Lufthansa, qui a suspendu ses vols de nuit vers Tel-Aviv au moins jusqu’au 3 février, maintient la desserte israélienne limitée à des vols de jour, sans nuitée des équipages en Israël, et continue à éviter l’espace aérien iranien et irakien pour ses liaisons vers la région. KLM en fait de même, en opérant un programme de vols de jours.

Dans un contexte de fortes tensions régionales avec l’Iran et de vigilance accrue sur les trajectoires aériennes au Moyen-Orient, le groupe Lufthansa – qui rassemble Lufthansa, SWISS, Austrian Airlines, Brussels Airlines et Eurowings – a décidé de prolonger jusqu’au 3 février la suspension de tous ses vols de nuit à destination et au départ de l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv. Cette mesure prolonge un dispositif mis en place à compter du 15 janvier, qui a basculé l’intégralité du programme vers Israël sur des vols en journée, initialement prévus jusqu’au 31 janvier.

« Jusqu’au mardi 3 février, les vols du Lufthansa Group à destination et en provenance de Tel-Aviv seront opérés comme des vols de jour », a indiqué un porte-parole du groupe, précisant que les équipages « rentreront directement, sans rester en nuitée » en Israël. Le groupe explique agir « en raison de la situation au Moyen-Orient » et souligne suivre en continu ses évaluations de sûreté pour adapter son programme.

Sécurité des équipages et réaménagement du programme

En pratique, la compagnie allemande et ses filiales ont supprimé les rotations tardives qui impliquaient auparavant un stationnement de l’avion et une nuitée de l’équipage à Tel-Aviv. Les vols sont désormais calés sur des créneaux permettant un aller-retour dans la journée depuis les hubs européens du groupe, notamment Francfort, Munich, Zurich, Vienne et Bruxelles.

Pour limiter l’impact sur les passagers, Lufthansa s’emploie à reprogrammer une partie des vols initialement prévus de nuit vers des horaires diurnes, dans la mesure des capacités disponibles en journée sur Ben Gourion et dans ses hubs. Le groupe indique que les clients concernés par les annulations sont réaffectés sur d’autres vols, avec des possibilités de modifications ou de remboursements selon les conditions tarifaires.

La compagnie néerlandaise KLM, qui avait annulé ses vols vers Tel Aviv le week-end dernier, a repris ses vols depuis mercredi, également avec des vols de jour, invoquant « la situation géopolitique ». Ses vols partiront d’Amsterdam à 8 h 15 pour arriver à Tel Aviv à 13 h 45. Ses vols au départ de Tel Aviv partiront dans l’après-midi, à 15 h 20, avec une escale à Paphos, à Chypre, pour un changement d’équipage, et atterriront à Amsterdam à 20 h 55. Ces horaires avec l’escale technique à Chypre évitent à la compagnie aérienne néerlandaise de laisser son personnel navigant sur place en Israël.

Un choix dans un ciel moyen-oriental sous tension

Cette prudence s’inscrit dans un contexte de tensions renouvelées entre Israël et l’Iran, qui ont conduit plusieurs transporteurs européens à revoir leurs opérations vers Tel-Aviv ou au-dessus du Moyen-Orient. Les tensions américano-iraniennes montent également d’un cran avec un déploiement visible de moyens militaires américains dans la région. Washington a envoyé dans la zone le groupe aéronaval du porte‑avions USS Abraham Lincoln, accompagné d’autres bâtiments et d’avions de combat, présenté par le président Donald Trump comme une « armada » destinée à dissuader Téhéran et à peser sur d’éventuelles négociations nucléaires. 

Lufthansa Group continue ainsi d’éviter l’espace aérien iranien et la majeure partie de l’espace irakien, recourant seulement à un couloir plus au sud pour certains survols, conformément aux recommandations de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA). D’autres compagnies européennes ont pris des mesures similaires pour limiter leur exposition aux zones à risque en ajustant fréquences, horaires et routings vers Israël. Selon la presse israélienne, Iberia Express, KLM et ITA Airways ont, elles aussi, prolongé ou adapté la suspension de leurs vols de nuit vers Tel-Aviv, tandis que certaines compagnies ont temporairement renoncé à la reprise de leurs liaisons régulières.

Un environnement opérationnel volatil pour les compagnies

Bien que l’aéroport Ben Gourion continue de fonctionner, les compagnies opèrent dans un environnement jugé plus volatile, où un changement rapide de la situation peut conduire à des fermetures d’espace aérien ou à des restrictions soudaines. La mémoire encore vive de précédentes fermetures de FIR, en particulier au-dessus de l’Iran et de l’Irak, amène les compagnies européennes à privilégier des itinéraires plus longs mais considérés comme plus robustes en termes de gestion du risque.

Lufthansa affirme suivre de près les recommandations des autorités nationales et internationales de l’aviation civile, et ne pas exclure de nouvelles adaptations de son programme si la situation venait à évoluer, à la hausse comme à la baisse. Les décisions portant sur les vols de nuit et les survols de certaines régions sont réévaluées régulièrement, en coordination avec les régulateurs et les services de renseignement, afin de refléter le niveau de risque acceptable pour les passagers et les équipages.

Tensions au Moyen-Orient : Lufthansa et KLM desservent Tel-Aviv, mais uniquement avec des vols de jour 1 Air Journal

@David-Ben Gurion Airporté