United Airlines s’apprête à accueillir son premier Boeing 787-9 Dreamliner équipé de ses nouvelles suites Polaris, marquant une montée en gamme assumée sur les liaisons long-courriers les plus stratégiques au départ de San Francisco, notamment vers Singapour et Londres.
Le premier 787-9 concerné, immatriculé N21102, a récemment enchaîné les vols d’essai de fin de chaîne depuis l’usine de Boeing à Charleston, en Caroline du Sud, incluant un vol de positionnement vers Washington-Dulles qui a pu laisser croire à une livraison imminente, ce que la compagnie a toutefois démenti. Une fois officiellement intégré à la flotte, l’appareil sera basé au hub de San Francisco (SFO) et déployé en priorité sur les lignes très convoitées vers Singapour (SIN) et Londres-Heathrow (LHR), deux marchés à très forte demande en classes avant.
United a déjà indiqué que ce premier exemplaire ouvre la voie à une série de 30 Dreamliner 787-9 configurés sur le même modèle, attendus entre 2026 et 2027, signe d’une stratégie de montée en gamme durable plutôt que d’un simple coup d’essai. Cette évolution s’inscrit dans la tendance de fond des majors américaines à réduire la densité des appareils long-courriers pour privilégier des cabines premium plus rentables, en particulier sur les routes d’ultra-long rayon d’action où le facteur poids‑portée est déterminant.
Nouvelles suites Polaris : portes coulissantes et écrans géants
Le 787-9 « élevé » de United inaugure une nouvelle génération de cabine Polaris, avec des suites intégralement fermées par une porte coulissante, un standard désormais incontournable sur le segment affaires haut de gamme. La cabine comptera 56 suites Polaris en configuration 1-2-1, complétées par huit suites « Polaris Studio » en première rangée de chaque section affaires, soit un total de 64 sièges affaires, le tout avec accès direct au couloir.
Les « Polaris Studio », présentées comme environ 25 % plus spacieuses que les sièges Polaris classiques, offrent un ottoman doté d’une ceinture permettant à un compagnon de partager le repas ou de travailler en face-à-face, ainsi qu’un écran individuel 4K OLED de 27 pouces, le plus grand proposé par un transporteur américain. Les suites Polaris standard gagnent elles aussi en stature, avec l’ajout d’une porte, d’un écran 4K de 19 pouces, de commandes numériques, de la recharge sans fil et de multiples options de connectique, sans oublier un habillage textile et des finitions revus pour renforcer la perception de confort.
United met également en avant un service de restauration rehaussé en cabine affaires, incluant notamment un « amuse-bouche caviar » et des accords mets-vins spécifiques, ainsi qu’un kit de soins haut de gamme pensé pour les vols de très longue durée. À bord, la connectivité doit être assurée par une solution haut débit de type Starlink sur ces 787, même si le calendrier exact de déploiement demeure encore sujet à ajustements.
Premium Plus et économie : plus d’écrans, moins de densité
Derrière les cabines affaires, United a significativement renforcé la section premium economy, rebaptisée United Premium Plus, avec 35 sièges répartis en cinq rangées en configuration 2-3-2. La cabine Economy Plus comptera 33 sièges à espacement accru, suivis de 90 sièges économie standard, le tout en 3-3-3, soit une forte réduction du nombre de places à l’arrière par rapport aux 149 sièges économiques de la configuration précédente.
Au total, la capacité de ces nouveaux 787-9 est ramenée à 222 sièges, contre 257 auparavant, ce qui fait de ces appareils les moins densément configurés opérés par une compagnie américaine, avec près de 45 % de sièges en cabines premium (Polaris + Premium Plus). Cette baisse de densité s’accompagne d’une montée en gamme de l’expérience en cabine économique, avec des écrans individuels 4K d’environ 13 pouces, compatibles Bluetooth, et une alimentation électrique renforcée avec six prises par rangée.
Plus encore, la réduction du nombre total de sièges améliore le profil masse-portée de l’appareil, ce qui est particulièrement intéressant pour des liaisons très longues comme San Francisco–Singapour, aux marges opérationnelles serrées pour un 787-9 en configuration classique. En diminuant la charge utile en passagers, United gagne en flexibilité pour emporter davantage de carburant ou de fret, tout en capitalisant sur des sièges à plus forte contribution unitaire en classes avant.
Avec ce nouveau 787-9 « ultra premium », United entend se positionner comme la compagnie américaine la plus offensive sur le segment affaires, face à des concurrents comme Delta et American mais aussi face aux majors européennes et asiatiques déjà très avancées sur les suites fermées. La généralisation de portes coulissantes, de grands écrans et d’une offre de restauration plus sophistiquée répond aux standards fixés de longue date par les transporteurs du Golfe et d’Asie, ainsi que par certains groupes européens sur leurs dernières générations de sièges.

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