ADP a accueilli 379 millions de passagers en 2025, soit une hausse de 4,2% par rapport à 2024, portée à la fois par le redressement de Paris‑Aéroport et par la dynamique de ses filiales internationales. Le chiffre d’affaires progresse de 8,9%, à 6,7 milliards d’euros, et la rentabilité opérationnelle s’améliore nettement, alors que le trafic en région parisienne revient quasiment à son niveau d’avant‑crise.
Les aéroports du groupe ADP ont accueilli 379 millions de passagers en 2025, soit 4,2% de plus qu’en 2024 et 110,9% du trafic de 2019 sur base comparable. Le groupe souligne que « tous les pôles d’aéroports ont contribué à cette croissance », en Europe, en Turquie, en Inde, au Moyen‑Orient et en Amérique latine. Cette performance s’appuie notamment sur la montée en puissance de ses participations dans TAV Airports et GMR Airports, dont plusieurs plates‑formes ont désormais dépassé leurs niveaux pré‑Covid.
À Paris‑Aéroport (Charles‑de‑Gaulle et Orly), le trafic atteint 107 millions de passagers, en hausse de 3,4% sur un an, tout proche du record de 2019 (108 millions). Orly dépasse désormais franchement son niveau d’avant‑crise avec environ 35 millions de passagers (+5,5%), alors que CDG, à 72 millions (+2,5%), reste encore légèrement en retrait, à environ 94–95% de son trafic de 2019. ADP relève par ailleurs que le nombre de mouvements d’avions à Paris demeure inférieur à celui de 2019, signe d’une utilisation accrue des capacités et de facteurs de charge plus élevés.
Afrique en plein essor, Asie en reprise
La structure du trafic parisien continue d’évoluer. Le trafic métropolitain reste en léger recul, avec une baisse d’environ 2% par rapport à 2024, confirmant une érosion structurelle des déplacements intérieurs au profit du train à grande vitesse et d’une rationalisation de l’offre domestique. Les liaisons avec l’Amérique du Nord progressent de 1,6% et atteignent un niveau supérieur à celui de 2019 (environ 106–107%), portées par la solidité du marché transatlantique et l’essor du trafic loisirs comme affaires.
Le réseau Afrique reste l’un des moteurs de croissance d’ADP, avec une hausse d’environ 4% par rapport à 2024 et un volume déjà supérieur de plus de 20% à celui de 2019. Cette dynamique s’appuie sur le rôle de hub de CDG vers l’Afrique de l’Ouest et centrale et sur la croissance de la demande vers le Maghreb et l’Afrique de l’Est. L’Asie‑Pacifique, longtemps à la traîne, enregistre une progression de 6,9% sur un an et revient à plus de 90% du trafic de 2019, bénéficiant de la réouverture progressive de plusieurs marchés et du retour des grands flux touristiques.
Résultats 2025 : forte amélioration de la rentabilité
Sur le plan financier, le groupe ADP affiche un chiffre d’affaires de 6,70 milliards d’euros en 2025, en hausse de 8,9% par rapport à 2024. La progression s’explique par la croissance du trafic à Paris comme à l’international, mais aussi par la bonne tenue des activités de services (commerces, parkings, redevances spécialisées et services aéroportuaires). Le résultat opérationnel courant dépasse 1,1 milliard d’euros, en progression de 17,2%, traduisant un effet de levier opérationnel marqué sur des coûts maîtrisés.
Le résultat net part du groupe s’établit à 382 millions d’euros, en hausse de 11,7%, malgré l’impact d’une contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises en France, qui représente 92 millions d’euros. Hors éléments ponctuels, le résultat net atteint 494 millions d’euros, ce qui confirme le retour à une profitabilité robuste, quatre ans après le choc de la pandémie. ADP met en avant la progression de son EBITDA et l’amélioration de ses marges, dans un contexte de poursuite des investissements, notamment liés aux Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 et aux projets de décarbonation de ses infrastructures.
Paris‑Aéroport presque au niveau pré‑Covid
Si le seuil symbolique des 108 millions de passagers de 2019 à Paris‑Aéroport n’est pas encore franchi, ADP insiste sur le fait que l’écart résiduel est désormais très limité. La reprise n’est toutefois pas homogène : les segments loisirs et voyages « VFR » (visite à des parents et amis) ont rebondi plus vite, tandis que le trafic affaires reste, selon le groupe, légèrement en retrait, en partie sous l’effet de nouvelles habitudes de travail et de la pression environnementale.
Le fait que le nombre de mouvements demeure inférieur à celui de 2019, alors que le trafic passagers est quasiment rétabli, témoigne d’une montée en capacité des compagnies (avions plus gros, taux de remplissage plus élevées) et d’une meilleure utilisation des créneaux horaires. Pour ADP, cela soutient la trajectoire de décarbonation par passager, mais pose aussi la question des marges de manœuvre futures en cas de nouvelle accélération de la demande au‑delà de 2027.
Perspectives 2026 : croissance modérée à Paris
Pour l’exercice 2026, le groupe ADP anticipe une croissance du trafic à Paris comprise entre 1,5% et 2,5%, soit une phase de consolidation après le rebond post‑crise. Cette prévision tient compte d’un environnement encore incertain, marqué par les tensions géopolitiques, la volatilité du prix du carburant et la montée des politiques climatiques en Europe. ADP poursuivra en parallèle ses investissements dans la modernisation des terminaux, l’amélioration de l’expérience passager et le développement d’infrastructures destinées à l’aviation bas‑carbone (électrification des pistes, carburants durables, préparation au futur avion à hydrogène).

DD-Bergeron a commenté :
20 février 2026 - 13 h 52 min
Tout bon pour reprendre le projet de B. Lemaire, grand ministre de l’Economie aujourd’hui disparu des lucarnes, qui n’avait pas réussi à privatiser ADP quand il était aux manettes de l’économie du pays.