En Suisse, les voyages en avion avec un chien ou un chat deviennent de plus en plus encadrés. L’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC) sanctionne de façon croissante les passagers qui ne respectent pas les consignes de l’équipage concernant le transport des animaux en cabine.

Une tendance claire se dessine : en 2024, l’OFAC a enregistré 80 infractions ; en 2025, ce chiffre est passé à 117, soit une hausse de 46 %, rapporte l’édition suisse du site 20 Minutes. L’affaire la plus récente illustre parfaitement ce durcissement. Le 20 décembre 2024, à bord d’un vol SWISS de Zurich à São Paulo, un passager allemand a sorti son chien à plusieurs reprises de son sac de transport homologué. Malgré les demandes répétées du personnel de cabine, l’animal circulait librement dans l’allée centrale et se laissait caresser par d’autres voyageurs. L’OFAC, alerté par l’équipage, a infligé au propriétaire une amende de 791 francs suisses (environ 860 euros). Dans un autre dossier récent en Suisse, une passagère a elle aussi été condamnée à 400 francs pour avoir laissé son animal hors de son sac malgré les injonctions de l’équipage.

Les règles sont pourtant claires et identiques sur la plupart des compagnies aériennes : un chien ou un chat de moins de 8 kg (sac compris) peut voyager en cabine, mais uniquement dans un contenant homologué, résistant et placé sous le siège devant. L’animal ne doit en aucun cas en sortir pendant le vol, même brièvement, afin d’éviter les risques de chute, de morsure, de conflit avec d’autres animaux ou de blocage des allées et issues de secours. Seuls les chiens guides ou d’assistance entraînés font exception.

Un phénomène mondial : tensions autour des animaux en vol
La Suisse n’est pas un cas isolé : dans d’autres pays, la présence d’animaux en cabine a donné lieu à des polémiques, des refus d’embarquement et un durcissement des règles. Aux États-Unis, la Federal Aviation Administration (FAA) exige que tout animal reste confiné dans son contenant pendant toute la durée du vol. Le non-respect des instructions de l’équipage peut entraîner le débarquement immédiat du passager. C’est ce qui est arrivé sur un vol American Airlines : une femme a été escortée hors de l’appareil après que son chien s’est échappé et qu’elle a refusé de coopérer avec le personnel. D’autres incidents ont même conduit à des déroutements. En avril 2024, un vol United Airlines de Houston à Seattle a dû faire escale à Dallas après qu’un chien a fait ses besoins dans l’allée de la classe Affaires. L’équipage a passé plus de deux heures à nettoyer avant de pouvoir redécoller.

Egalement aux États-Unis, plusieurs compagnies aériennes ont révisé leurs politiques sur les « animaux de soutien émotionnel » après des épisodes très médiatisés, comme le refus d’embarquement d’un paon présenté comme « animal d’assistance » à l’aéroport New-York Newark ou ou la tentative de voyageurs de monter avec des espèces exotiques. En 2019, une passagère a réussi à embarquer sur un vol domestique Chicago-Omaha avec un poney comme « soutien émotionnel » pour réduire son stress à bord.

Sécurité et cohabitation au cœur des préoccupations
Face à la multiplication de ces situations jugées abusives, certaines compagnies aériennes américaines exigent désormais des certificats vétérinaires, des attestations de comportement ou des pré-notifications renforcées pour accepter des animaux en cabine. Ces durcissements s’inscrivent dans un contexte plus large de hausse des incidents impliquant des passagers indisciplinés, la non‑compliance avec les consignes de l’équipage restant la catégorie la plus fréquemment signalée au niveau mondial.

Pour les autorités aéronautiques, l’enjeu est double : garantir la sécurité en cabine, où les couloirs et issues doivent rester dégagés, et préserver la cohabitation entre voyageurs, certains souffrant d’allergies ou craignant les animaux. Des comportements en apparence anodins, comme laisser un chien se promener dans l’allée ou le garder sur ses genoux, peuvent compliquer le travail de l’équipage en cas de turbulence ou d’évacuation d’urgence.

Laisser son chien en liberté dans l'avion ? Une amende qui peut valoir le prix d’un billet ! 1 Air Journal

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