, des agences réceptives comme Vytis Tours, Baltic Blues Travel ou NorlendaTrip, organisent des circuits personnalisés pour la clientèle francophone, combinant guides locaux, hébergements et transports.

​Accessibilité aérienne depuis la France

La connectivité aérienne constitue un atout croissant pour la région, portée notamment par airBaltic, compagnie aérienne lettone basée à Riga, qui joue un rôle central dans le maillage des trois capitales. L’aéroport de Riga a accueilli un peu plus de 7,1 millions de passagers en 2025, confirmant son statut de principal hub des pays baltes.

​Depuis la France, Riga est reliée quotidiennement à Paris-Charles-de-Gaulle et plusieurs fois par semaine à Nice, tandis que Vilnius bénéficie de liaisons régulières avec Paris et des vols low-cost depuis Beauvais, et que Tallinn est desservie jusqu’à cinq fois par semaine depuis Paris par airBaltic. Air France propose aussi des vols directs entre Paris-CDG et Riga, complétés par des correspondances via Helsinki (Finnair), Varsovie (LOT), Copenhague ou Stockholm (SAS), ce qui facilite les voyages multi-pays et les séjours combinant plusieurs capitales.

​​Associés à un coût de la vie encore relativement modéré et à la facilité de voyage au sein de l’espace Schengen, ces éléments offrent aux pays baltes l’opportunité de dépasser la simple logique de reprise pour bâtir un modèle touristique plus résilient. Dans un contexte où de plus en plus d’Européens cherchent des séjours urbains « différents » et des vacances plus authentiques, les pays baltes ont toutes les cartes en main pour gagner en visibilité et en attractivité.

Estonie, Lettonie, Lituanie : aux marges du tourisme européen, les pays baltes cherchent leur place 1 Air Journal

@Riga Airport

Lituanie : Vilnius, vitrine verte et destination en vue

La Lituanie, classée parmi les destinations incontournables de 2025 par Lonely Planet, se distingue par sa faible densité de population, ses vastes forêts et ses nombreux lacs, qui en font l’une des destinations les plus vertes d’Europe. Vilnius, Capitale verte européenne 2025, concentre cette dynamique avec son centre baroque inscrit à l’UNESCO, ses politiques de mobilités douces et ses espaces verts, tandis que des sites comme la Colline des Croix, le château insulaire de Trakai, la presqu’île de Courlande ou le parc de Grūtas renforcent l’attrait du pays. L’organisation du forum international « Designing Travel: What’s Next in 2026 ? » illustre la volonté des acteurs lituaniens de s’affirmer sur la scène touristique européenne autour de l’innovation et de la durabilité.

Lettonie : Riga, art nouveau et mer Baltique

En Lettonie, encore peu fréquentée à l’échelle de l’UE, le potentiel de développement repose sur une bonne accessibilité et un cadre de vie attractif, en particulier à Riga, dont le centre historique piéton abrite l’un des ensembles Art nouveau les plus remarquables d’Europe, avec notamment les immeubles classés de la rue Alberta. La côte lettone offre un autre visage à Jurmala, station balnéaire aux longues plages de sable qui changent d’aspect en hiver, tandis que le parc national de Gauja, ses châteaux médiévaux et le marché central de Riga installé dans d’anciens hangars à zeppelins proposent un large éventail d’expériences entre nature, patrimoine et gastronomie.

Estonie : Tallinn, entre médiéval et numérique

En Estonie, Tallinn fait face à Helsinki et combine un centre médiéval fortifié, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, avec une image de capitale numérique, offrant un cadre adapté à un court séjour urbain mêlant visites culturelles et détente. Le pays met également en avant ses espaces naturels, comme le parc national de Lahemaa et ses côtes découpées, ainsi que des expériences plus intimistes, du sauna à fumée traditionnel aux séjours sur les îles, à l’image de Saaremaa et de son château médiéval. L’ensemble participe à positionner les pays baltes comme une alternative pour des vacances associant authenticité, nature et découverte urbaine.

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Liepaja @Latvia Travel