L’Union européenne (UE) a mis à jour sa « liste de sécurité aérienne » qui recense les compagnies aériennes interdites ou restreintes dans son espace aérien au motif qu’elles ne respectent pas les normes internationales de sécurité. Au total, quelque 169 compagnies aériennes sont frappées d’une interdiction d’exploitation dans l’Union européenne en ce début 2026.

La liste noire de l’UE distingue les compagnies aériennes bannies en bloc parce qu’elles dépendent d’autorités nationales défaillantes et celles visées individuellement pour des manquements graves. Si l’interdiction est souvent perçue comme un instrument de sanction, Bruxelles insiste sur son rôle incitatif. « La liste de sécurité ne sert pas seulement à maintenir un niveau élevé de sécurité dans l’UE, elle aide aussi les compagnies aériennes et les pays concernés à améliorer la leur », souligne la Commission européenne.

Première catégorie : les compagnies bannies par État
La catégorie la plus fournie de la liste regroupe des compagnies aériennes bannies non pas une par une, mais en bloc, parce qu’elles sont certifiées dans un État dont l’autorité de l’aviation civile est jugée incapable d’assurer un contrôle de sécurité satisfaisant. La Commission européenne parle alors de « carences graves dans la surveillance de la sécurité » de la part de ces autorités nationales.

Selon la dernière mise à jour, 142 compagnies aériennes certifiées dans 17 États sont ainsi interdites de ciel européen. Il s’agit notamment des transporteurs enregistrés en Afghanistan, Angola (sauf deux compagnies), Arménie, Congo, République démocratique du Congo, Djibouti, Guinée équatoriale, Érythrée, Kirghizistan, Liberia, Libye, Népal, São Tomé‑et‑Principe, Sierra Leone, Soudan, Suriname et Tanzanie. Dans ces cas, « le problème n’est pas seulement une compagnie, mais tout le système de supervision », estime la Commission européenne, qui préfère suspendre l’ensemble des transporteurs concernés en attendant des réformes structurelles.

Deuxième catégorie : les compagnies individuellement interdites
La seconde grande catégorie regroupe des compagnies aériennes interdites à titre individuel, indépendamment du pays dans lequel elles sont certifiées. Dans ce cas, ce sont les audits, inspections et informations de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) et des États membres qui mettent en évidence des « déficiences de sécurité significatives » propres au transporteur. Actuellement, la liste compte notamment 22 compagnies certifiées en Russie, visées pour des raisons de sécurité, en plus des sanctions adoptées dans le contexte de la guerre en Ukraine. Elle inclut plusieurs transporteurs identifiés ailleurs dans le monde, comme Air Zimbabwe (Zimbabwe), Avior Airlines (Venezuela), Iran Aseman Airlines (Iran), Fly Baghdad (Irak) et Iraqi Airways (Irak).

« La décision de bannir une compagnie repose sur une évaluation technique approfondie et tient compte des normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) », précise la Commission.

Troisième catégorie : les compagnies autorisées sous conditions
À côté des interdictions pures et simples, une troisième catégorie rassemble les compagnies qui ne peuvent opérer vers l’UE que sous conditions, typiquement avec certains types d’appareils. Ces transporteurs figurent à l’annexe B de la liste et sont soumis à des « restrictions opérationnelles » plutôt qu’à un bannissement total. En ce début 2026, deux compagnies emblématiques sont concernées : Iran Air (Iran), autorisée à desservir l’UE uniquement avec des avions spécifiquement approuvés, et Air Koryo (Corée du Nord), soumise à un régime comparable.

Liste noire de l’UE :  169 compagnies aériennes exclues du ciel européen en ce début 2026 1 Air Journal

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